Le blog thebookedition.comExtrait Tome 1 Christine Verdet - Christine et Glasgow




#1
Pseudo : xianeko
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Bon d'accord, mon titre est mal choisi puisque ce n'est pas à proprement parler un "extrait", c'est (carrément et entièrement) le premier chapitre du tome 1 de mon roman ! Ce n'est que la mise en place des choses (et encore que dans le chapitre 2 aussi...), mais j'aime bien le faire lire aux autres pour leur donner envie. Faites pas attention aux fautes restantes, je n'ai pu toutes les corriger...
J'espère ne pas avoir déjà mis ce chapitre quelque part sur ce forum ! Sinon dites-le moi !

Chapitre 1 : l’adoption hypnotisante


Un soleil, des oiseaux chantant, pas le moindre signe de mauvais temps. Pour compléter la description d’une journée parfaite, il ne manquait plus qu’à savoir quel héritage la tante Henriette avait laissé. Des gens se trouvaient donc chez un notaire, impatient de savoir qui allait hériter de la fortune de cette vieille femme. Un homme habillé tout en noir, une paire de lunettes rectangulaires sur le nez, un visage rempli de rides soutenu par un cou long et un crâne… disons bien en vue, avait commencé à lire le testament d’Henriette Verdet depuis l’aube et il espérait toujours que le papier qu’il tenait arriverait à la fin. Cet homme était le notaire.

- […] ensuite je lègue les objets de ma cuisine, de ma chambre et du salon à Mlle Prescilia Verdet. Je sais qu’elle rêvait de les avoir.

- Oh non ! râla une femme vêtue tout en blanc et portant un chignon très tiré, moi je voulais la maison entière ! Pas seulement certains meubles !

- Prescilia chérie, voyons ! Ne te mets pas dans un état pareil pour si peu ! lui dit un homme assez petit, gros et aussi chauve que le notaire.

- Il a raison votre mari. Calmez votre ardeur, vous devriez plutôt être ravi d’avoir hérité de tous ces objets. Moi je n’ai eu droit qu’à l’armoire et l’horloge du hall d’entrée.

- Chut !! siffla une femme, je voudrais bien écouter la suite et savoir si j’ai héri… Pardon, je voulais dire si Jean-Charles, mon cher mari, a hérité de sa tante.



Après cette intervention, le brouhaha s'atténua jusqu’à distinguer à nouveau la voix grave et fatiguée du notaire. La femme qui venait de faire taire tout ce petit monde était assez petite, malgré les talons de 10 centimètres qu’elle portait.

Ses magnifiques yeux verts et sa chevelure blonde ondulée ne sauraient cacher les petites fissures – des rides plutôt mal dissimulées – sous sa tonne de fard à joue. Elle portait un magnifique tailleur bleue. Un homme était assis juste à côté d’elle, vêtu d'un costume noir pour l’occasion. Ses cheveux gris faisaient ressortir ses yeux bleus et, bien qu'il n'eu aucun lien avec la terre de Shakespeare, une moustache à l’anglaise complétait son allure.

Le notaire reprit la lecture du testament. Il était maintenant 16h et cette lecture n'en finissait pas. Il faut dire que les gens présents n’étaient guère bon public. Fort mécontent, ils ne cessaient de faire des commentaires sur l'héritage qui semblait leur échapper. Tout le monde voulait la fortune d’Henriette, pourtant, aucun d’eux ne donnaient l’impression d’en avoir besoin. Le milieu de la bourgeoisie ne leur était pas étranger...

Après une bonne dizaine de noms dont seul le prénom changeait, le notaire arriva au dernier chapitre du testament : connaître enfin l'héritier de la fortune d’Henriette !

- […] pour finir : pour tous les cadeaux qu’il m’a fait malgré le peu de ressource qu’il possédait ; pour avoir su fonder une famille qui, je l'espère, s'agrandira encore ; je lègue toute ma fortune et la maison de campagne, ainsi que les meubles restant à Jean-Charles et Charlotte Verdet. J’espère qu’ils seront heureux, et j'adresse mille baisers à leurs filles Christelle, Camélia et Coralie, conclu enfin le notaire, un sourire de soulagement aux lèvres.

