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Chroniques et tags (rétrospective 2010).


Les frères de la côte -
Christian Gouy - 2009

Avec en toile de fond, un cadre idyllique tape-à-l’oeil de cartes postales, la Côte d’Azur, le village mythique de Saint Trop, le monde de la jet-set, des stars, du strass et des paillettes, les marchés pittoresques, les plages pour nudistes, la plume de Christian Gouy - on pourrait presque dire "la caméra" car ce polar est un véritable film avec ses plans et ses cadrages originaux sur fond de pétarades, de rixes et de musique endiablée –, épingle l’univers de violence du monde des itinérants, des marginaux, des forains. Ses deux (anti)-héros, protagonistes de cette fresque picaresque, Ludo et Alex Monte, vendeurs itinérants, ont quitté Nantes avec famille et enfants pour tenter leur chance dans cette ruée vers l'or des temps modernes. Bien vite, ils vont prendre conscience des aléas et des turpitudes des marchés de la côte: même si d’aventure on arrive à ferrer le gros chaland, il faut se battre, afin de pouvoir planter son stand le plus près possible du pactole. Pour faire fortune, les marchés ne vont pas suffire. Il va donc falloir se mettre en quête d’un "gros coup" ! Et vite, car il ne faut pas perdre une minute : ils n’ont que deux mois pour dégoter le pigeon milliardaire à plumer, deux mois à écumer les bars, les discothèques, s’infiltrer dans les fêtes.
Aussitôt décidé, aussitôt fait : nos prédateurs enfilent leur tenue de scène, arborent chemises blanches, pantalons battle-dress, Rolex, pour s’introduire là où il faut - "car à St Tropez, c’est l’habit qui fait le moine" – et les voilà à l’affût de proies estivales. La "bonne occase" ne va pas tarder à se présenter en la personne de Pierre Alexandre, un fils à papa et ses potes, qui s’est mouillé dans l’achat de la Ferrari rouge qui les a conduits à Saint Trop. Et de fil en aiguille, le puzzle se met en place - fiat lux ! -: l’idée jaillit : celle d’un casse mirifique sur le yacht d’un milliardaire libanais. Mais prendre d’assaut un bateau, ça se prépare. Sur terre, dans les airs et dans l’eau ! Jésus, un homme qui n’a pas froid aux yeux, qui boxe et sait nager – marcher sur l’eau, c’est le rayon de Jésus, n’est-ce pas ? -, se joint à eux, et un entraînement intensif commence : ULM pour surveiller le bateau, entraînement aquatique, jogging, et avant tout apprendre à gérer l’éventuelle panique. La date prévue est la veille du 15 août, "bordel total où tous sont défoncés, et les flics débordés"… Et puis la date fatidique arrive. Le casse de l’été a lieu entraînant un rebondissement imprévu…

