A PROPOS DE ÊTRE HUMAIN
Les textes qui composent Être humain ont été écrits entre 1998 et 2005, en partie publiés dans Réception d’étoiles au festin de la nuit (Delhi, 2004) et dans Figures de la disparition 1 et 4 (TheBookEdition, 2008). La présente édition constitue la dernière version, à ce jour, de Être humain.
Les arrangements successifs sont le cœur de mon travail d’écrivain. Au fil des ans, il faut y revenir, remettre en chantier, défaire et refaire selon la logique présente parce qu’elle parait, à ce moment, plus juste à rendre compte de ce qui bouge et se transforme, de ce qui s’empile et s’agglomère, de ce qui surgit ou de ce qui meurt dans mon esprit. Ecrire est un terrain mouvant où rien n’est assuré.
Le travail d’un texte est toujours d’actualité, aussi ancien soit-il, et sa place parmi d’autres et les agencement des uns par rapport aux autres sont susceptibles, à mesure que je vais, de changer. Je ne crois pas à des textes qui ne répondraient pas, en partie, à ceux qui sont déjà écrits ou à ceux qui restent à écrire, s’il y en a.
Ecrire est un mouvement du passé vers l’avenir et de l’avenir vers le passé mais aussi dans l’espace de la matière du texte et des textes qui s’accumulent, mouvement dans lequel, forcément, ce qui a été écrit devance et donne forme à ce qui s’écrira et ce qui s’écrira modifiera, parfois, ce qui a été écrit. C’est un même mou-vement de la pensée, ni linéaire ni circulaire ni univoque. Et mon travail est d’organiser, parce que cela s’impose, les correspondances et les proxi-mités que je n’avais sans doute pas su déceler auparavant.
C’est à grandes enjambées que les textes se traversent, c’est à petits pas qu’ils surgissent et il faut parfois les oublier, faire cet effort d’accroître le vide en soi pour réinventer leur proximité et leur rattachement, leur donner un passé et un avenir, les arracher des songes passés et les réhabiliter pour les rencontres à venir.
Ecrire n’est jamais à demeure.
Miami, 22 août 2010


