Le blog thebookedition.comA l'aube d'un nouveau jour




#1
Pseudo : calypso
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Bonjour,
je vous présente mon tout premier roman que j'ai décidé d'auto-publié suite aux nombreux refus des maisons d'édition. Le roman est d'inspiration médievale mais que cela ne vous effraie guère, il se lit très bien même pour les personnes qui ne connaissent pas cet univers. Vous pouvez découvrir le premier chapitre ainsi que d'autres écrits sur mon site : www.laplumedecalypso.fr



http://www.thebookedition.com/a-l-aube-d-un-nouveau-jour---tome-1-gaelle-bonora-p-38226.html




Chapitre 1

Je regardais inlassablement l’eau ruisseler le long des carreaux. Il ne cessait de pleuvoir depuis des semaines. L’hiver s’annonçait rude car les récoltes moisissaient un peu plus chaque jour. Néanmoins, le bruit de la pluie ne suffisait pas à couvrir les hurlements insupportables de ma mère. Elle se tordait de douleur depuis l’aube. Je partis alors quérir au plus vite l’accoucheuse habitant le village voisin et confiai les plus jeunes à mon cadet. Ma mère allait mettre au monde son neuvième enfant. Deux de mes frères étaient déjà morts à la naissance. Les trois petits avaient été conduits chez une voisine quand le travail avait commencé. Mes deux sœurs, plus âgées, avaient, elles, quitté la maison il y a plusieurs mois, à leur mariage.

J’entendis soudain le cri d’un petit être qui se demandait pourquoi on l’avait enlevé à son abri douillet. La vieille femme m’appela pour que je nettoie le sol maculé de sang pendant qu’elle s’occupait de ma jeune sœur. Le placenta gisait là, à mes pieds tandis que Jeanne, blottie contre ma mère, dévorait goulûment son sein la privant de ses dernières forces. Elle était épuisée par les efforts incessants de ces dernières heures.

Alors que j’allais chercher de l’eau au puits, une éclaircie apparût comme un signe de bienvenue au nouveau-né. J’eus à peine le temps de sortir que ma mère s’était déjà assoupie. Dans l’entrebâillement de la porte, j’aperçus Jeanne qui dormait paisiblement près du feu, dans le vieux berceau de bois que mon père avait fabriqué pour la naissance de Louise, la plus âgée de mes sœurs. Je pénétrai alors doucement dans la pièce pour ne point les réveiller. Je déposai le baquet dans un recoin et m’agenouillai en relevant ma cotte. Je commençai alors à frotter le plancher de bois dans un mouvement de va-et-vient essorant régulièrement le linge d’où une eau écarlate ruisselait. L’odeur âcre du sang me portait à l’estomac et je ne pus retenir un haut-le-cœur. Aussi, je décidai d’entrouvrir l’unique fenêtre pour apporter un peu d’air frais. L’accoucheuse avait tout laissé en l’état après avoir donné les premiers soins à ses deux protégées. Une fois les linges nettoyés, je les étendis au dessus de la cheminée sur la corde prévue à cet effet. La pièce retrouva un aspect plus accueillant loin du spectacle d’horreur laissé après l’expulsion de l’enfant. Je me mis à préparer la maigre soupe qui nous servirait de repas, en attendant le retour de notre père. Le logis avait enfin retrouvé le calme, seul le crépitement du feu troublait le silence.

Une fois la pitance mise à cuire, je refermai la fenêtre et m’y installai pour me replonger dans mes pensées. La pluie avait enfin cessé et inspirait des jours meilleurs. Dans nos campagnes, les femmes étaient résignées à mettre des enfants au monde, au péril de leur vie, et à travailler aux champs. Mais moi, du haut de mes douze ans, je rêvais d’une autre vie, plus trépidante comme celle des preux chevaliers ou des troubadours que nous contaient les anciens.

La nuit commençait à tomber quand mon regard fut attiré par une ombre qui s’avançait en direction de notre maison. Interrompue dans mon vagabondage rêveur, je fus prise d’une terrible angoisse. Je sentis mon cœur s’accélérer, ma respiration devenir haletante. Et soudain… mon père ouvrit la porte. Il revenait du château où il avait livré des épées que Messire Lothaire lui avait commandées. Plongée dans mes pensées, je ne l’avais pas reconnu et m’imaginais à la merci de quelques maraudeurs.

