Pseudo : synovie
Localisation : Drôme
Inscrit le : 17/11/2008
Messages : 1185
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Criminal loft
Armelle Carbonel
thriller
Un huis clos infernal au sanatorium de Waverly Hills.
Waverly Hills, cinq étages, plus de quatre cents salles, un sanatorium rongé d’un labyrinthe de galeries souterraines, où se consumaient les victimes de la « peste blanche » parquées là, en quarantaine, transformées en cobayes par les macabres expériences des « docteurs Mengele », des cadavres que l’on emportait dans le « death tunnel », le tunnel de la mort…
Waverly Hills, monstrueuse chauve-souris aux ailes déployées sur toute une colline du Kentucky, le lieu le plus hanté des États-Unis.
Le décor est planté. Un lieu de souffrances et d’horreur à vous hérisser les cheveux sur la tête. Mais pourquoi ce décor, demanderez-vous ?
Le roman d’Armelle Carbonel serait-il la chronique d’un sanatorium ou d’un hôpital, remake de la « Montagne magique » ou du « Pavillon des cancéreux », ou encore un roman gore où de malheureuses victimes hanteraient ces lieux lugubres ?
Pas du tout : dans le thriller palpitant d’Armelle Carbonel, ce lieu maudit va au contraire servir de cadre à un jeu télévisé, un de ces « reality shows » qui attirent irrésistiblement les gens avides de sensations fortes, des milliers de téléspectateurs, échauffés par une curiosité morbide.
Huit candidats vont être sélectionnés. Et pas n’importe lesquels ! De l’inédit : huit condamnés à mort, six hommes et deux femmes. La règle du jeu est simple. Le public sera seul juge. Chaque semaine, c’est lui qui éliminera celui qui devra retourner dans le couloir de la mort. Et le gagnant sortira libre de ce loft infernal.
Nos huit candidats vont donc passer trois semaines comme suspendus à jamais dans un cauchemar qui ira crescendo au fil des jours jusqu’aux limites de l’horreur et du supportable. Comme dans « Les dix petits nègres », certains mourront happés par la gueule vorace du monstre ou réexpédiés dans le couloir de la mort laissant les autres devant la question terrifiante : « Qui sera le suivant ? » Et avec l’angoisse naît le suspense. Un suspense haletant.
L’auteur joue ce faisant parfaitement avec l’ambiguïté qui pèse sur ces lieux glauques ; l’atmosphère s’y nimbe d’un fantastique impalpable et parfois troublant – tel l’écho de la balle de Mary, la fillette martyre qui revient hanter les lugubres couloirs. Le lecteur est transporté à la frontière entre deux mondes : l’un terre à terre, ponctué par « La voix » martiale qui donne des ordres aux candidats, l’autre gothique, sinistre à souhait qui s’ouvre sur les apparitions des morts. Mais s’agit-il de fantômes ou l’hallucinations ? Une question qui accompagne le lecteur au fil des pages…
Outre l’action proprement dite – l’enjeu et l’issue du « reality show » –, c’est donc aussi le mystère de ce lieu où chaque porte s’ouvre sur une nouvelle terreur, où chaque corridor mène à une horreur indicible, où la seule issue est le tunnel de la mort, qui distille une tension propre à vous envoûter littéralement, à vous river aux pages de ce livre.
Une ambiguïté qui touche également notre relation aux personnages.
Ces anti-héros, assassins, pédophiles, serial-killers… nous fascinent nous attachent aussi. On ne peut se défendre de voir en eux des êtres pétris de chair et de sang. On arrive à comprendre les souffrances et les drames qui ont fait d’eux des criminels. Ainsi, sans son évocation du meurtre qui nous fait grincer les dents et nous donne un frisson propre à rétablir la distance salutaire, le narrateur, psychiatre et serial killer altéré de sang, nous gagnerait presque à sa cause au point de nous faire oublier le monstre qu’il est vraiment. Même si leur langage est parfois un peu trop châtié pour être crédible, si le vécu qui explique leurs actes criminels n’échappe pas toujours au stéréotype, l’auteur par sa façon d’embrasser la seule perception et subjectivité du narrateur, sans jamais chercher à tisser un regard moral et démonstratif sur les événements, ne tourne pas le dos à la part trouble de l’opacité et y trouve de ce fait une justesse touchante, une véritable singularité.
Un livre choc qui se referme comme un piège, sur la violence, la peur, la chute irrémédiable. Sans rédemption possible.
Pas de rédemption pour nos anti-héros certes, mais catharsis pour le lecteur peut-être. Terreur et abjection peuvent susciter une prise de conscience salutaire du caractère malsain de ces « reality shows » et de l’attrait morbide pour le sensationnel, ô combien « humain, trop humain » – Ainsi s’inscrit en filigrane une satire violente des jeux réalité qui envahissent les écrans, conférant à ce roman une dimension cathartique.
Un thriller atypique qu’on ne lâche pas.