- Oui !!! hurla l'homme à la moustache anglaise, on a gagné Charlotte ! Sa fortune et sa maison sont à nous à présent !

- Oui mon chéri ! répondit la femme aux talons de 10 centimètres, comme je suis heureuse ! Dépêchons-nous de rentrer téléphoner aux déménageurs.



A ces mots, Jean-Charles et Charlotte s’étaient levés et se dirigeaient vers la porte quand la femme au chignon leur coupa la route. Elle se plaça entre eux et la sortie, bloquant tous les autres par la même occasion.

- Alors, vous êtes contents ? lança cette femme d’un ton rempli de mépris et de dégoût.

- Que veux-tu dire Prescilia ? Bien sûr que nous sommes contents ! Elle nous a quand même légué sa fortune, répondit Jean-Charles avec une voix qui se voulait apaisante.

- Attention elle va encore nous lancer une pique celle-là… marmonna Charlotte dans sa main gauche.

- Mais je sais pourquoi c’est vous qu’elle a choisi ! Avec tout ces… comment peut-on les appeler ainsi… ces cadeaux, c’est normal qu’elle ait eu l’impression que vous l’aimiez et qu’elle vous devait beaucoup ! dit Prescilia le ton de plus en plus coléreux.

- Tu vois je te l’avais dit ! Faut toujours qu’elle nous embête ! rajouta Charlotte bien fort pour énerver encore plus Prescilia.

- Oh toi… commença Prescilia sans finir sa phrase.

- Eh ! Qu’est-ce qui se passe là devant ? On aimerait bien rentrer nous ! Poussez-vous ! lança un homme barbu avec des lunettes.

- Oh oui, poussez-vous ! dirent tous les autres en cœur.

- Tu vois bien que tu gênes Prescilia, bouges un peu, répliqua calmement Charlotte, avec un sourire narquois.



Après quelques secondes et un regard furieux, Prescilia Verdet se résigna. Elle se poussa et tout le monde sortit en la bousculant. Il était maintenant temps de rentrer pour Jean-Charles et Charlotte, ils devaient annoncer la bonne nouvelle à leurs filles. Devant chez le notaire, sur un minuscule parking, une voiture se distinguait par sa beauté. C’était une sublime Bentley à peine plus petite qu’une limousine, entièrement noire avec des phares neufs et d’une propreté impeccable. Elle leur appartenait bien sûr, ils en avaient largement les moyens et, maintenant, ils pourront s’en acheter une deuxième.

Jean-Charles ouvrit la porte côté passager à sa femme, il fit bien attention qu’elle ne se cogne pas ou sinon il lui en coûterait. Il referma sa portière et partit s’asseoir à son tour, côté conducteur.

Ils durent rouler pendant 30 minutes leur maison actuelle n’étant pas à côté de la ville. Quand ils auront déménagé le chemin sera… moins long ! Oui, une petite ville nommée Ferna se trouvait à quelques mètres de la maison de campagne. Sur le chemin, un silence régnait. Tout leur bonheur et leur joie se reflétaient dans leurs yeux et leurs sourires.



La maison où ils vivaient était plutôt grande. Il y avait quatre chambres, une piscine, une immense terrasse et tout le confort d’une vie de riche. L’argent, ils savaient très bien le gérer. C’était d’ailleurs la seule chose qu’ils savaient vraiment faire. Jean-Charles changeait de métier comme de chemise, un coup dentiste un coup homme d’affaires, tandis que Charlotte passait ses journées devant le miroir à attendre – en vain – qu’il lui dise « Vous êtes la plus belle femme du monde ». Ils avaient trois filles nommées Christelle, l’aînée, Camélia et Coralie, deux sœurs nées à seulement quatre heures d’intervalle. Christelle était celle qui montrait souvent qu’elle était responsable. C’était d’ailleurs la seule à l’être. Elle avait les cheveux roux, coupé à la garçonne, avec de magnifiques yeux bleus. C’était une fille avec beaucoup de classe naturelle. Les trois venaient des mêmes parents et pourtant, elles ne se ressemblaient pas du tout. Camélia avait des yeux bleus-vert et les cheveux blonds foncé tombant jusqu’aux épaules. Coralie lui ressemblait beaucoup, mais ses cheveux plus court laissaient apparaître ses épaules. Ces deux-là étaient des filles que l’on qualifierait de « pimbêches ».



