Pascal Truchet a un rythme et une intensité qui bouleversent. « Il tend les voiles, les pensées et le regard pour donner de la bande sur tribord, en fendant la mer, pour obtenir ce point de l’inclinaison où toute chose en équilibre menace de disparaître. » Voyager, démuni, lesté simplement d’un caillou dans les poches ou d’un pull qui ne protège pas du froid pour éprouver du corps ce qui résiste. Faire se volatiliser l’illusion, naître l’utopie. L’Espagne et ses citadelles délaissées. Soria qu’a tant chantée Machado. Rencontrer Federico Garcia Lorca, le suivre à New York. Entendre Neruda s’adresser au peuple chilien. Que peuvent les mots ? Ils touchent, mais ne changent pas la vie. Et pourtant, il suffit peut-être de surprendre quelque part dans le monde le « gong fidèle d’un mot. » Alors fonçons dans le Massif Central où la pierre a explosé. « Que la flamme lui rende, par cette fragmentation, la multiplicité des visages, la profondeur des entailles, la vitesse dangereuse de la projection, qu’elle la place tout entière dans le souffle du vent fendu. » Ce vent du nord qui cisèle la lumière et donne la vigueur, ce pays où un homme passe son temps à suivre obliquement la course du soleil. Injecter la couleur sang du coquelicot dans l’écriture. Ce n’est pas assez : il faut être au plus proche des rivages, bretons par exemple. Le compte n’y est pas, il faut se délester encore. Tenter d’approcher « la loi secrète qui provoque la danse des images », prendre en Roumanie les trains de la mendicité, rire avec les enfants. « O Roumanie taillée dans ce morceau de roche, tu as souffert. » Et le chant continue, prend toutes les formes, toutes les voix…
Georges Hilaire
Vos commentaires sur le livre "De Terres et d'Ecumes"
Mena a écrit le 29 avril 2008
Je voyage avec toi en ce moment dans le train qui te conduit en Roumanie et j'y reviendrai, car je survole avec toi les villes et hume l'air au delà des frontières inventés par les hommes, car ton regard n'a pas de frontières, ne connaît pas de langage étranger, ton langage à toi est universel et c'est si bien dit, si bien exprimé. Alors, je le relis une deuxième fois ton livre, car j'ai peur d'avoir sauté des passages, et il faut que je me répète quelques mots, je reviens encore et je te le répéterai à toi, et on en reparlera. Ton livre se boit et se sent, on ne peut pas l'expliquer, on ne peut que le ressentir.
Océane a écrit le 15 avril 2008
j'ai terminé de lire votre livre!
moi j'ai beaucoup aimé le debut les toutes premieres lignes!
Quand on lit votre livre on n'a pas du tout envie de s'arrêter, on veut juste continuer notre merveilleux voyage!
juste vous, le poete et moi.
c'est un livre super j'ai beaucoup aimé aussi le moment où vous dites ce que c'est de voyager... c'est beau et j'ai aussi aimé la derniere phrase du livre :
"Il fait un peu trop froid, comme toujours, mais j'ai retrouvé mon écharpe."
Magnifique!
je recommande vraiment ce livre a tous ceux qui aiment lire, qui veulent voyager sans bouger, sans payer, juste en lisant et en partant avec le poète juste lui et soi dans ce voyage poétique.
j'ai donc adoré merci pour ce livre!
Margot a écrit le 15 avril 2008
Moi qui rêve de voyager, là, je pars pour un tour du monde en poèsie.
Merci
Emeline a écrit le 15 avril 2008
J'ai déjà fini le livre et j'ai beaucoup aimé. J'ai remarqué que vous aimiez bien les philosophes allemands (Nietzsche et Kant d'ailleurs j'ai lu le fondement de la métaphysique des moeurs autant dire que j'ai absolument rien compris) j'ai beucoup aimé la page 33 "Maltraiter un texte..."
J'ai aimé également cette prhrase " Laissez- nous réconciler romanesque et poétique, fictif et réel, réel et rêvé..."
Enfin il y a tellement de pages et phrases et mots que ça serait trop long à écrire...
valériane a écrit le 15 avril 2008
J'ai adoré, nous sommes pris dans le livre, on ne peut plus s'arrêter. J'ai beaucoup aimé le debut du livre et aussi la p33 "maltraiter un texte" et encore le dernier paragraphe de la p47 la phrase "je veux,je vais mourir pour renaitre" j'ai bien aimé aussi. En tous cas je peux conseiller à tout le monde ce livre meme aux personnes qui n'aiment pas trop lire !!!
paskalcarlier a écrit le 15 avril 2008
Bon voilà j'ai lu ton livre et je te donne mes impressions en temps réel.
Je suis en train de lire un livre de Stephen king quand je vais chercher le courrier. Une enveloppe m'attend, je l'ouvre, à l'interrieur un petit livre, "de terre et d'écume"... surprise ... il fait tout petit à côté des 900 pages du Stephen King... je ressent même à un moment un peu de déception... j'ouvre le livre et je commence à lire, y'a pas d'histoire ! je comprend rien ! c'est bizzarement écrit ! à la dizième page j'arrête et je reprend mon Stephen king...
L'heure du coucher arrive, je reprend le bouquin, je le recommence en entier et la je ne sais pas pourquoi, la magie s'opère... je me sens emporté dans un tourbillon de mots, de poésie. Parfois joyeux, parfois triste, je suis en route vers un tour du monde, un peu comme si je volais en tourbillonnant dans des paysage, des mots, du rêve, de la réalité, du beau, du moche, du gai, du triste, du merveilleux, de l'horreur... on ne sait plus qui est qui, qui écrit, qui est cri... tout n'est que poésie...
voila! pour finir je n'ai juste qu'envie de te dire Merci! Merci pour ce voyage, Merci pour m'avoir fait connaitre un autre genre littéraire, merci pour cette histoire qui n'en ai pas une, merci pour ce voyage....
Né le 31 mars 1976, Pascal Truchet fait ses études de lettres modernes à Lyon, sa ville natale. Il y fait des lectures publiques autour de l'oeuvre de Claude Simon, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca et Walt Whitman. Il travaille sur l'oeuvre de Louis-René des Forêts et l'écriture fragmentaire. Il voyage et découvre New York, le Québec, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, l'Egypte, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande... voyages qui nourrissent sa première publication, laquelle est un récit poétique intitulé "De Terres et d'Ecumes". Il enseigne désormais les lettres en Franche Comté, à Vesoul.