Un chercheur s’intéresse à un personnage étrange, entre ange et démon, surnommé Acatène. Ce dernier, capable d’une grande cruauté, aime à jouer avec la vie et la mort.
Entre romantisme et lyrisme crépusculaire, il est à la recherche de l’origine du mal et s’interroge sur la violence contenue de façon latente dans les livres saints.
Extrait :
"Dans une ruelle sombre et humide, dont un pâle réverbère peine à dévoiler les secrets, on distingue une forme allongée sur le trottoir : c’est le corps d’un homme ! Ses vêtements sont en lambeaux et sa peau est lacérée, couverte de plaies sanguinolentes : on dirait que la férocité d’un tigre s’est acharnée sur le pauvre hère.
Cependant l’homme n’est pas mort : sa poitrine se soulève de façon régulière et, à cause de la fraîcheur de la nuit, un mince filet de buée sort de sa bouche.
De temps à autre, il ouvre les yeux, comme pour contempler les nuages, et emporter dans son trépas, qui ne saurait tarder, ces silhouettes errantes à peine visibles. Sans doute préfèrerait-il comme dernière vision, la verdeur d’une prairie, humectée par la rosée matinale, et la diffraction sur ces gouttes d’eau pure des premiers rayons d’un soleil naissant, mais il n’a pas le choix !
Il n’est pas le seul ! Le temps bat la mesure de nos courses folles dans les citadelles, et comme des insectes désemparés nous courons d’un point à un autre, préoccupés seulement des messages braillards et des pensées pesantes qui sollicitent sans cesse nos sens affolés ; nos idées chaotiques et brumeuses se plaisent à nous masquer notre tragique destin ! Ce n’est qu’à nos derniers instants, nos derniers soupirs que nous nous en remettons à notre dieu, à nos idoles, ou tout simplement à l’éternité."