Soudain, un bruit sourd retentit dans toute la maison. Christelle, qui observait à l’aide de jumelles des oiseaux sur un arbre en face de chez eux, sut que ses parents venaient de rentrer. Elle soupira, posa ses jumelles, se leva et se dirigea au rez-de-chaussée pour aller leur ouvrir. En descendant les escaliers, elle aperçu Camélia devant son miroir et Coralie lisant un livre, toutes deux dans leur chambre. Christelle fit un signe de la main pour qu’elles descendent aussi. Les marches qu’elles descendaient étaient en marbre clair, cela faisait ressortir la lumière.

- Les filles ! cria Charlotte avec une voix si aiguë que seul un chien pouvait entendre, descendaient !

- Nous avons une très bonne nouvelle à vous annoncer ! rajouta Jean-Charles.



Quelques secondes, 1 minute, 2 minutes… Un bruit de pas se fit entendre.

- Oui nous sommes là, répondit Christelle le souffle court, fatiguée d’avoir descendu autant de marche à toute allure.

- Oh regarde-toi Christelle, tu es toute décoiffée ! Je ne crois pas t’avoir élevé comme ça !

- Veuillez m’excuser de ne pas être présentable mère, dit Christelle en se courbant si bas que le sol lui paressait bien proche tout à coup.

- Oui bon, nous verrons ça plus tard, si tu le veux bien ma chérie, coupa Jean-Charles en faisant signe à Christelle de se relever.

- Qu’est-ce qu’il y a ? firent en cœur Camélia et Coralie qui venaient juste d’arriver.

- Voilà vous savez que tante Henriette est décédée les filles et que nous sommes allés chez le notaire pour savoir si elle nous avait laissé quelque chose… commença à raconter Jean-Charles.

- Bien sûr que nous savons, continue, dit Camélia d’une voix pressée.

- Oui donc il nous a dit…

- QUE NOUS AVONS HERITE DE TOUTE SA FORTUNE ET DE SON IMMENSE MAISON DE CAMPAGNE !!! hurla soudain Charlotte.

- Ah !!! crièrent les filles en cœur.

- Donc montez préparer vos valises, Jean-Charles appelle les déménageurs et dit leur que nous partons demain matin.

- Mère, pourquoi pas tout de suite ?

- Coralie nous ne sommes pas prêts. Mais ne t’inquiète pas, demain tu verras ta nouvelle maison. Maintenant va.

- Oui mère.



Christelle et Camélia montèrent suivi de Coralie. Lorsqu’elles eurent disparu, Charlotte prit l’annuaire et ordonna à Jean-Charles de téléphoner. Elle monta à son tour préparer ses bagages. Leur téléphone était grand et ancien, tout noir avec un fil gris clair, il était assez drôle à voir. « Tu… tu… tu… » Faisait le combiné après que Jean-Charles ai composé le numéro des déménageurs. Il sonna 1 fois, 2 fois, 3 fois…

- Ici Déménageurs express, j’écoute, dit une voix grave à travers le téléphone.

- Allo ? Ici Mr Verdet.

- Ah c’est vous cher ami ! Comment allez-vous ?

- Bien merci. Je vous téléphone parce que nous déménageons.

- Oh ? Et pourquoi donc ?

- Nous avons hérité de la tante Henriette. Nous voulons dès demain matin 7h être en route pour notre nouvelle demeure.

- D’accord, je comprends. Rendez-vous demain matin 6h pour le chargement de vos affaires, départ 7h, conclue la voix grave avant de raccrocher.

- Oui c’est ça, à demain.



