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le livre du blog coriana2, mes six derniers mois en casamance à bord de mon voilier. Une autre manière d\'écrire un voyage intérieur/extérieur
Commentaire Uniterre.com:
Voyage en bateau en Afrique de l\'ouest, Sénégal et Casamance. Il existe encore des Kérouac mâtinés de Moitessier, en voilà un ! Très joli blog excessivement littéraire et personnel, un peu n\'importe-quoi... et alors ? DE la pure POESIE !
Un petit extrait:
J’ai passé la fête de Tabaski à Diakène Ouolof, El hadji a voulu me faire porter le boubou mais j’ai refusé. Je ne voulais pas ressembler à un touriste désintégré ou intégriste! J’avais déjà fait un effort en portant mon jean presque pas sale et ma belle chemise que j’avais volé aux « Deschiens » quelques années auparavant, quand ils étaient pas encore connus. Tutti m’a trouvé très beau. J’en étais sûr! Elle me l’a dit deux fois mais j’ai pas entendu, ( C’est plus tard, sur l’oreiller, que j’ai su qu\'elle me l‘avait dit.) elle ne voulait pas le dire trop fort parce que y’avait toute la famille qui baignait autour de nous, dans le sang du mouton qu’elle finissait d’équarrir à la machette… Et puis aussi un peu à cause de mon oreille qui joue très bien la sourde avec ces mots là. Tutti, au début, elle était jolie avec ses nouveaux cheveux que nous avions achetés le jour avant au Cap-Skirring et qui aujourd’hui étaient attachés sur sa tête. Elle n’était plus « crépuse »! Plus tard, quand le soleil peinant à se coucher, traînassait pensivement au dessus l’horizon, elle se glissa et fondit dans sa robe bleue d’amour et alors elle est devint délicieuse, comme peut l’être un bonbon Quality-street dans son emballage… Pouahhh! C’est pas humain de faire ça à un homme comme moi! Je vous le dis à vous, mais juste à vous, alors shutttttt motus et bouche cousue, on garde ça pour nous, franchement, oui, j’aurai voulu l’enlacer, serrer fort sa poitrine contre ma chemise avec toute la douceur et la force de mes petits bras étriqués, mais bon, y’avait encore toute la famille qui suintait là, à l’ombre, sous le manguier vide, en attendant le thé ou la saison des mangues, les mains luisantes à cause du gras du mouton et de la semoule à l’huile qu’elle venait de dévorer! Elle m’aurait envoyé direct voir l’Imam, la famille, pour me convertir et nous unir et pour la dote aussi peut-être, si j‘avais mené jusqu’a son terme mon fervent désir.
Un des problèmes majeurs de la Tabaski c’est que c’est une fête sans alcool… Et donc, pour moi, pas très folle. Heureusement, le soir avant, avec Yacine et Bernard nous avions préparé le terrain en s’arrangeant propre comme il faut, au rhum, histoire de prendre de l’avance et de se désaltérer le plus longtemps possible au jus de bissap en ce jour fête musulman. Mais bon! Fallait pas trop rêver…
Le soleil a fini par passer six pieds sous terre, je ne suis pas resté pour le bal du soir, j’allais tout de même pas draguer ma Cendrillon en l’invitant à danser sur du zouk-love de dernier choix! En plus, moi, pour ne pas ressembler à un manche à balai twistant avec des chaussettes noires et sales ou des vieux chats sauvages dans une cour d’école de filles il me faut au minimum quatre bières… Et encore? Tutti, du coup était très déçue, elle a jeté ses beaux escarpins dorés et pointus loin dans la brousse. Elle n’est pas allée danser non plus. J’ai pas vu son carrosse arriver! Elle pourtant, avec deux jus de bissap elle aurait danser toute la sainte-nuit.
Plus tard, de retour au campement et après trois bières, je m’en suis voulu… Sans me mordre les doigts, je lui ai envoyé un texto, pour moi c’est à la mode, un truc du genre: « J’aurais dû venir danser avec toi, tu étais très belle, ta robe, tes cheveux, toi tout simplement… bonne soirée, je t’embrasse… ».