Pseudo : Petite Fée
Localisation : Provence
Inscrit le : 01/07/2008
Messages : 822
Localisation : Provence
Inscrit le : 01/07/2008
Messages : 822
EXTRAIT 3 :
[...]
Émilie était seule depuis un peu plus d’une heure, lorsqu’il lui sembla entendre un murmure, troublant soudainement le silence de la chambre.
Elle leva la tête en sursautant, laissant échapper son stylo qui tomba mollement sur le tapis.
Elle tendit l’oreille, attentive. Rien.
Certainement un bruit dehors ou dans la chambre voisine.
Ramassant le stylo, elle reprit son travail d’écriture.
Le murmure recommença... Comme une voix très faible qu’elle percevait, mais dont elle ne comprenait pas les mots.
Elle essaya de se concentrer sur son ouvrage, se persuadant que la voix était extérieure à la pièce... qu’elle n’allait pas s’arrêter au moindre bruit, tout de même.
Elle se fustigea in petto, continuant à écrire.
Arrête ! Ça peut venir de n’importe où... une chambre, la rue, une autre terrasse, un balcon.
Le murmure s’amplifia, persistant, pour finir en un bruit assourdissant lui martelant le crâne.
Elle se leva, ouvrit la porte d’entrée. Personne dans le couloir. Colla son oreille au mur commun avec la chambre voisine. Aucun bruit. Alla sur la terrasse, se pencha. Pas de balcon ou terrasse proche. Pas de voiture dans la rue longeant l’hôtel. Noyée sous le rideau de pluie qui tombait sans discontinuer depuis la nuit dernière, les rues étaient désertes. La ville attendait l’accalmie pour être à nouveau envahie par les touristes qui affluaient avec les beaux jours printaniers.
Elle rentra, regarda l’heure. Une heure et demie s’était écoulée depuis le départ de Pierre.
Il doit attendre le développement. Il en a encore pour un bon moment.
Quelques jours avant, le photographe leur avait donné un délai de deux à trois heures d’attente après le dépôt.
Elle se rassit, mais laissa les cartes éparpillées sur le divan, troublée, regardant autour d’elle, épiant...
— Épiant quoi... hein ? Le loup-garou sortant du bois ? ironisa-t-elle, sa voix transperçant le silence revenu.
Que t’arrive-t-il ? Toi, la téméraire qui n’avait jamais peur de rien, qui même enfant ne regardait jamais sous ton lit le soir avant de te coucher. Tu entends des voix, maintenant ? Bravo, continue comme ça et tu finiras à l’asile !
Elle ramassa nerveusement cartes, enveloppes et timbres et les rangea dans la boîte posée sur la table.
On verra demain... Il faut que je sorte d’ici. Je vais attendre Pierre au bar.
Le téléphone retentit.
Elle hésita un instant puis referma la porte derrière elle.
Le réceptionniste l’interpella lorsqu’elle arriva dans le hall.
— Votre mère a appelé, madame. Vous deviez être en train de descendre. Elle a laissé un message.
— Merci. Je vais la rappeler.
Elle enfouit le petit carré de papier dans la poche de son jean, pensant appeler du bar − la salle était quasiment vide à cette heure −, lorsqu’elle s’aperçut qu’elle avait oublié son portable.
Elle remit l’appel à plus tard et s’assit au comptoir devant un expresso, déplia le message chiffonné :
Appelle-nous.
Nous sommes inquiets.
Pas de nouvelles depuis votre départ.
Bisous. Maman.
Presque deux semaines qu’ils étaient là... et elle avait complètement oublié d’appeler ses parents. Le premier soir, épuisée, elle avait remis au lendemain, puis absorbée totalement par ces choses étranges qu’il lui semblait percevoir − malgré le scepticisme affirmé de Pierre qui lui disait le contraire −, elle s’était déconnectée, jour après jour, de ce qui remplissait sa vie avant. Elle avala son café et remonta dans la chambre pour rassurer sa famille.
Leur parler me fera du bien, pensa-t-elle, en rentrant dans l’ascenseur.
— Est-ce que ça va ?
— Oui, maman, ne t’inquiète pas.
— Tu aurais pu appeler avant, tout de même, ma chérie. On s’est fait du souci.
Percevant une pointe de reproche dans la voix de sa mère, elle essaya de faire dévier la conversation
— Oui, désolée, maman. Papa va bien ?
— Oui, tout le monde va, ici. Ta soeur t’embrasse. Une petite carte lui ferait plaisir... et à nous aussi.
— Je l’embrasse aussi, et les enfants également. Je dois te quitter, maman... on tape à la porte, mentit-elle. Je t’appelle la semaine prochaine.
— Promis ?
— Promis, maman. Bisous à vous tous.