Après ce coup de téléphone, les Verdet avaient fini de tout emballer à 21h, pile l’heure du dîner. Pour ne rien salir, Charlotte ajouta une immense bâche blanche sur la table sur laquelle elle mit les couverts. Tout était beau dans cette maison, mais ils avaient hâte de partir. Les filles n’étaient jamais allées voir leur tante, c’était toujours elle qui venait. Elles ne pouvaient que s’imaginer leur nouvelle maison. Christelle espérait une petite maison en bois, un endroit où on se sentirait chez soi. Coralie voulait une chambre rien qu’à elle où elle pourrait faire venir un peintre qui dessinerait sa beauté. Camélia, quant à elle, voulait une salle de bain tellement immense qu’elle aurait la place de défiler, avec tout autour des miroirs pour refléter son charme. Les seuls à savoir vraiment à quoi ressemblait cette maison étaient Jean-Charles et Charlotte, mais ils ne dirent rien pour laisser l’effet de surprise.

Le lendemain, un bruit sourd résonnait dans la maison des Verdet. C’était le réveil de Christelle lui signifiant qu’elle devait se lever, se préparer, réveiller ses sœurs, faire le petit-déjeuner et attendre les déménageurs en silence pour les aider à charger. Elle n’avait pas la force d’un homme, mais c’était l’aînée donc la responsabilité lui disait de le faire (être dans une famille de riche n’a pas que des avantages pour les enfants).

Il était maintenant 6h50, 51… 55…59, 7h00 ! Les énormes camions blancs avec écrit « Déménageurs express » démarrèrent à la seconde près, suivit de la voiture-limousine de Jean-Charles et Charlotte. Sur la route, beaucoup de maisons défilaient, puis au bout d’une demi-heure il ne restait que des arbres. Le chemin fut long et périlleux pour les camions, ils devaient éviter tous les trous qu’il y avait sur la route sous peine de casser un des objets fragile qu’ils transportaient.

Un panneau apparut soudain, indiquant « Ferna ».

- Nous sommes bientôt arrivé ? demanda Coralie d’une petite voix en se tenant comme si elle avait une envie pressante.

- Oui tu le vois bien. Nous venons d’entrer dans le village, répondit sèchement Charlotte.



Les déménageurs s’étaient arrêtés devant une immense maison. Les murs étaient beaux et beiges, ils avaient l’air neufs. Comme convenu, le hall d’entrée, la cuisine, une des quatre chambres et le salon avait été vidé de leurs meubles la veille. Évidemment les Verdet étaient au courant, ils avaient donc emporté tout leur mobilier. La maison serait, d’ici le soir, remplit à nouveau.

Le lendemain, une belle journée s'annonçait. La veille ils avaient déballé les cartons, nettoyé la maison, rangé le mobilier et désigné qui prenait quelle chambre. Vers 21h, ils avaient manger, les filles étaient partit se coucher à 21h50 suivit de leur parent 30 mn après. Malheureusement, tout n'allait pas se passer comme prévu.



- AAAHHH !!! hurla Charlotte.



Elle se trouvait chez une gynécologue. Le bureau était plutôt petit avec des photos bizarres tout autour (cela remplaçait la tapisserie). Un bureau marron et une chaise à roulette, un pot à crayon avec des petites fleurs, des dossiers ensevelis... Cette pièce n'était pas bien luxueuse, et pourtant faisait partit du meilleur cabinet de Ferna – c'était d'ailleurs le seul. Les Verdet y étaient allé pour comprendre pourquoi Charlotte ne tombait plus enceinte malgré leurs efforts.

- Insuffisance ovarienne, affirma – pour la deuxième fois – la gynécologue, vous aller devoir prendre des médicaments (vitamines) et revenir une fois par mois pour que je vous contrôle.

- Heu, hum... Oui nous... allons y réfléchir, répondit Jean-Charles tout en soutenant sa femme horrifiée de cette nouvelle.



Ils se levèrent, Jean-Charles attrapa l'ordonnance et sortit en direction de sa voiture noire à peine plus petite qu'une limousine. Le chemin fut aussi silencieux qu'à leur sortit de chez le notaire, mais pas pour les même raisons. Cette fois, aucun sourire n'était visible et dans leurs yeux ne se lisait que colère et tristesse. Une fois rentrés, les Verdet discutèrent :

- Non mais tu te rends compte ?

- Charlotte... dit doucement Jean-Charles

- Non... Mais que va-t-on faire ? Je veux avoir d'autres filles ! Tu sais bien que ça me tient à cœur !

- Oui je sais, et je ne veux que ton bonheur, mais je...

- Je sais, tu ne veux pas payer les contrôles.

