Pseudo : Antoine de Bernières
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Inscrit le : 12/06/2010
Messages : 1
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Bonjour à tous :)
Je vous propose de découvrir mon premier recueil de nouvelles que j'ai sobrement intitulé Hank, et autres nouvelles. Il s'agit là de textes majoritairement courts pour lesquels j'ai tenté d'adopter un style humoristique et absurde. Etant donné qu'il sera mon premier pas dans le monde de l'édition (immense pas pour mes seize petites années), j'espère qu'il vous plaira. Pour vous faire une idée du style, je poste ici deux extraits du recueil.
Merci pour votre lecture et votre attention,
Antoine de Bernières
Les extraits :
I- FAUT-IL PARLER DE CHOSES FUTILES ?
Il existe des personnes n’ayant pas de conversation. A la question « Qu’aimez-vous dans la vie ? », ces personnes ne trouvent souvent qu’à répondre :
- Beaucoup de choses.
Que ce soit pour une raison ou une autre, elles peuvent être fières de battre des records de mutisme : rien ni personne ne serait capable de se taire aussi naturellement.
A l’opposé, à cette même question sur le goût de la vie, certaines personnes ne pourront se taire, si vous avez une certaine chance, qu’après avoir jeté une longue et chaotique tirade :
- Je tiens à vous répondre de façon claire et succincte. La vie est pour moi merveilleuse. J’aime l’amour, j’aime les gens, j’aime les jeux, j’aime l’argent. Que dire de plus si ce n’est que j’aime les arts, qu’ils soient six, sept ou huit ? J’aime aussi lire car lire est pour moi comme contempler un tableau. On y voit des gens, de l’action, des sentiments, de l’espoir, du désespoir, du bonheur, du malheur. Et c’est cela, la vie. J’aime la vie. La vie est pour moi un rayon de soleil qui illumine ma vie. Moi et ma vie aimons la vie qui nous illumine, vous comprenez ? Et cette lumière est vitale pour moi car sans la vie…nous serions morts, n’est-ce pas ? La vie nous est vitale. Mais je tiens à nuancer mon propos en vous disant que sans la vie, nous ne pourrions mourir, ce qui, à mes yeux semble être une quête capitale. L’immortalité n’est finalement que dépendante de l’ivitalité. La vie est faite de toutes ces sortes de néologismes. Et je tiens à les partager avec vous car notre communication me paraît être à l’origine de notre bonheur. Et sans bonheur…la vie ne vaudrait pas d’être vécue. Car c’est cela qu’il faut retenir : vie malheureuse n’est utile que pour mourir. C’est un philosophe qui l’a dit. Du XVIIème siècle. Ou peut-être du XVIIIème… La vie est faite de toutes ces sortes d’imprécisions. Mais, ne soyons pas pédants, cher ami : tâchons simplement de vivre sans se compliquer…la vie.
II- CHERE MARTHE
Chère Marthe,
Je t’envoie cette carte postale sur laquelle tu peux remarquer que les mouettes ne sont pas forcément les animaux dociles et compréhensifs que l’on croit. Maintenant que je suis vieux et flétri d’un peu partout, je comprends ce que l’oncle Robert nous disait à leur propos lorsqu’elles venaient sauvagement grappiller les miches de pain rassis que nous laissions naïvement sur le rebord du balcon.
Mais le principal intérêt de cette carte étant de te donner de mes nouvelles, je tiens à te signaler que je vais bien et que tu ne toucheras donc pas mon héritage avant quelques années, selon le Docteur Fierhomme.
C’est un homme bien bon. Il m’a récemment conté ses exploits à la faculté de médecine. L’art de la dissection est fascinant. Je tiens à ce que le premier de nous deux qui mourra dissèque l’autre. Ce sera une sorte d’activité charnelle post-mortem, vois-tu.
Il faut dire qu’elles sont de plus en plus rares au fur et à mesure que les années passent. Je ne sais pas pour toi, mais depuis notre divorce que je ne date plus, je m’ennuie d’une façon remarquable. Je ne tiens à philosopher –et surtout pas avec toi– mais se regarder s’ennuyer est une occupation d’autant plus passionnante qu’elle dépasse aisément toutes les émissions que le poste peut nous proposer en attractivité. Je me contemplais ainsi il y a moins d’une heure, et il faut dire que j’en finis tout remué. Il faut dire que j’étais en forme pour l’ennui, ce jour là. Depuis la mort de Rosbertha, en fait. Oui, ce fut une teutonne.
Voilà tout ce que j’avais à ne plus te dire, mais simplement envie de te rappeler.