Un roman noir mené de main de maître par notre Mary Higgins Clark française !
http://www.thebookedition.com/catalogue-personnel.php















Armelle Carbonel
thriller
Un huis clos infernal au sanatorium de Waverly Hills.
Waverly Hills, cinq étages, plus de quatre cents salles, un sanatorium rongé d’un labyrinthe de galeries souterraines, où se consumaient les victimes de la « peste blanche » parquées là, en quarantaine, transformées en cobayes par les macabres expériences des « docteurs Mengele », des cadavres que l’on emportait dans le « death tunnel », le tunnel de la mort…
Waverly Hills, monstrueuse chauve-souris aux ailes déployées sur toute une colline du Kentucky, le lieu le plus hanté des États-Unis.
Le décor est planté. Un lieu de souffrances et d’horreur à vous hérisser les cheveux sur la tête. Mais pourquoi ce décor, demanderez-vous ?
Le roman d’Armelle Carbonel serait-il la chronique d’un sanatorium ou d’un hôpital, remake de la « Montagne magique » ou du « Pavillon des cancéreux », ou encore un roman gore où de malheureuses victimes hanteraient ces lieux lugubres ?
Pas du tout : dans le thriller palpitant d’Armelle Carbonel, ce lieu maudit va au contraire servir de cadre à un jeu télévisé, un de ces « reality shows » qui attirent irrésistiblement les gens avides de sensations fortes, des milliers de téléspectateurs, échauffés par une curiosité morbide.
Huit candidats vont être sélectionnés. Et pas n’importe lesquels ! De l’inédit : huit condamnés à mort, six hommes et deux femmes. La règle du jeu est simple. Le public sera seul juge. Chaque semaine, c’est lui qui éliminera celui qui devra retourner dans le couloir de la mort. Et le gagnant sortira libre de ce loft infernal.
Nos huit candidats vont donc passer trois semaines comme suspendus à jamais dans un cauchemar qui ira crescendo au fil des jours jusqu’aux limites de l’horreur et du supportable. Comme dans « Les dix petits nègres », certains mourront happés par la gueule vorace du monstre ou réexpédiés dans le couloir de la mort laissant les autres devant la question terrifiante : « Qui sera le suivant ? » Et avec l’angoisse naît le suspense. Un suspense haletant.
L’auteur joue ce faisant parfaitement avec l’ambiguïté qui pèse sur ces lieux glauques ; l’atmosphère s’y nimbe d’un fantastique impalpable et parfois troublant – tel l’écho de la balle de Mary, la fillette martyre qui revient hanter les lugubres couloirs. Le lecteur est transporté à la frontière entre deux mondes : l’un terre à terre, ponctué par « La voix » martiale qui donne des ordres aux candidats, l’autre gothique, sinistre à souhait qui s’ouvre sur les apparitions des morts. Mais s’agit-il de fantômes ou l’hallucinations ? Une question qui accompagne le lecteur au fil des pages…
Outre l’action proprement dite – l’enjeu et l’issue du « reality show » –, c’est donc aussi le mystère de ce lieu où chaque porte s’ouvre sur une nouvelle terreur, où chaque corridor mène à une horreur indicible, où la seule issue est le tunnel de la mort, qui distille une tension propre à vous envoûter littéralement, à vous river aux pages de ce livre.
Une ambiguïté qui touche également notre relation aux personnages.
Ces anti-héros, assassins, pédophiles, serial-killers… nous fascinent nous attachent aussi. On ne peut se défendre de voir en eux des êtres pétris de chair et de sang. On arrive à comprendre les souffrances et les drames qui ont fait d’eux des criminels. Ainsi, sans son évocation du meurtre qui nous fait grincer les dents et nous donne un frisson propre à rétablir la distance salutaire, le narrateur, psychiatre et serial killer altéré de sang, nous gagnerait presque à sa cause au point de nous faire oublier le monstre qu’il est vraiment. Même si leur langage est parfois un peu trop châtié pour être crédible, si le vécu qui explique leurs actes criminels n’échappe pas toujours au stéréotype, l’auteur par sa façon d’embrasser la seule perception et subjectivité du narrateur, sans jamais chercher à tisser un regard moral et démonstratif sur les événements, ne tourne pas le dos à la part trouble de l’opacité et y trouve de ce fait une justesse touchante, une véritable singularité.
Un livre choc qui se referme comme un piège, sur la violence, la peur, la chute irrémédiable. Sans rédemption possible.
Pas de rédemption pour nos anti-héros certes, mais catharsis pour le lecteur peut-être. Terreur et abjection peuvent susciter une prise de conscience salutaire du caractère malsain de ces « reality shows » et de l’attrait morbide pour le sensationnel, ô combien « humain, trop humain » – Ainsi s’inscrit en filigrane une satire violente des jeux réalité qui envahissent les écrans, conférant à ce roman une dimension cathartique.
Un thriller atypique qu’on ne lâche pas.
Un roman noir mené de main de maître par notre Mary Higgins Clark française !
http://www.thebookedition.com/catalogue-personnel.php









Criminal loft Armelle Carbonel.












