Ce n'est pas trés grave !
J'ai reçu un coup de téléphone d'un auteur qu'on dit connu ou célèbre, comme on veut...,juste pour me souhaiter une bonne année, et un peu de succés dans ma croisade. Stupeur, mais pas bégaiement puisqu'il s'agissait de la ligne entreprise. On ne s'était jamais parlé, croisé dans l'anonymat des joutes forumiques, d'autant qu'il est édité par un directeur de collection sur lequel je crache réguliérement, d'où cette discréte conversation; on peut étre auteur de polar connu et ne pas étre satisfait du contexte global, c'est ce qu'il voulait me dire.
Puis on a évoqué le lectorat actuel. Les gens ne savent plus lire, me dit-il ! C'est terrifiant, pire les synopsis doivent étre de plus en plus basique, et consensuel, car autrement, ils comprennent rien.
C'est vrai, que je m'entends lui répondre, vu que je rencontre des gens dans des soirées qui n'ont pas même ouvert le livre qu'ils m'ont achété y a 6 mois. Il y a pourtant les pseudos succés des salons du livre, qu'ils parcourent tels des marchés forains ou des foires aux bestiaux( selon la tronche des auteurs). Peut-étre est-ce comme ces femmes au marché qui achétent une robe qu'elles ne porteront jamais, c'est les beaux yeux du forain.
On a fini par se tutoyer : de par l'affinité grandissante des questions et des réponses. Tu sais lui aie-je dis - je n'ai pas ton expérience, je débute ( deux livres, c'est rien), mais je commence à intégrer la dose de cynisme nécessaire pour continuer.
Les gens ne lisent plus ( TBE présentant un truc incroyable où ils se lisent entre eux, truc Tupperware quoi ) : vaste débat dont les tenants et aboutissants sont plus que complexes, pour pas dire insondables.
Un lecteur sur Critiques libres me disait fort justement que la mode n'était plus à l'ouvrage Jack London,l'aventure avec des personnages, des héros...,mais au nombrilisme exacerbé, au repli sur soi, ses enfants, sa vie, sa petite maison dans la prairie, la chatte qui a fait des chattons, etc...
ET que ce mode répondant à une angoisse existentielle due à l'époque : chomage, conflits, pertes de repéres, contribuait au déclin de la littérature, un peu comme la pornographie est le Lexomil de la masturbation d'angoisse.
Probable, mais pour ma part, je vais continuer à écrire des romans d'aventures, même si'il ne reste que dix lecteurs survivants. Merde alors !