Polar atypique, truculent, grinçant, ironique, au style âpre comme l’univers impitoyable des nomades qu’il dépeint, qui déroule son intrigue avec une lenteur étudiée, des truands roublards, hauts en couleur, des êtres vivants, pétris de chair et d’os, superbement campés avec leurs problèmes si profondément humains qu’on finit par être littéralement enchaîné à leurs nombreuses péripéties, et même par les trouver sympathiques. On ne mesure pas en commençant ce roman combien on va s’attacher à ces personnages qui, loin d’être des enfants de chœur, ne connaissent souvent que les coups, voire la gâchette pour solutionner leurs problèmes. On ne soupçonne pas l’émotion qui va nous gagner vers la fin de l’aventure. Car l’auteur, sans s’engluer dans le marais glauque de la psychologie de bas étage, réussit bel et bien l’exploit, de nous mettre du côté des "méchants" en nous ouvrant – sans manichéisme primaire - cet univers cruel et souvent méconnu des itinérants, dont il détient la clef. Son livre est le récit de quelqu’un qui connaît, on pourrait presque dire qui a vécu parmi les gens dont il nous narre les "hauts faits". La force de Christian Gouy est de nous captiver en tant que romancier tout en "disant" une réalité sociale, trop peu connue, du monde d’aujourd’hui, et il sait de quoi il parle ! Un monde interlope de la délinquance et du bandititisme parallèle au nôtre, avec ses propres lois, sa brutalité et sa misère. A côté de nous : et c’est peut-être cette proximité qui le rend si terrifiant !
Un polar noir, déroutant, bien de chez nous, qui évite l’écueil des stéréotypes propres aux productions anglo-saxonnes et Cie. Une approche atypique du monde du polar qui confirme un auteur à suivre de près !
Edmonde Vergnes-Permingeat
Chronique littéraire du journal drômois "Le Crestois".
http://www.le-crestois.fr/index.php?opt ... &Itemid=45
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Le Blog de Manuel Ruiz
Manuel Ruiz, écrivain, s'adresse à ses lecteurs, avec amitié et avec le désir d'entamer un dialogue.
31 janvier 2009
L'épopée nomade, de Christian Gouy
Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un livre assez surprenant, voire déroutant. "L'épopée nomade", de Christian Gouy, chez The Book Edition.
En effet, il est classé dans la catégorie des polars. Or, il ne s'agit pas vraiment de ça. Il présente Ludo Steiner, ancien légionnaire, qui va trouver refuge au Chemin d'en Bas, un campement nomade. À partir de là, il va commencer un périple parmi le monde manouche, qui le mènera à voler des chantiers, cambrioler des châteaux, etc.
Ce n'est pas un polar, car il n'y a pas vraiment d'histoire : il s'agit d'une longue description de la vie nomade. On découvre les caravanes, les voitures, les moyens de survie. On suit les héros en train de braconner, ou voler. C'est plein de détails passionnants. Un reportage précis et documenté. Ensuite, il n'y a aucun manichéisme : l'auteur ne cache rien de la violence des nomades. Tout cela est prenant. Mais l'intrigue, en elle-même, est réduite au minimum.
Christian Gouy est un peu provocateur : certains passages sont presque une apologie du banditisme ! Cela n'enlève rien à sa grande documentation. Un livre étrange et déconcertant, donc, mais qui mérite d'être découvert.
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www.polarnoir.fr a écrit le 13 février 2009
forum de polarnoir, extrait :
""""de Nikos le Mer 10 Déc 2008 23:40

Je viens de terminer l'épopée nomade, ma deuxième expérience de livre auto-édité et ma première expérience de livre jamais lu. Je crois bien être le premier à l'avoir acheté. Mon côté curieux.
J'ai passé un bon moment à suivre les aventures de Ludo et ses potes.
Pas vraiment d'intrigue c'est plutôt une sorte de portrait du monde des forains. Leur vie, leurs habitudes, leurs activités.
ça se lit bien. C'est plaisant.
Ce n'est pas tout à fait mon style de livre mais j'ai voulu essayé.
Je l'ai terminé ce qui n'est pas le cas du dernier Catherine millet que j'ai pris par hasard à la bibliothèque..


www.manuelruiz.canalblog.com a écrit le 12 février 2009
L'épopée nomade, de Christian Gouy
Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un livre assez surprenant, voire déroutant. "L'épopée nomade", de Christian Gouy, chez The Book Edition.

En effet, il est classé dans la catégorie des polars. Or, il ne s'agit pas vraiment de ça. Il présente Ludo Steiner, ancien légionnaire, qui va trouver refuge au Chemin d'en Bas, un campement nomade. À partir de là, il va commencer un périple parmi le monde manouche, qui le mènera à voler des chantiers, cambrioler des châteaux, etc.

Ce n'est pas un polar, car il n'y a pas vraiment d'histoire : il s'agit d'une longue description de la vie nomade. On découvre les caravanes, les voitures, les moyens de survie. On suit les héros en train de braconner, ou voler. C'est plein de détails passionnants. Un reportage précis et documenté. Ensuite, il n'y a aucun manichéisme : l'auteur ne cache rien de la violence des nomades. Tout cela est prenant. Mais l'intrigue, en elle-même, est réduite au minimum.

Christian Gouy est un peu provocateur : certains passages sont presque une apologie du banditisme ! Cela n'enlève rien à sa grande documentation. Un livre étrange et déconcertant, donc, mais qui mérite d'être découvert.

L'épopée nomade est chez http://www.thebookedition.com


http://noirbazar.forum-actif.info/romans-f3/l-e pop a écrit le 12 février 2009
Extrait :
Eh bien je suis tout de même entrée dans L’épopée nomade. J’ai même trouvé que c’était très romanesque, en fait, et pas du tout journalistique ou documentaire, du point de vue de l’écriture proprement dite. On est plongé via les yeux de Ludo dans une micro-société, avec ses codes, ses coutumes, ses temps et ses lieux , et c’est assez passionnant de voir et de sentir ce qui s’y passe (mention spéciale pour la pêche à la civelle), d’autant plus qu’il y a dans la manière de raconter une sorte d’empathie (ou une absence de jugement pour les personnages), qui rend le lecteur d’autant plus réceptif à ce qu’ils vivent.