- Heu... répondit Jean-Charles en baissant la tête, si tu y tiens vraiment... Je veux bien accepter...

- Non... Enfin si... Mais non. Moi non plus je ne veux pas payer les contrôles. Une fois par mois ça reviendra trop cher !

- A la rigueur, nous pouvons toujours acheter les vitamines, lui dit-il en tendant l'ordonnance vers elle.

- Hum... réfléchit Charlotte, d'accord.



Le temps passa. Charlotte prenait ses vitamines, mais ne tombait toujours pas enceinte. Elle avait des crises de colère suivies de pleurs, au moins deux fois par jour, sans explication, ce qui inquiétait beaucoup Christelle et Jean-Charles.

- Dis*, pourquoi elle est comme ça maman ? demanda un jour Christelle à son père.

- Heu, tu sais... c'est privé.

- S'il te plaît, j'aimerais l'aider et ses crises me font de plus en plus peur.

- D'accord. En fait, elle voudrait avoir d'autres filles aussi belles et gentilles que vous toutes.

- D'autres enfants ?

- Oui, le problème c'est qu'elle n'y arrive plus.

- Oh... répondit-elle tristement.

(* Christelle et son père se tutoie quand ils ne sont que tous les deux)



Trois mois plus tard, la situation était la même. Charlotte était au bord de la dépression, les autres morts de peur. Une émission nommée « Adopter, c'est pour la vie » passa un soir pendant que les Verdet dînaient. Jean-Charles regarda attentivement sa femme qui regardait attentivement la télévision. Il cru apercevoir de la joie dans son regard, de l'espoir. C'était LA solution : ils devaient adopter !

Après une longue discussion, ils décidèrent d'aller en ville voir l'orphelinat. Mais pendant que Jean-Charles essayait en vain de convaincre sa femme de choisir un petit garçon, quelqu'un les observait :

- Mais chérie, un petit garçon, ça nous changerait…

- Jean-Charles j’ai dit non ! Ils n’ont aucune manière, ne savent pas s’habiller ni se coiffer et n’écoutent personne !

- Mais… Ça dépend de l’éducation…

- Non c’est non ! Je t’ai dit que j’aimais les filles et que je rêvais d’en avoir d’autres. Tu ne vas quand même pas détruire le rêve de ta chère épouse pour un garçon !

- Oh…. Oui ma chérie c’est d’accord. Je ne veux plus te voir aussi triste que ces trois derniers mois. Nous allons entrer et demander à voir les filles, tu pourras choisir celle qui te plaira le plus, céda finalement Jean-Charles.

- Merci mon chéri, dit Charlotte en lui offrant un baiser sur le front (chose qui n’arrive guère habituellement).



Après avoir enfin décidé, le couple se remit en marche en direction de l’orphelinat. Arriver devant ils trouvèrent une grande porte. Elle était belle, marron avec des formes incrustées dedans. On aurait dit qu’elle était en bois.

- Regarde ma chérie ! Comme cette porte est belle, remarqua Jean-Charles.

- Chéri, nous sommes pressés.

- Oh oui, désoler.



Les Verdet firent un pas quand un homme les appela :

- Excusez-moi, dit un homme aux longs cheveux noirs, est-ce que vous allez adopter ?

- Heu… oui mais qui…

- Chérie ! Ne lui réponds pas ! Nous ne savons pas qui est cet homme !

- Mon nom importe peu, Madame, dit-il en prenant la main de Charlotte et en lui déposant un baiser.

- Oh ! Oh mais qu’est-ce que vous… commença à dire Jean-Charles

- Chéri taisez-vous. Ce cher jeune homme m’a l’air de confiance, dit Charlotte charmée.

- Merci Madame. Voulez-vous me répondre maintenant ?

- Oh oh mais bien sûr. Nous allons adopter.

- Un garçon ?

- Non, une fille.



L’homme sourit. Il mit sa main dans sa veste et en sortit un drôle de bâton.

- Hyptica ! cria l’homme en tenant son bâton en direction des Verdet.

- Oh mais que…

- Jean-Charles…

- Vous allez m’écouter et m’obéir. Vous allez rentrer dans cet orphelinat…

- Nous allons rentrer dans cet orphelinat… répétèrent Jean-Charles et Charlotte.

