Catalogue > Sciences humaines > Pédagogie, éducation > Echos Graphies du Mammouth (Ouvrage collectif du lycée Belin)


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Je souhaite cette année publier un livre d’un genre assez particulier. Ce ne sera pas les pensées solitaires d’un prof de lettres, il en existe déjà des dizaines de ce type. Je veux un ouvrage collectif, un ouvrage polyphonique, où des voix singulières du lycée se font entendre et livrent leur regard tantôt unique, observateur, inquisiteur, attentif, tantôt méfiant, lassé, enthousiaste, résigné, amusé, que sais-je encore. Nous avons chacun ce qu’on appelle « un métier » et nous l’exerçons côte à côte, en nous croisant, en échangeant parfois un bout de discussion, parfois sans prendre la peine de nous faire une idée précise de la vie que mène notre collègue. Comment rendre compte de l’incroyable diversité des talents ou des compétences qui se côtoient, si ce n’est par la littérature ? Comment livrer au monde une peinture qui tente d’approcher un lycée dans sa globalité, si ce n’est par la littérature ? Comment restituer l’énergie bouillonnante à l’œuvre chaque jour, des agents les plus matinaux aux réunions les plus tardives, si ce n’est par la littérature ? N’avons-nous pas tout à gagner à aller plus avant dans la connaissance de ceux avec qui nous partageons un même objectif, celui d’éduquer ?
Le défi que je vous propose de relever est de partager le quotidien de vos heures – monotones ou rapides – sous la forme d’un journal de bord tenu tout au long de l’année. Vous y noterez tout ce qui vous semble refléter au mieux vos activités, vos pensées, vos humeurs, mais en cherchant aussi à donner votre perception des autres. Deux impératifs : éviter les noms propres, attaques directes stériles, et noter au début du texte la date précise à laquelle vous écrivez (les textes envoyés par mails seront les très bienvenus mais libre à vous d’écrire à la main, je transcrirai). A la fin de chaque trimestre, vous me ferez parvenir vos textes, quelques lignes suffisent parfois pour traduire une pensée, nous sommes nombreux – une quinzaine - limitons-nous à une page par mois. A moi ensuite de classer (et de corriger les fautes d’orthographe, aucun complexe à avoir, je m’en charge !). Au final, se succéderont les pensées de chacun, dans leur diversité. Le style adopté est propre à chacun, aux envies de chacun ; le style varie de lui-même selon nos humeurs, notre langage, notre personnalité. Que chacun se sente libre est le plus important. Un style oral est parfait et contrastera forcément avec le style ampoulé d’un prof de français (au hasard !). C’est de la diversité que naît la richesse.
Comment un tel ouvrage ne pourrait-il pas être une mine de connaissances, une source d’amusement, d’émerveillement et d’agacement, un lieu de réflexion sur l’éducation française ? Une sorte de radiographie en somme. Ne plus voir le mammouth mais entrer dans son ventre, tenter d’en comprendre l’anatomie. Pour essayer de vous convaincre une dernière fois, je relaterais deux expériences, l’une commune, l’autre personnelle.
Chacun a, je suppose, parcouru un couloir du lycée pendant une heure de cours. Pas trop vite, pas trop lentement non plus. En passant devant chaque porte, des sons nous parviennent, des ambiances de classe, des discours, on reconnaît tantôt des théorèmes, tantôt des dates, des chiffres ou des paroles de poètes, les pas feutrés sur la moquette du CDI, le bruit ronronnant de la photocopieuse, des éclats de voix par-ci, des rires par-là… et tous ces sons forment un contraste saisissant avec le vide du couloir, symbole du passage, de l’ignorance. Notre livre sera cette caisse de résonance.
Enfin, une découverte de fin d’année dernière, comme seuls ceux qui travaillent le mercredi après-midi peuvent en faire, une image limite surréaliste, une vision d’horreur, une salle de classe transformée en déchetterie, les tables et les chaises baignant dans un océan de vieux chewing-gums secs. Au milieu, quelques agents d’entretien, spatule à la main, patientes, tenaces, héroïques, décidées à en découdre avec ce qui est l’échec de l’éducation. L’évidence s’impose alors : si les élèves étaient mis face à ce tableau, face à ces femmes et à leur dégoût légitime alors un acte décisif d’éducation aurait probablement lieu ! Mais à part moi, qui a assisté à ce spectacle consternant ? Leur donner la parole, il faut leur donner la parole, il y a urgence ! Donnons à voir par les mots ce genre de scènes.
Le livre a ce pouvoir : il nous donne, à nous, lecteurs, le don d’ubiquité, la possibilité d’être à plusieurs endroits à la fois, de nous glisser dans la peau du proviseur, du prof, de la documentaliste, de l’agent d’accueil… Ecrivons une page par mois (ou deux lignes tous les trois jours, ou vingt lignes d’un coup, ce sera selon l’humeur) et donnons notre vision du lycée. Faisons ensuite voisiner ces visions et observons le résultat produit… Je vous fais le pari qu’il sera surprenant !

Pascal Truchet

Détails du livre

Ouvrage collectif du lycée Belin

Sciences humaines

Pédagogie, éducation

11x17cm (Poche)

Noir & Blanc

312

45014

978-2-9531831-1-5

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Les témoignages des auteurs

Vos commentaires sur le livre "Echos Graphies du Mammouth"

Helma Baker a écrit le 16 octobre 2011

Votre livre est touchant. Découvrez aussi mon nouveau roman " Le spécimen "
http://www.thebookedition.com/helma-baker-le-specimen-p-68053.html
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Le profil de Ouvrage collectif du lycée Belin

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Site web de l'auteur : http://pascaltruchet.over-blog.com/

Né le 31 mars 1976, Pascal Truchet fait ses études de lettres modernes à Lyon, sa ville natale. Il y fait des lectures publiques autour de l'oeuvre de Claude Simon, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca et Walt Whitman. Il travaille sur l'oeuvre de Louis-René des Forêts et l'écriture fragmentaire. Il voyage et découvre New York, le Québec, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, l'Egypte, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande... voyages qui nourrissent sa première publication, laquelle est un récit poétique intitulé "De Terres et d'Ecumes". Il enseigne désormais les lettres en Franche Comté, à Vesoul.

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