Il vint déposer un baiser sur mon front et s’approcha tendrement de ma mère qui dormait encore. Il resta quelques secondes à contempler sa beauté car malgré les efforts qu’elle avait réalisés quelques heures avant, elle avait toujours ce visage angélique qui l’avait séduit. Il se dirigea ensuite vers la petite Jeanne qui se réveillait doucement. Il la prit dans ses bras musclés et se mit à la bercer en fredonnant un vieux cantique.

Mon père était un homme bon, tendre et travailleur. Il avait eu la chance de choisir sa vie, ses deux passions : son métier et sa famille. Il avait rencontré notre mère alors qu’ils n’avaient que treize ans. Au premier regard, ils s’étaient aimés. Quelques années plus tard, ils avaient pu s’unir devant Dieu. De cet amour naquit ma sœur Louise. Enfant abandonné, mon père avait été recueilli par des moines qui lui avaient appris à lire et lui avaient inculqué certaines valeurs morales telles que le don de soi et le travail. Un jour où il allait aider sur le chantier de construction d’une chapelle, il rencontra Jean le forgeron. Celui-ci remarqua aussitôt l’attrait du jeune damoiseau pour le travail du fer. Le vieil homme, passionné, heureux de transmettre son savoir, lui avait tout appris. Depuis ce jour, il allait tous les jours battre le fer et il était devenu le meilleur forgeron de la contrée. Je restais admirative devant cet homme et j’adorais passer des heures à le regarder façonner épées et boucliers.

Les jours passaient, ma mère se remettait doucement de l’accouchement mais elle peinait à récupérer ses forces. Je faisais de mon mieux pour l’aider. J’allais au marché vendre les quelques œufs que notre poule nous donnait, je m’occupais de mes frères et sœurs déléguant quelques tâches aux plus grands. J’aimais ce nouveau rôle que la vie m’avait donné. Malgré tout, j’attendais chaque soir avec impatience le moment où je me retrouvais seule, au calme. Là, je lisais inlassablement un livre que m’avait offert mon père le jour où je lui avais demandé de m’apprendre à lire. Depuis, chaque soir, je m’étendais près du feu et dévorais, comme si c’était la première fois, cette histoire d’amour entre un chevalier et sa belle. Ces quelques mots gravés à l’encre sur des parchemins reliés d’une couverture de cuir m’emportaient loin d’ici.

C’était comme si la nuit m’appartenait.

Un soir, pensant que je dormais, mes parents se mirent à murmurer. Je n’arrivais pas à comprendre, seuls quelques mots arrivaient jusqu’à moi. L’air grave de mon père et le visage soucieux de ma mère n’annonçaient rien de bon. Après un long moment, la conversation se tarit et je m’endormis, épuisée par le travail de la journée.

Le lendemain matin, alors que je partais aux champs, mon père me suivit d’un regard insistant. Je commençai à prendre peur, je ne l’avais jamais vu dans un tel état. Le soir venu, je rentrai à la maison l’estomac serré. J’ouvris la porte le cœur battant. Mes parents m’attendaient là, assis à la table, le visage fermé. Mon père me regarda puis me demanda de m’asseoir. Ils avaient une nouvelle importante à m’annoncer.

- Ma chérie, tu sais qu’avec l’hiver que nous avons eu, nous avons beaucoup de mal à tous vous nourrir. Tu es aujourd’hui assez grande, tu es une vraie petite femme, dit-il la gorge serrée, un léger sourire marquant ses fossettes, le regard attendri.

- La dame de Messire Lothaire a besoin d’une servante, poursuivit ma mère, une damoiselle de confiance. Aussi a-t-elle proposé de te prendre sous son aile. Ce sont des gens bien, ils te traiteront correctement. Ils nous offrent suffisamment pour nourrir tes frères et sœurs jusqu’aux prochaines récoltes.