- …et dire que vous voulez adopter une fille. Mais vous n’allez pas adopter n’importe laquelle ! Vous allez demander « celle que tout le monde fuit »

- Celle que tout le monde fuit…



Sur ces mots, les Verdet ouvrirent l'immense porte en bois et se dirigèrent vers le secrétariat. L'intérieur était blanc, une ambiance d'hôpital régnait dans cet orphelinat et cela ne donnait guère envie d'y rester. Parfois, on pouvait voir quelques « infirmières » passaient entre deux portes. Il n'y avait que des femmes, âgées et habillées de manière stricte. La secrétaire portait des lunettes rondes qui affinait son visage, elle portait un chignon bas et un tailleur gris. En voyant les Verdet arrivaient -et surtout en apercevant l'allure de Charlotte-, la secrétaire leva les yeux.

- Que voulez-vous ? dit-elle de manière robotique.

- Nous voudrions adopter.

- Un garçon ou une fille ? demanda-t-elle de la même manière.

- Une fille.

- Mais pas n'importe laquelle, « celle que tout le monde fuit », rajouta Jean-Charles.

- Très bien, suivez-moi.



La secrétaire les emmena dans un long couloir. Il y avait beaucoup de portes avec chaque fois un numéro gravé -style or-. Charlotte supposa qu'ils devaient être dans les dortoirs. Ils marchèrent un bon moment, la secrétaire ne se retournait jamais pour voir si les Verdet la suivait toujours, elle continuait de marcher jusqu'à ce qu'ils arrivent devant la dernière porte de cette aile. Quelque chose d'étrange émaner de cette porte, Jean-Charles était mal à l'aise.

Pourtant, a priori, il n'y avait rien d'anormal : c'était la même porte que toutes celles vu auparavant.

- Nous y sommes. Chambre 3459. La plus éloignée de toutes les chambres.

- 3 459... la plus éloignée ?? dit Jean-Charles en exprimant sa surprise.

- Oui, répondit-elle simplement.

- Mais qui a-t-il à l'intérieur de cette pièce ?

- Madame vous allez voir ça tout de suite.



Sur ces mots, la secrétaire ouvrit la porte. Dans cette chambre, la lumière entrait paisiblement par l'immense double fenêtre du fond. Les murs étaient dans les tons rosés, le lit était un simple matelas avec une petite couverture et beaucoup de peluches étaient éparpillées partout. Une petite fille devait vivre là, isolée du monde extérieur et des autres enfants, seule. La secrétaire dit juste « 3459 ! » et soudain, sortit de nulle part, une gamine était là, sous leurs yeux. Elle était petite et ne devait pas dépasser les 4 ans. Ses cheveux étaient long, châtains clair, attachés en deux mèches qui lui tombaient à côté des yeux. Ces derniers sont marrons foncés.

Charlotte resta bouche bée en voyant l'innocence que dégager cet enfant. Elle la trouvait rayonnante et... hypnotisante. En jetant un coup d'œil sur son mari, elle se rendit compte qu'il avait la même impression qu'elle.

- Je ne sais pas pourquoi, mais ici, les enfants ne l'aiment pas. Ils la fuient comme la peste. De peur qu'elle n'ai une maladie inconnue, nous l'avons recluse ici, expliqua la secrétaire.

- Pauvre enfant, chérie, nous devons la sortir d'ici !

- Oui Jean-Charles, c'est notre devoir.

- Vous la voulez ? Vous êtes sûr ?

- Oui, répondirent-ils en cœur.



La secrétaire sortit des papiers de la pochette qu'elle avait, elle les tendit au Verdet. Dessus avait été écrit « Formulaire d'adoption ». C’était des papiers quelconques, mais en les voyants, la petite fille qui les accompagnait eu un large sourire. Son visage s’illumina, elle rayonnée d’espoir : celui de sortir enfin de cet endroit.

Charlotte vit cette dernière, la voir sourire comme ça lui donna envie de se dépêcher de remplir les papiers et de repartir avec elle. Une fois les papiers signaient, Charlotte prit la petite fille par la main et partit, Jean-Charles sur ses talons.

