Extrait :
L'encre et le papier
J’épelle l'inconnu. J'ai trahi parfois mais j'ai écrit. J'ai dressé la liste des raisons d'aller, inachevée maintenant - sans illusion. J’ai manqué à mes devoirs comme à mes désirs. Qui franchit la ligne ? Qui parle ? Danse, danse sous les lumières d'une dérision habile à défaire la trame des choses aimées ! Danse sans raison ! Il faudra recommencer le mot à mot du temps, se bercer des brefs tiraillements de l'encre sur le papier, s'astreindre à reprendre toutes les traces laissées en suspend. J'ai éprouvé l'incertitude du cœur. Voir, voir jusqu'à perdre l'usage du regard.
Une place à prendre
Je reprendrai ces travaux exacerbés. Au-dessus des toits noirs, la nuit noire sans étoile pour poser le regard. La fenêtre donne sur le vide. Cette fois - plus d'une fois pourtant - cette fois, éviter l'erreur d'interpréter les chemins et le paysage qu'ils limitent, ne fournir que des instants interprétables. S'astreindre à deviner - à deviner vrai - les formes des toits dans le noir, plus loin si quelque nuage dérive, plus loin encore s'il y a une trace de ciel.
Naître dans chaque regard porté vers la fenêtre ouverte.