— Bisous à toi aussi, ma chérie... et à Pierre.
Émilie raccrocha, sur les nerfs, hésitant à redescendre au bar. Pierre n’allait sûrement plus tarder, maintenant. Elle prit son livre sur la table de chevet et s’installa confortablement sur le lit.
Elle n’arrivait pas à se concentrer, relevant continuellement la tête, observant la pièce, relisant les mêmes lignes lorsque son regard retombait sur les pages, pour de nouveau s’échapper de sa lecture...
Énervée, elle jeta le livre, ses yeux fixant successivement les murs, les meubles, la fenêtre délavée par la pluie pour revenir aux murs, aux meubles... Tout tournait. Elle eut un haut-le-coeur, crut qu’elle allait vomir... lorsque soudain, le murmure reprit...
Elle ferma les yeux, serra ses mains sur ses oreilles à s’en faire mal. Rien n’y fit. Il semblait ainsi encore plus insoutenable.
Dans un « Assez ! » crié rageusement, elle laissa retomber ses bras le long de son corps et rouvrit des yeux qui s’écarquillèrent de stupeur.
— Ce n’est pas possible !
Elle referma plusieurs fois les yeux pour les rouvrir une seconde plus tard. Mais... l’étrange fait était toujours là : quelque chose avait bougé sur le mur.
Apeurée, elle avança lentement, chaque pas lui demandant un effort presque surhumain. Ses jambes pesaient une tonne... Pourtant elle se sentait comme aspirée, ne pouvant empêcher son corps de se mouvoir. Plus elle s’approchait, plus son regard se faisait précis, et lorsqu’elle fut assez près pour en distinguer tous les détails... la stupeur se transforma en terreur. Un visage se dessinait. Deux yeux écarquillés d’effroi la regardaient... une bouche ouverte sur un cri silencieux.
Elle hurla, recula, terrifiée, cogna le bord de la table, essaya de se rattraper, vacilla, tomba en arrière... et resta sonnée quelques secondes. Lorsqu’elle releva la tête, le visage avait disparu.
[...]
NOUVEAU
NOUVEAU
ACHETER MES LIVRES

Je regarde, j'écoute, je sens... de ces images, de ces sons, de ces odeurs, naissent les mots que je couche sur la feuille !
MON PORTFOLIO
VeronikA (Conception de couverture et mise en page...)
PLUME DE FÉE (site perso)
UN UNIVERS DE MOTS (blog perso)
AU CLAIR DE MA PLUME (publication poèmes et nouvelles)
[...]
Émilie était seule depuis un peu plus d’une heure, lorsqu’il lui sembla entendre un murmure, troublant soudainement le silence de la chambre.
Elle leva la tête en sursautant, laissant échapper son stylo qui tomba mollement sur le tapis.
Elle tendit l’oreille, attentive. Rien.
Certainement un bruit dehors ou dans la chambre voisine.
Ramassant le stylo, elle reprit son travail d’écriture.
Le murmure recommença... Comme une voix très faible qu’elle percevait, mais dont elle ne comprenait pas les mots.
Elle essaya de se concentrer sur son ouvrage, se persuadant que la voix était extérieure à la pièce... qu’elle n’allait pas s’arrêter au moindre bruit, tout de même.
Elle se fustigea in petto, continuant à écrire.
Arrête ! Ça peut venir de n’importe où... une chambre, la rue, une autre terrasse, un balcon.
Le murmure s’amplifia, persistant, pour finir en un bruit assourdissant lui martelant le crâne.
Elle se leva, ouvrit la porte d’entrée. Personne dans le couloir. Colla son oreille au mur commun avec la chambre voisine. Aucun bruit. Alla sur la terrasse, se pencha. Pas de balcon ou terrasse proche. Pas de voiture dans la rue longeant l’hôtel. Noyée sous le rideau de pluie qui tombait sans discontinuer depuis la nuit dernière, les rues étaient désertes. La ville attendait l’accalmie pour être à nouveau envahie par les touristes qui affluaient avec les beaux jours printaniers.
Elle rentra, regarda l’heure. Une heure et demie s’était écoulée depuis le départ de Pierre.
Il doit attendre le développement. Il en a encore pour un bon moment.
Quelques jours avant, le photographe leur avait donné un délai de deux à trois heures d’attente après le dépôt.
Elle se rassit, mais laissa les cartes éparpillées sur le divan, troublée, regardant autour d’elle, épiant...
— Épiant quoi... hein ? Le loup-garou sortant du bois ? ironisa-t-elle, sa voix transperçant le silence revenu.
Que t’arrive-t-il ? Toi, la téméraire qui n’avait jamais peur de rien, qui même enfant ne regardait jamais sous ton lit le soir avant de te coucher. Tu entends des voix, maintenant ? Bravo, continue comme ça et tu finiras à l’asile !
