Des interviews exclusives où le Diable parle en toute liberté de ses stratégies. Les sujets évoqués vont du meurtre aux jeux vidéos en passant par la pédophilie, le satanisme, le suicide et la religion (etc.)
Premières pages :
"– Je parie que vous êtes du genre à vous confier à des amis qui vous trahissent et que les colporteurs ont beau jeu à vous vendre des encyclopédies que vous ne lirez jamais. Je parie que vous avez un emprunt à taux variable sur le dos et que les femmes vous quittent parce que vous leur apportez le petit déjeuner au lit. Ce qu’on appelle une bonne poire.
– Non, ce n’est pas vrai… Je…
– Ne vous défendez pas, personne ne le saura, nous sommes entre nous. Est-ce que vous n’êtes pas fatigué de votre rôle d’éternel perdant ? Est-ce que vous n’en avez pas assez d’être le dindon de la farce, la dupe des apparences ? Est-ce que vous n’avez pas envie de découvrir enfin ce qui se passe derrière le rideau, dans ces coulisses où vous n’avez jamais mis les pieds, ces coulisses tapissées de mystère et de velours où se décide votre destin, ainsi que celui de tant d’autres gogos qui vous ressemblent ?... Ne voulez-vous pas entendre ce que chuchotent ceux qui savent, ceux qui peuvent, ceux qui décident ?... Ou est-ce que toute curiosité est morte en vous, et que vous vous êtes définitivement résigné à votre survie dérisoire de mort-vivant ?...
– …
– Oui, je sais. Vous avez renoncé depuis longtemps ; vous croyez que c’est trop tard pour vous, et que tout ce que vous pouvez attendre de la vie, c’est la continuation de votre petit train-train terne et anonyme. Écrire les livres des autres… Aimer des femmes qui s’en vont toujours… Suer sang et eau devant votre écran pour joindre les deux bouts… Et, au final, quoi ? La vieillesse et la mort, le néant. Un petit tas d’os pourris au fond d’un cercueil.
– C’est le destin commun. Inutile d’y penser.
– Mais maintenant, grâce à moi, avec moi, le cul-de-sac qui vous servait de vis-à-vis jusqu’à aujourd’hui s’ouvre enfin. Le mur d’ignorance où se cognait votre regard va s’effondrer en révélant le plus immense des panoramas ; les œillères que votre léthargie d’esclave vous avait mises devant les yeux vont tomber comme des feuilles mortes. Vous allez explorer le revers de l’envers, la vérité du mensonge, les secrets du théâtre dont vous avez été jusque-là le spectateur crédule : alors savourez votre chance, et troquez cette mine morose contre l’enthousiasme le plus débridé. Vous n’avez jamais eu une chance aussi extraordinaire ; un nouveau monde s’ouvre à vous !..."



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