Cela faisait longtemps que cet enfant n’avait pas sentie l’air frais sur son visage, entendu les oiseaux chanter en virevoltant… Elle avait vécu quatre longues années dans cette chambre, à l’écart de tous. Personne ne devrait vivre comme ça, encore moins un enfant.



Une fois sortit de l’orphelinat, les Verdet commencèrent à marcher quand soudain :

« Arrêtez-vous, tournez-vous et donnez-moi l’enfant »

A ces mots, les Verdet s’exécutèrent sous le regard surpris de la petite fille. Leurs jambes ne bougèrent plus, c’était comme s’ils attendaient que celui ayant prononcé ces mots leur donne un autre ordre. Quelle surprise lorsque la personne leur ayant dit ces mots s’approcha : c’était l’homme qu’ils avaient rencontré tout à l’heure, juste avant d’entrer dans l’orphelinat.

Il s'approchait, ou du moins un bruit de pas se rapprochait d'eux, seule l'enfant pouvait le voir puisqu'elle était la seule à bouger librement. En le voyant, elle prit peur et serra encore plus fort la main de Charlotte (celle-ci toujours figer sur place). L'homme était grand, très grand, il avait un regard perçant et la regardait avec un sourire aux lèvres. Sa main se posa sur ses épaules, elle aurait voulu dire « Lâchez-moi ! Je veux partir ! » mais aucun mot ne venait à elle : alors elle le laissa faire. On aurait dit un docteur en train d'examiner son patient. Ses yeux noirs se posèrent tout d'abord sur son front, puis redescendirent au niveau de ses lèvres, son cou, ses hanches etc... Pour finir sur ses yeux : cette petite avait de magnifiques yeux marron foncés et l'un l'autre regardait son reflet dans les yeux de son voisin.

Tout à coup, il se recula, ressortit le bâton de tout à l'heure et tout en le brandissant vers le ciel cria « Sonia téléport ici ! ». Rien ne se produisit. Les minutes passaient sans que rien ne change : Charlotte et Jean-Charles ne bougeaient pas (hormis leurs clignements d'yeux), l'homme attendait toujours dans la même position (bâton en direction du ciel, un sourire aux lèvres) et la petite fille aux cheveux châtains attendait à moitié caché derrière celle qui lui tenait la main.

SPLASH !!

Ce fut le bruit que fit une fille, une jeune fille, en atterrissant sur la terre ferme. Elle était belle, aussi belle que l'autre enfant. Deux. Elles étaient deux, se ressemblant pratiquement trait pour trait : celle qui venait d'arriver avec les yeux et les cheveux de la même couleur, marrons, mais il y avait des différences : ses cheveux étaient courts (coupe à la garçonne) et elle arborait un sourire diabolique.... Le même que cet homme !

« Ils sont peut-être parent... » se demanda intérieurement la première des enfants.

- C'est elle, n'est-ce pas ? demanda soudain la nouvelle arrivante.

- Oui, c'est elle, sans aucun doute, répondit l'homme.

- Alors, alors ? Tu l'as fait ? lui répondit-elle avec une once d'excitation dans la voix.

- Non, je ne pouvais pas le faire sans toi.

- Ah, c'est pour ça que tu m'as fait venir ! C'est dommage, j'étais occupée.... Mais ça ne fait rien ! Maintenant que je suis présente, je veux que tu commences !


La situation devint soudain étrange... L'homme attrapa -en quelques secondes seulement- le cou de celle qui venait de parler et, sur un ton de colère les sourcils baissés, lui dit :

- Veux est un mot que je ne veux pas t'entendre me dire, on est d'accord ?

- O-oui, on-on est d'accord, dit-elle dans une voix étouffée, j-je voulais dire : peux-tu commencer ?

- Mais bien sûr, place-toi comme il faut... Voilà, comme ça... Bien en face oui...



Les deux filles étaient à présent face à face, mais l'une restait cachée alors l'homme décida de faire quelque chose : « Bougez-là en face de Sonia et immobilisez-là ! ». Des bras se mirent à bouger, des corps à se tournaient et les deux filles se retrouvèrent parfaitement en face, comme si quelqu'un voyait son reflet dans un miroir.

- Ça risque d'être un peu douloureux...