Un lourd silence s’installa dans le logis. Les larmes me montaient mais je n’avais pas le courage de regarder mes parents en face. J’avais envie de crier que je n’étais encore qu’une enfant ! Mon père, tentant de me réconforter, mit sa main sur mon épaule. Il eut un instant d’hésitation puis reprit :

- Mathilde, tu dois comprendre que nous avons pris cette décision parce que nous n’avons guère le choix. L’idée de te savoir loin de nous, nous déchire le cœur. Fais-le pour tes frères et sœurs ! Dame Odile est bonne, tu seras bien avec elle.

Le cœur serré de quitter ma famille, je me résignai cependant à accepter la proposition. Pour eux et au fond aussi peut-être un peu pour moi. Dès le lendemain, mon père me présenta à notre seigneur. L’homme, robuste, d’une trentaine d’années portait la barbe à la fois avec fierté et simplicité. Il était fort bel homme et son regard m’intimida. Soudain, j’entendis une douce voix :

- Voici donc ma petite protégée, annonça Dame Odile.

Je levai les yeux et vit s’avancer une jeune femme d’environ vingt-cinq ans, souriante et chaleureuse. Elle était vêtue d’une longue cotte beige et d’un surcot bleu pâle orné d’un galon aux fils d’or. Elle s’approcha et posa tendrement sa main sur ma joue et me rassura :

- Ne t’inquiète point, nous n’avons jusqu’alors mangé personne. Jehanne, ma dame de compagnie t’expliquera quelles seront tes corvées. Je t’accorde toute ma confiance mais tu devras chaque jour me prouver que tu la mérites. Ton père m’a dit que tu aimais la lecture, aussi tu pourras emprunter les quelques livres que nous avons et rendre aussi visite à ta famille quand tu le souhaites du moment que ton travail est fait comme il se doit.

Je sentais mes joues rougir à vue d’œil, intimidée tant par la prestance de ces gens que par leur gentillesse. N’osant pas lever les yeux, je me contentai d’un hochement de tête pour les remercier. Mon père salua Messire Lothaire et Dame Odile et nous nous dirigeâmes vers un escalier qui conduisait dans la cour du château. On ne voyait presque rien, seule une meurtrière au premier étage apportait un peu de lumière.

Sur le chemin du retour, mon père n’osa pas rompre le silence. Le regard plongé dans le vide, je ne pensais plus. Je regardais sans beaucoup d’attention les aspérités de la route caillouteuse qui menait à notre demeure. Je ne prononçai aucun mot jusqu’au lendemain. J’étais perdue, tiraillée entre excitation, peur et tristesse. On m’arrachait à mon nid comme un oisillon qu’on jette dans le vide pour qu’il apprenne à voler. Je n’avais guère le choix : tomber ou voler. J’avais peut-être là la chance de réaliser mes rêves. Voyager, lire et découvrir de nouveaux horizons ce qui était rare pour les femmes de nos contrées. La vie m’offrait cette opportunité, je ne pouvais refuser, ma décision était prise et elle était irrévocable. Le soir, au repas, je demandai un peu d’attention alors que mes frères chahutaient à table. J’annonçai mon choix, le cœur serré à l’idée de blesser l’un d’eux mais sachant qu’ils comprendraient plus tard. Alors je regardai chacun d’eux comme pour dessiner les traits de leurs visages dans ma mémoire. Ce fut notre dernier repas tous réunis.

Le lendemain, je rassemblai mes quelques affaires. Je déposai un baiser sur le front de chacun de mes frères et sœurs puis ma mère me serra dans ses bras. Elle était forte mais ne put retenir une larme qui roula sur ses pommettes rosées. Je franchis la porte, un dernier regard en arrière.

Une nouvelle page se tournait …[url=http://www]nom du lien ici[/url][url=http://www]nom du lien ici[/url]

#2
Pseudo : Petite Fée
forum auto-edition Petite Fée
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Inscrit le : 01/07/2008
Messages : 822
Bonne route à ce premier roman.
Vous devriez mettre le lien vers la page de votre livre et quelques extraits...
Bon dimanche ainsi qu'à tout le monde,
BIENTÔT BIENTÔT
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Je regarde, j'écoute, je sens... de ces images, de ces sons, de ces odeurs, naissent les mots que je couche sur la feuille !
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#3
Pseudo : calypso
forum auto-edition calypso
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Messages : 3
voilà c'est fait petite fée :D
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