« Un mot et puis un autre,
cinq sept cinq ou trois cinq trois
ainsi ordonnés
coule, fluide, un haïku -
Composantes symboliques. »
Le haïku, cliché d'un instant fugace retranscrit avec les mots des yeux et le ressenti du cœur, sur trois lignes..., serait-ce badinerie, de la part de Raymond Matabosch, de le proposer en cinq lignes et en tanka, ou simplement tocade ? Que nenni !
A pas de velours, au matin d'un jour enceint de nuages gris, sans qu'il ne l'ait vu arriver, une présence diaphane à la petite voix affirmée a pénétré sa vie d'haïkiste et, papillon céleste, lui offrant ses mots délicieux et arachnéens, et ses délicats écrits, en tercets croisés les unissant aux siens, Marie Verbiale s'est posée.
« Cinq sept cinq petits
petons, ici , font dix- sept
jolis chaussons là !
Un-deux-trois-sommeil ! Des traces
de pas dans la voie lactée. »
Et, ses doigts de lumière noués aux miens, secs, rugueux et calleux, emportés par la frénésie de l'écrit et le surréalisme du renga, se sont affirmés dans ce style de vie symboliste où l'un l'autre, colligeant haïku, - poèmes japonais en 3 lignes de 5,7 et 5 syllabes -, et sen'ryuu, - haïku comique, satirique -, cessent d'être une abstraction.
« Yukatas froissés
si tôt après le bain – Roses,
vos parfums qu'en faire ? »
« Être deux à construire, à vivre, c'est déjà être tous, être l'autre à l'infini et non plus soi... », et, débattant d'une structure, se lisant les productions, suggérant des réécritures, notre collaboration, dans la réalisation du recueil « Contre jour », excède, concrètement, la simple compilation de textes.
« Vois, sous les lampions
les cerisiers là, si blancs
ce soir se font roses. »
S'il était un mot à ajouter, j'avouerai, avec fierté : « Expérience positive d'une écriture à quatre mains... »
Raymond Matabosch.


