Publier pour la jeunesse est tentant... Vous avez autour de vous tout un petit monde qui a accueilli vos histoires orales avec bonheur avant de fermer les yeux sur de beaux rêves, ou vous avez vécu vous-même des heures fantastiques au fond d'un grenier, entre malles et vieux bouquins, à voguer sur des océans virtuels que vous souhaitez partager...
Un livre pour enfant, vous dites-vous, ce n'est pas long. En plus, je peux l'illustrer moi-même, ou je ferai appel à ce jeune ami de mon fils qui a un bon coup de crayon... Allez hop ! Je me fais plaisir à me replonger avec délices dans des histoires où je suis le Créateur, et si je m'éclate , les enfants s'éclateront. Dans la foulée, j'envoie mes fichiers à TheBookEdition.com, je le vends et je deviens la star des cours de récré.
Ok. C'est presque ça. Avant de publier votre livre, toutefois, permettez que nous voyons ensemble s'il n'y aurait pas moyen de faire de votre livre amateur un livre professionnel. Tout d'abord, visez bien l'âge de vos futurs lecteurs, en respectant le côté éducatif de l'entreprise, en respectant la loi, afin de réussir à donner aux enfants ce qu'ils attendent et ce que vous voulez partager, c'est le but poursuivi.
L'âge du lecteur :
- TheBookEdition.com a une catégorie de
0 à 3 ans. Il est évident que ces livres sont plus proches des Télétubbies (TM) que de Harry Potter. Ce sont les parents qui les lisent à leur bébé. Pensez à beaucoup d'interactivité : montrer du doigt, appeler l'attention, bisous, chatouilles, jeux de cache-cache, mais surtout beaucoup de gros dessins bien colorés destinés à apprendre le vocabulaire simple de l'environnement : maison, chat , chien, fleur... Jouez sur les sons. Au besoin, faites-vous prêter un bébé et testez le livre avec lui sous l'oeil hilare des parents. Vous aurez ainsi la réaction de tous les utilisateurs.
- Les
3-7 ans sont déjà plus difficiles à satisfaire. Et il y a un monde entre les 3-5 ans et les 5-7, qui s'appelle la lecture... Papa et Maman sont toujours là pour le soir, mais la journée, quand ils ne sont pas à l'école ou devant une série américaine à la télé, ou déjà devant un écran de jeux, s'ils prennent un livre, il faut qu'il ait un rapport avec ce qui intéresse l'enfant par ailleurs : l'espace, les pompiers, les vacances à la mer, les poupées, les sports, la danse, la musique... Le texte là aussi est moins important que l'interactivité. Il doit tourner autour des mots simples écrits, des syllabes qu'il faudra reconnaître, du nom de l'enfant -laissez une place pour l'écrire - et il faut que le livre soit aimable et synonyme de partage avec les parent. Qu'il lui rappelle les bons moments .
-les
8-12 ans sont très BD, images, cartes de jeu, armes, sport et castagne pour les garçons - et télé. Les filles sont jeux collectifs, cachotteries, bijoux, maquillage, vêtements, stars - et télé. Comment faire pour leur apporter du bon temps avec un livre à eux destinés qu'ils aient envie de garder ? Entre Titeuf et Harry Potter, pourrez-vous caser une histoire qui donnera à votre jeune lectorat l'envie de parcourir le monde, le vrai, pour se dépenser, apprendre et partager ? Vous me direz : "moi je m'en fiche, j'écris pour les enfants ce qui me passe par la tête et ils ont aussi besoin de dragons, de mort, de peur...". C'est vrai, les contes de fées ne sont rien d'autre. Les ogres, les sorcières et les reines existent toujours. Mais s'il paraissait moins de livres morbides et plus de visions réelles constructives du monde, sans retomber dans la Semaine de Suzette et Signe de Piste, en bâtissant des histoires d'aujourd'hui avec des solutions pour ici et maintenant, peut-être que les jeux de cours de récré seraient moins mortifères.
-les
ados sont, dit-on, amateurs de mangas et de fantasy (comme certains de leurs aînés). Ils voudraient vivre au Japon plutôt qu'en alternance chez Papa et Maman et passer des heures devant l'écran les attire beaucoup plus que d'ouvrir encore des livres pleins de mots, ces symboles de l'éducation. Les filles sont plus accessibles. Quoi qu'avec MSN, ce ne soit plus vraiment le cas. Alors creusez-vous, les auteurs. Ce sont eux qu'il faut étonner, intriguer, à qui il faut tendre un miroir embellisseur. Dans cette période troublée qu'ils vivent, un livre peut être une bouée. Donnez-leur des exemples de leurs droits, de leurs devoirs, de l'étendue et de la beauté du monde et de leurs possibilités. Je vois des biographies qui auraient mérité d'être transformées en fictions d'aventures ou sentimentales. de belles histoires de vies. Et si vous vous oubliiez pour que la fiction brode sur la trame de votre vie ?
Voilà, je ne suis pas éducatrice, mais j'ai côtoyé des milliers d'enfants dans ma longue vie. Avec TheBookEdition.com, vous êtes libre de vos productions. Avant de commencer votre livre, réfléchissez à la trace que vous voulez laisser. C'est important.
Bon, maintenant les choses sérieuses : on ne publie pas un livre pour enfants comme ça, il y a des mentions légales. Un dépôt légal différent.
**Et une loi non dite, parce que l'auto-édition n'existait guère dans ce domaine, et les éditeurs corrigent :
il est exclu de publier des livres pour enfants avec des fautes d'orthographe !!! C'est un devoir pour tout auteur jeunesse.
LES MENTIONS LÉGALES sur les livres destinés à la jeunesse :
En France, la loi qui régit les publications pour la jeunesse est la loi pour la jeunesse du 16 juillet 1949 modifiée par l'article 14 de l'ordonnance du 23 décembre 1958 et par la loi du 4 janvier 1967.
L’article 20 du décret d’application de la loi, en date du 1er février 1950, précise : « Chaque exemplaire […] doit porter en caractères lisibles et apparents sur la première ou la dernière page la mention "
Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse", suivie de l’indication
du mois de l’année où le dépôt [auprès du ministère de la Justice] aura été fait. »
ET en plus du dépôt légal à la BnF
En application de la loi du 16 juillet 1949, le directeur ou l'éditeur de toute publication destinée aux enfants est tenu de déposer gratuitement au ministère de la Justice (4, place Vendôme - 75001 Paris), pour la commission de contrôle, 5 exemplaires de chaque livraison ou volume de cette publication, dès la publication, sans préjudice des dispositions concernant le dépôt légal.
Au cas où il est tiré plusieurs éditions différentes d’une même publication, chacune des éditions donne lieu à un dépôt distinct.
Vous voyez donc que publier pour la jeunesse, ce n'est pas si facile que ça. Et de nombreux auteurs-éditeurs jeunesse vont devoir se mettre en règle, car agir dans la légalité est notre souci constant. Il en va de la crédibilité de l'auto-édition en impression à la demande, donc de votre crédibilité.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
Annie DAVID
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Ecrit le 17 juin 2010 à 17h2 dans la rubrique
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