Extrait :
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Pour contrecarrer les augures, défaire les pronostics, déranger les syllabes des devins et des prophètes, parce que le soleil n'est jamais aussi neuf que dans un matin calme ; pour dévoiler les abandons et briser les fausses promesses - ce ciel qui n'en sera jamais un - et fermer cette échancrure sur le vide au moment de la mort - après rien ; pour bannir la renonciation, la compassion et le délaissement, où le désert glisse sur lui-même et se sépare en deux pour accueillir les tribus rivales ; pour en finir avec les certitudes nées des frontières et des limites - franchir enfin les traverses, les ponts, se jeter et jaillir dans l'orage - ; pour révéler ce qui en soi résiste aux démarcations de toutes sortes - cette confiance en soi pour avancer, cette franchise envers soi pour avancer ; pour pénétrer plus loin dans l'inébranlable foi en soi parce qu'il reste à conquérir ce qui nous fait terrestre, fragile, humain et tutélaire ; pour grandir en soi - grandir enfin et passer la frontière.
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Les frontières sont devinées plutôt qu'apprises.
Pour preuve : cette cicatrice en coin de la terre qui lui donne sa dimension et son mouvement.
Il n'y a pas de modèle des frontières, juste des pierres sur des pierres, des barrières éructées, des meurtrières pour les aguets, des entailles profondes, plus profondes encore, des orées barbelées, des devantures mortes, des murs, des chevrons, des impasses toujours - Que de tombeaux à nos regards !



Albert