Un vieil homme s’ennuyant (et espérant bien t’ennuyer aussi).

Je vous propose de découvrir mon premier recueil de nouvelles que j'ai sobrement intitulé Hank, et autres nouvelles. Il s'agit là de textes majoritairement courts pour lesquels j'ai tenté d'adopter un style humoristique et absurde. Etant donné qu'il sera mon premier pas dans le monde de l'édition (immense pas pour mes seize petites années), j'espère qu'il vous plaira. Pour vous faire une idée du style, je poste ici deux extraits du recueil.
Merci pour votre lecture et votre attention,
Antoine de Bernières
Les extraits :
I- FAUT-IL PARLER DE CHOSES FUTILES ?
Il existe des personnes n’ayant pas de conversation. A la question « Qu’aimez-vous dans la vie ? », ces personnes ne trouvent souvent qu’à répondre :
- Beaucoup de choses.
Que ce soit pour une raison ou une autre, elles peuvent être fières de battre des records de mutisme : rien ni personne ne serait capable de se taire aussi naturellement.
A l’opposé, à cette même question sur le goût de la vie, certaines personnes ne pourront se taire, si vous avez une certaine chance, qu’après avoir jeté une longue et chaotique tirade :
- Je tiens à vous répondre de façon claire et succincte. La vie est pour moi merveilleuse. J’aime l’amour, j’aime les gens, j’aime les jeux, j’aime l’argent. Que dire de plus si ce n’est que j’aime les arts, qu’ils soient six, sept ou huit ? J’aime aussi lire car lire est pour moi comme contempler un tableau. On y voit des gens, de l’action, des sentiments, de l’espoir, du désespoir, du bonheur, du malheur. Et c’est cela, la vie. J’aime la vie. La vie est pour moi un rayon de soleil qui illumine ma vie. Moi et ma vie aimons la vie qui nous illumine, vous comprenez ? Et cette lumière est vitale pour moi car sans la vie…nous serions morts, n’est-ce pas ? La vie nous est vitale. Mais je tiens à nuancer mon propos en vous disant que sans la vie, nous ne pourrions mourir, ce qui, à mes yeux semble être une quête capitale. L’immortalité n’est finalement que dépendante de l’ivitalité. La vie est faite de toutes ces sortes de néologismes. Et je tiens à les partager avec vous car notre communication me paraît être à l’origine de notre bonheur. Et sans bonheur…la vie ne vaudrait pas d’être vécue. Car c’est cela qu’il faut retenir : vie malheureuse n’est utile que pour mourir. C’est un philosophe qui l’a dit. Du XVIIème siècle. Ou peut-être du XVIIIème… La vie est faite de toutes ces sortes d’imprécisions. Mais, ne soyons pas pédants, cher ami : tâchons simplement de vivre sans se compliquer…la vie.
II- CHERE MARTHE
Chère Marthe,
Je t’envoie cette carte postale sur laquelle tu peux remarquer que les mouettes ne sont pas forcément les animaux dociles et compréhensifs que l’on croit. Maintenant que je suis vieux et flétri d’un peu partout, je comprends ce que l’oncle Robert nous disait à leur propos lorsqu’elles venaient sauvagement grappiller les miches de pain rassis que nous laissions naïvement sur le rebord du balcon.
Mais le principal intérêt de cette carte étant de te donner de mes nouvelles, je tiens à te signaler que je vais bien et que tu ne toucheras donc pas mon héritage avant quelques années, selon le Docteur Fierhomme.
C’est un homme bien bon. Il m’a récemment conté ses exploits à la faculté de médecine. L’art de la dissection est fascinant. Je tiens à ce que le premier de nous deux qui mourra dissèque l’autre. Ce sera une sorte d’activité charnelle post-mortem, vois-tu.
Il faut dire qu’elles sont de plus en plus rares au fur et à mesure que les années passent. Je ne sais pas pour toi, mais depuis notre divorce que je ne date plus, je m’ennuie d’une façon remarquable. Je ne tiens à philosopher –et surtout pas avec toi– mais se regarder s’ennuyer est une occupation d’autant plus passionnante qu’elle dépasse aisément toutes les émissions que le poste peut nous proposer en attractivité. Je me contemplais ainsi il y a moins d’une heure, et il faut dire que j’en finis tout remué. Il faut dire que j’étais en forme pour l’ennui, ce jour là. Depuis la mort de Rosbertha, en fait. Oui, ce fut une teutonne.
Voilà tout ce que j’avais à ne plus te dire, mais simplement envie de te rappeler.
Un vieil homme s’ennuyant (et espérant bien t’ennuyer aussi).


Hank, et autres nouvelles