Pseudo : Orcus
Localisation : Val d'Oise
Inscrit le : 15/11/2007
Messages : 89
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Dialogue imaginaire entre Plume, auteure, et un éditeur.
‒ Editeur (suppliant) : votre livre de poèmes, bluffant. Je ne l’ai pas lu, mais je signe tout de suite.
‒ Plume : pour la promotion, pour mon départ si je veux, quand je veux …
‒ Editeur : vos conditions sont les nôtres. Bluffant, je vous dis. Pas d’exclusivité, pas de fil à la patte, vous faites ce que vous voulez.
‒ Plume : ouais, bon, faut voir. Je vous écrirai.
Faut pas rêver. Quand on n’est pas du bon côté du manche, il ne faut pas faire le difficile. La problématique de l’édition me rappelle un collègue qui jouait aux courses. Il jouait « placé », et quand il gagnait, doublait ou triplait sa mise. Comme c’était un joueur quasi professionnel, il passait beaucoup de temps sur les hippodromes de province pour étudier les chevaux et leurs entraîneurs, et jouait gros : entre 500 et 1000 euros par pari. Si vous misez 10 euros (et gagnez), vous gagnez 30 euros ; misez 1000 euros, vous en gagnerez 3000. On ne peut pas vivre des courses en misant 10 euros, même en gagnant souvent, mais si l’on est très bon, on peut arrondir ses fins de mois en misant 1000 euros. Mon collègue avait appris les courses en s’accrochant pendant un an aux basques d’un joueur professionnel à l’occasion d’une mission de sociologie pour le CNRS. Le tiercé, c’est du hasard, mais le « placé », ce n’est pas que du hasard. Les chevaux s’entraînent en province ou sur des petits hippodromes. Quand un cheval monte en puissance, il monte à Paris et là, le jeu commence. Les jockeys qui retiennent leur cheval, ce n’est pas un mythe. L’idéal, c’est de laisser gagner un cheval quand il est peu côté. Et ce que cherche à faire un joueur professionnel en traînant dans les petits hippodromes, c’est entrer dans le jeu, avoir une information privilégiée. Le cheval ne gagnera pas tout le temps, mais la probabilité qu’il gagne excède le simple hasard. Si l’on se contente de lire les journaux spécialisés et les pronostics des journalistes, on ne risque pas de faire fortune. L’édition, c’est pareil : il faut passer beaucoup de temps sur le terrain et mettre les moyens sur la table pour vendre non pas dix ou cent livres, mais cent fois plus. C’est un problème de taille. A moins de 5000 livres, vous n’intéressez personne. C’était le drame de mon ex-éditeur : impossible d’intéresser un diffuseur sérieux. Certains promettaient une mise en place de 3000 libraires et au final, elle ne dépassait pas 500 dans le meilleur des cas. Et la seule fois où il a réussi à faire un coup avec un éditeur à volume, les quantités à imprimer étaient telles que si le livre se vendait mal, c’était le dépôt de bilan. Alors, Plume, quand vous parlerez de vos conditions à votre futur éditeur, restez près de la porte.
Novi : oui, il faut beaucoup de temps pour se faire un nom. Ce n'est pas propre à la littérature. Les grands chanteurs ont souvent fait 10 ans de cabaret avant de percer. TBE : notre cabaret ?
Orcus
http://pierremariewindal.blogspot.com/
‒ Editeur (suppliant) : votre livre de poèmes, bluffant. Je ne l’ai pas lu, mais je signe tout de suite.
‒ Plume : pour la promotion, pour mon départ si je veux, quand je veux …
‒ Editeur : vos conditions sont les nôtres. Bluffant, je vous dis. Pas d’exclusivité, pas de fil à la patte, vous faites ce que vous voulez.
‒ Plume : ouais, bon, faut voir. Je vous écrirai.
Faut pas rêver. Quand on n’est pas du bon côté du manche, il ne faut pas faire le difficile. La problématique de l’édition me rappelle un collègue qui jouait aux courses. Il jouait « placé », et quand il gagnait, doublait ou triplait sa mise. Comme c’était un joueur quasi professionnel, il passait beaucoup de temps sur les hippodromes de province pour étudier les chevaux et leurs entraîneurs, et jouait gros : entre 500 et 1000 euros par pari. Si vous misez 10 euros (et gagnez), vous gagnez 30 euros ; misez 1000 euros, vous en gagnerez 3000. On ne peut pas vivre des courses en misant 10 euros, même en gagnant souvent, mais si l’on est très bon, on peut arrondir ses fins de mois en misant 1000 euros. Mon collègue avait appris les courses en s’accrochant pendant un an aux basques d’un joueur professionnel à l’occasion d’une mission de sociologie pour le CNRS. Le tiercé, c’est du hasard, mais le « placé », ce n’est pas que du hasard. Les chevaux s’entraînent en province ou sur des petits hippodromes. Quand un cheval monte en puissance, il monte à Paris et là, le jeu commence. Les jockeys qui retiennent leur cheval, ce n’est pas un mythe. L’idéal, c’est de laisser gagner un cheval quand il est peu côté. Et ce que cherche à faire un joueur professionnel en traînant dans les petits hippodromes, c’est entrer dans le jeu, avoir une information privilégiée. Le cheval ne gagnera pas tout le temps, mais la probabilité qu’il gagne excède le simple hasard. Si l’on se contente de lire les journaux spécialisés et les pronostics des journalistes, on ne risque pas de faire fortune. L’édition, c’est pareil : il faut passer beaucoup de temps sur le terrain et mettre les moyens sur la table pour vendre non pas dix ou cent livres, mais cent fois plus. C’est un problème de taille. A moins de 5000 livres, vous n’intéressez personne. C’était le drame de mon ex-éditeur : impossible d’intéresser un diffuseur sérieux. Certains promettaient une mise en place de 3000 libraires et au final, elle ne dépassait pas 500 dans le meilleur des cas. Et la seule fois où il a réussi à faire un coup avec un éditeur à volume, les quantités à imprimer étaient telles que si le livre se vendait mal, c’était le dépôt de bilan. Alors, Plume, quand vous parlerez de vos conditions à votre futur éditeur, restez près de la porte.
Novi : oui, il faut beaucoup de temps pour se faire un nom. Ce n'est pas propre à la littérature. Les grands chanteurs ont souvent fait 10 ans de cabaret avant de percer. TBE : notre cabaret ?
Orcus
http://pierremariewindal.blogspot.com/

belle histoire ou belle littérature?

