LA NEIGE
Le froid ruban blanc qu’elle étale
Aux rides du chemin souillé,
A recouvert mille pétales
Au pied des tiges dépouillées.
Chétive crête, où les glaçons,
Sur la brindille ainsi pendus,
Versent larme fraîche et frisson,
Perle d’hiver au bois perdu.
Blottie sous son aile fragile,
Avant que l’aube ne l’effleure,
Loin du nid, la fauvette agile
Est morte, sans voir une fleur.