Elle ramassa nerveusement cartes, enveloppes et timbres et les rangea dans la boîte posée sur la table.
On verra demain... Il faut que je sorte d’ici. Je vais attendre Pierre au bar.
Le téléphone retentit.
Elle hésita un instant puis referma la porte derrière elle.
Le réceptionniste l’interpella lorsqu’elle arriva dans le hall.
— Votre mère a appelé, madame. Vous deviez être en train de descendre. Elle a laissé un message.
— Merci. Je vais la rappeler.
Elle enfouit le petit carré de papier dans la poche de son jean, pensant appeler du bar − la salle était quasiment vide à cette heure −, lorsqu’elle s’aperçut qu’elle avait oublié son portable.
Elle remit l’appel à plus tard et s’assit au comptoir devant un expresso, déplia le message chiffonné :
Appelle-nous.
Nous sommes inquiets.
Pas de nouvelles depuis votre départ.
Bisous. Maman.
Presque deux semaines qu’ils étaient là... et elle avait complètement oublié d’appeler ses parents. Le premier soir, épuisée, elle avait remis au lendemain, puis absorbée totalement par ces choses étranges qu’il lui semblait percevoir − malgré le scepticisme affirmé de Pierre qui lui disait le contraire −, elle s’était déconnectée, jour après jour, de ce qui remplissait sa vie avant. Elle avala son café et remonta dans la chambre pour rassurer sa famille.
Leur parler me fera du bien, pensa-t-elle, en rentrant dans l’ascenseur.
— Est-ce que ça va ?
— Oui, maman, ne t’inquiète pas.
— Tu aurais pu appeler avant, tout de même, ma chérie. On s’est fait du souci.
Percevant une pointe de reproche dans la voix de sa mère, elle essaya de faire dévier la conversation
— Oui, désolée, maman. Papa va bien ?
— Oui, tout le monde va, ici. Ta soeur t’embrasse. Une petite carte lui ferait plaisir... et à nous aussi.
— Je l’embrasse aussi, et les enfants également. Je dois te quitter, maman... on tape à la porte, mentit-elle. Je t’appelle la semaine prochaine.
— Promis ?
— Promis, maman. Bisous à vous tous.
— Bisous à toi aussi, ma chérie... et à Pierre.
Émilie raccrocha, sur les nerfs, hésitant à redescendre au bar. Pierre n’allait sûrement plus tarder, maintenant. Elle prit son livre sur la table de chevet et s’installa confortablement sur le lit.
Elle n’arrivait pas à se concentrer, relevant continuellement la tête, observant la pièce, relisant les mêmes lignes lorsque son regard retombait sur les pages, pour de nouveau s’échapper de sa lecture...
Énervée, elle jeta le livre, ses yeux fixant successivement les murs, les meubles, la fenêtre délavée par la pluie pour revenir aux murs, aux meubles... Tout tournait. Elle eut un haut-le-coeur, crut qu’elle allait vomir... lorsque soudain, le murmure reprit...
Elle ferma les yeux, serra ses mains sur ses oreilles à s’en faire mal. Rien n’y fit. Il semblait ainsi encore plus insoutenable.
Dans un « Assez ! » crié rageusement, elle laissa retomber ses bras le long de son corps et rouvrit des yeux qui s’écarquillèrent de stupeur.
— Ce n’est pas possible !
Elle referma plusieurs fois les yeux pour les rouvrir une seconde plus tard. Mais... l’étrange fait était toujours là : quelque chose avait bougé sur le mur.
Apeurée, elle avança lentement, chaque pas lui demandant un effort presque surhumain. Ses jambes pesaient une tonne... Pourtant elle se sentait comme aspirée, ne pouvant empêcher son corps de se mouvoir. Plus elle s’approchait, plus son regard se faisait précis, et lorsqu’elle fut assez près pour en distinguer tous les détails... la stupeur se transforma en terreur. Un visage se dessinait. Deux yeux écarquillés d’effroi la regardaient... une bouche ouverte sur un cri silencieux.
Elle hurla, recula, terrifiée, cogna le bord de la table, essaya de se rattraper, vacilla, tomba en arrière... et resta sonnée quelques secondes. Lorsqu’elle releva la tête, le visage avait disparu.
[...]
NOUVEAU
NOUVEAUACHETER MES LIVRES

Je regarde, j'écoute, je sens... de ces images, de ces sons, de ces odeurs, naissent les mots que je couche sur la feuille !
MON PORTFOLIO
VeronikA (Conception de couverture et mise en page...)
PLUME DE FÉE (site perso)
UN UNIVERS DE MOTS (blog perso)
AU CLAIR DE MA PLUME (publication poèmes et nouvelles)

EMMURÉE, nouvel extrait...