http://polarsdeux.1fr1.net

-C'est passionnant ! Loin de la littérature de salon, on est ici dans la réalité vraie et brute, parfois dure et dérangeante. L'auteur décrit parfaitement un monde proche du nôtre, mais que nous ignorons. On plonge là-dedans, et on découvre, parfois avec malaise. Du vécu ? On dirait bien.
-Il y a des scènes-choc : des enfants qui tirent sur les rats à la carabine, une marée qui inonde le campement, les héros qui s'entraînent à foncer sur des voitures avant de bifurquer au dernier moment, la description détaillée d'un casse sur un chantier. Les scènes de pêche sur la Loire m'ont rappelé quelques passages de "Raboliot".
-On apprend des détails passionnants : description précise des caravanes, existence des carnets de circulation, techniques de pêche, face cachée des brocantes.
-L'auteur ne montre aucun manichèisme : il ne cache rien des défauts des nomades, et des violences entre clans.
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Wrath.

J'ai découvert au hasard Novi dont je suis en train de lire L'épopée nomade. Il n'y a pas de mystère en édition (à compte d'éditeur, cela va de soi) : il faut avoir quelque chose à dire et Novi a le talent qu'il faut pour vendre (et bien). Test concluant, donc. Je parlerai prochainement de son livre sous une rubrique littéraire de province.
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Les frères de la côte - The Book Edition - Christian Gouy - 2009

Les Frères de la Côte est un polar, écrit par Christian Gouy, et publié par The Book Edition, de 240 pages. Il s'agit de la suite de "L'épopée nomade", publiée chez le même éditeur.

THÈME : Deux marginaux, Ludo Steiner et Alex Monte, arrivent sur la Côte d'Azur, avec caravanes, femmes et enfants. Leur but : faire fortune. Les marchés n'étant pas la meilleure méthode pour cela, ils s'intéressent à un groupe de jeunes écumant les discothèques, et qui les mettent sur la piste d'un yacht occupé par de riches Libanais. Ils montent alors une petite équipe pour tenter un casse audacieux. Mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises.

COMMENTAIRES : Il y a une amélioration très nette par rapport au premier livre. "L'épopée nomade" était un long reportage sans véritable intrigue. Ici, il s'agit vraiment d'un roman, avec un début, un milieu, une fin. Le début, c'est l'ensemble des circonstances qui vont amener le casse sur le yacht. Le milieu, ce sont les préparatifs et le casse lui-même. La fin, c'est ce qui va arriver après. Ainsi donc, un bouquin plus proche de la définition du polar.

J'ai aimé : le roman en lui-même, passionnant - La psychologie de Ludo est plus approfondie, on le connaît mieux - La préparation et l'exécution du casse, minutieusement étudiées et réalisées. C'est le gros morceau du bouquin - Le duo Ludo - Alex Monte, qui fonctionne bien : je verrais bien Dolph Lundgren en Ludo, et peut-être Armand Lanoux (avec quelques années de moins) en Alex Monte - Les membres de l'équipe de casseurs : chacun ayant son profil et son rôle. Bien trouvé.

J'ai moins aimé : Les longues descriptions des marchés, ainsi que la profusion de détails techniques sur les voitures - Les gangsters qui se promènent en Ray-Ban : pas évident pour passer inaperçus ! - Les outrances, exagérations et approximations coutumières chez Christian Gouy : par exemple, Ludo mettant KO une pauvre femme simplement coupable de ressembler à une starlette - Le casse paraît un peu facile. J'aurais aimé voir un incident le mettant en péril - La fin, après le casse, qui traîne en longueur : peut-être s'agissait-il de préparer un troisième volume.

CONCLUSION : C'est un bouquin à découvrir. Une fois de plus, Christian Gouy nous plonge dans un univers marginal, et d'autant plus effrayant qu'il se trouve juste à côté du nôtre. Son grand mérite est que ses casseurs n'ont aucun rapport avec les figures de mode de "Ocean's Eleven". Ludo et Alex ont des femmes et des enfants : pour eux, réussir le casse est une question de survie. De là, un côté poignant. Si l'on ferme les yeux sur quelques outrances, un roman très réussi et un bon documentaire sur la délinquance itinérante.

Posté par Dalleray à 16:08 - Avis lectures - Commentaires [0] - Rétroliens [0] -


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Le livre L\'épopée nomade

Le livre Les Frères de la Côte

Le livre Le soleil se lève à l\'est
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