Catalogue > Nouvelles, poésie, essais > Essais > Figures de la disparition 2 (JF Chénin)


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Extrait :

L'encre et le papier
J’épelle l'inconnu. J'ai trahi parfois mais j'ai écrit. J'ai dressé la liste des raisons d'aller, inachevée maintenant - sans illusion. J’ai manqué à mes devoirs comme à mes désirs. Qui franchit la ligne ? Qui parle ? Danse, danse sous les lumières d'une dérision habile à défaire la trame des choses aimées ! Danse sans raison ! Il faudra recommencer le mot à mot du temps, se bercer des brefs tiraillements de l'encre sur le papier, s'astreindre à reprendre toutes les traces laissées en suspend. J'ai éprouvé l'incertitude du cœur. Voir, voir jusqu'à perdre l'usage du regard.

Une place à prendre
Je reprendrai ces travaux exacerbés. Au-dessus des toits noirs, la nuit noire sans étoile pour poser le regard. La fenêtre donne sur le vide. Cette fois - plus d'une fois pourtant - cette fois, éviter l'erreur d'interpréter les chemins et le paysage qu'ils limitent, ne fournir que des instants interprétables. S'astreindre à deviner - à deviner vrai - les formes des toits dans le noir, plus loin si quelque nuage dérive, plus loin encore s'il y a une trace de ciel.
Naître dans chaque regard porté vers la fenêtre ouverte.

Détails du livre

JF Chénin

Nouvelles, poésie, essais

Essais

Noir & Blanc

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Site web de l'auteur : http://jfchenin.blogs.com/

JFrançois Chénin Né en 1954. J’ai trois enfants. Né en Lorraine. Je passe mon enfance à l'étranger (Iran, Turquie, Grèce…) grâce à un père voyageur. Un arrière-grand père, prix Goncourt 1907 et j'ai tout lu de son œuvre, même les carnets, inédits. Je tiens à cette Lorraine, celle de la Moselle, des écluses d'Ecrouves et de Pierre-Latreiche, de la forêt de Haye et des Côtes de Toul. J'y reviens, parfois, et je m'y sens chez moi plus qu'ailleurs car les visages me sont familiers. Puis Avignon (scolarité secondaire). Puis Grenoble (études de philosophie). Puis, puis, mais je ne compte plus, tant d’autres villes et pays. Je lis beaucoup. Tout débute avec La puissance et la gloire de Graham Green, j'ai onze ans. A treize, j'ai lu tout Victor Hugo (dans le grenier de notre maison en Normandie), je peine avec Balzac et je ne lirai jamais Proust. Ma bibliothèque de poésie est immense. Plus tard, correspondance éphémère avec Jean-François Lyotard, René Char, Francis Ponge, Gilles Deleuze, Georges Mounin, Eugène Guillevic et d'autres, sans suite. Je sais que je deviens écrivain et, plus je le deviens, plus je m’éloigne de mes contemporains. Ma référence reste Kant. Plus tard, beaucoup plus tard, je découvre Calaferte, je lis Wittgenstein (et le relis encore bien souvent). Je reviens toujours à René Char, pour la joie ou dans la peine. J'édite à un exemplaire Le livre d'art rudimentaire. Je passe quelque temps dans deux cabinets ministériels. J'effleure la politique mais je connais mon monde par cœur, ce qui m'en éloignera. Je lis Pascal Quignard et je rêve de bords de mer et d'îles désertes, je fais une escapade aux Etats-Unis, je verrai Albuquerque (où tout commence), puis au Canada, à Québec (où tout recommence). En musique Mozart, toujours Mozart. En peinture, Francis Bacon et Nicolas de Staël. Je serai maire d'un village de 200 habitants. Tout m'occupe mais d’autres voyages m’attendent. Je m'arrête de longues heures à ne rien faire. Je lis Yves Navarre, Albert Cohen, je reviens à la philosophie (Spinoza, Foucault, Althusser…). J'écoute encore Mozart. Je travaille aussi à l'étranger pendant quelques années (en Israël et en Inde). Depuis l’enfance, j'ai le goût de l’ailleurs. Je dresse la liste de mes voyages et des endroits que j’ai aimés. Je lis les auteurs des Editions de Minuit et Claudel, Césaire, Blanchot. Je reviens un temps à Montaigne, Voltaire et Herbert Marcuse, Clément Rosset et Marcel Conche et décidément je ne lirai jamais Proust. J'aime m'attarder à la terrasse d'un café (les passantes), je ne mange jamais de tripes, j'aime le gris, le noir et le bleu du ciel, les déserts silencieux et vides, les fins de journée sauf le dimanche. Aujourd’hui, j’ai quitté le ministère qui m’a logé pendant trente ans et je m’exerce à la libre entreprise, c’est-à-dire que je n’ai plus une minute à moi d’avoir tout mon temps devant moi.

Interview de l'auteur


un chat ? un chien ? une mésange ?


La nécessité


La nécessité


Les petites nécessités


Les prétentieux, les jaloux et les rats


Une fée


Voir Figures de la disparition 1, il y est.


Une table, une chaise, des feuilles de papier, un stylo...