- Dommage pour elle, répondit-elle d'un ton narquois.


L'homme brandit son bâton qu'il avait gardé en main depuis le début vers l'enfant que les Verdets gardaient immobilisée, ferma les yeux comme pour se concentrer et les rouvrit en criant « Enra corpus liyer ! ». Une lumière blanche aveuglante apparut, personne ne voyait ce qu'il se passait, mais quand cette dernière fut complètement dissipée, une chose atroce venait de se produire : des sortes de veines noires passaient du corps de Sonia à l'autre fille, elles étaient reliées par des... choses.

Un cri retentit soudain, rompant le silence et la vision d'horreur : c'était la petite fille qui venait de crier, un hurlement venant de toute son âme, elle n'avait à présent plus qu'un regard vide fixé sur ceux qui sortaient d'elle. Petit à petit, ces choses se dissipèrent et Sonia se mit à rire, l'homme l'imita par la suite. Les Verdets quant à eux étaient dans le même état robotique. Une brise de vent passa dans les cheveux coupés à la garçonne, en même temps qu'ils bougeaient pour aller vers la petite apeurée. Des lèvres se posèrent sur elle, suivit de près par une griffure sur la joue : c'était de la part de Sonia, juste avant de repartir. L'homme ne prononça aucun mot, ne fit pas comme Sonia (pas d'action envers l'effrayée). Il se contenta de regarder les Verdets en marmonnant quelque chose d'étrange qui fit réagir ces derniers : ils clignèrent deux fois de suite des yeux et examinèrent la situation dans laquelle ils se trouvaient à présent.

En regardant alentour, les yeux verts de Charlotte trouvèrent les yeux noirs de l'homme qu'elle avait déjà rencontré, il lui adressa un clin d'œil qui la fit rougir et tourna les talons.



Il partit simplement, avec un sourire narquois.
Le livre Christine Verdet- Christine et Glasgow
Allez voir le site spécial de mon roman !!

#2
Pseudo : Jacky Bourgogne
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Localisation : El Jadida Maroc
Inscrit le : 23/12/2009
Messages : 101
Pardonnez mon impudence, mais dans ce monde bien trop peu de gens parlent avec franchise , or je vois bien qu'en tout cas sur ce forum , personne n'a le "courage" de vous répondre afin de vous critiquer ou de vous encourager.
En quelques mots, votre écriture manque de maturité. Il n'y a pas à mon avis de recette pour devenir "écrivain" Certains ont ce don dés la naissance, d'autres ont besoin de le cultiver. (Pour ma part je m'y suis mis sur le tard ayant passé la 1ere partie de ma vie en temps que musicien.) Bref il vous faut encore travailler . C'est à dire lire beaucoup et écrire chaque jour ou chaque fois que cela vous est possible. Car c'est en forgeant qu'on devient forgeron comme dirait l'autre ;-))

Juste un petit exemple : Cette phrase : - Les filles ! cria Charlotte avec une voix si aiguë que seul un chien pouvait entendre, descendaient ! deviendra sous vos doigts éblouis, plus tard quelque chose comme ceci : "Les filles . Descendez ! vociféra Charlote d'une voix si aigüe que seul un chien eusse pu l'entendre.

Bien amicalement
Le livre Au delà


Jacky Bourgogne
Son site perso (artistique, littéraire et burlesque) : Jacky Bourgogne


#3
Pseudo : xianeko
forum auto-edition xianeko
Localisation : Tarn
Inscrit le : 23/04/2009
Messages : 17
Ah, je n'avais pas vu votre réponse donc désolée de ne répondre que maintenant.
Je ne prends pas à mal ce que vous me dites (oui car beaucoup l'aurait mal pris je pense), car vous ne dites que des choses vrai. Mais je n'écris pas à l'attention des adultes même si ils peuvent très bien aimer, j'écris pour des adolescents et beaucoup qui m'ont lu ont adoré justement ce style, mon style. Ce qui peut vraiment gêné ce sont mes fautes d'orthographes (et encore que depuis, j'en ai corrigés pas mal).
Donc pour le moment je ne changerai pas de style, mes lecteurs l'aiment comme ça ;)
Le livre Christine Verdet- Christine et Glasgow
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