Le blog thebookedition.comHumour et parodie




#1
Pseudo : André
forum auto-edition André
Localisation : Marseille
Inscrit le : 12/02/2010
Messages : 12
Les jeux de mots ne jouent-ils pas la grâce sauvage et baroque de l'enfance ? Comme disait Jean Cocteau "Tel le coeur et le sexe, le rire procède par érection. Rien ne l'enfle qui ne l'excite. Il ne se dresse pas à volonté". Le rire est à prendre au sérieux !

Poète, essayiste et humoriste, dans mon second ouvrage poétique intitulé "PARODIES ANTONYMIQUES"j’ai procédé à une compilation de poèmes sortant nettement des sentiers battus, en ce sens que chacun d’eux est associé à des phénomènes d’échos jouant sur la répétition, dans un contexte d’opposition, mais aussi de grande complicité. Les vers conservent ainsi leur musicalité tout en courtisant l’humour, exercice salutaire, car la liberté de la langue précède souvent la liberté de l’esprit. Ci-dessous un sonnet extrait de ces joyeuses turlupinades, et en vous remerciant par avance pour l’accueil que vous réserverez à ces « Parodies antonymiques ». Je serai heureux de pouvoir partager vos commentaires, réflexions ou questions sur le sujet. Je vous en remercie par avance.

André

Toujours main dans la main mes vers comptent leurs pieds,
Puisqu’on sait que des pieds dépend ce tour de main,
Et que de maints détails à avoir sous la main,
S’ensuit la main heureuse en les mettant sur pieds.

Pour ne pas perdre pied, moi, je leur tends la main,
Confiant, de pied ferme, afin qu’ils prennent pieds ;
Jamais au pied du mur pour les reprendre en main.

Un pied d’égalité, plutôt que main de maître,
Doit s’instaurer entre eux et moi pour y voir naître
Cette complicité, applaudie des deux mains.

Loyal, sans croche-pied, j’exerce une mainmise,
Portant au piédestal, dans les dernières mains,
L’ossature des vers, telle une friandise.


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#2
Pseudo : Orcus
forum auto-edition Orcus
Localisation : Val d'Oise
Inscrit le : 15/11/2007
Messages : 132
Bonjour André,

Pour une fois que l’humour est à l’honneur dans ce forum, ne boudons pas notre plaisir. Une remarque, toutefois : ce poème est à l’humour ce que les gammes d’un virtuose sont à la musique. Un exercice pour se délier les doigts ou la langue, un jeu, une mise en jambes (en pieds). L’émotion et le sens s’effacent au profit du plaisir enfantin du son des mots : pieds, pieds, pieds, mains, mains, mains. En contrepoint, voici une historiette basée sur le même principe (répétition et assonance) tirée d’un recueil où je m’amuse avec les lettres de l’alphabet.

OT

L'autre jour, dans la rue, je vois un Uhlan qui fonce sur moi, une lance rouge à la main. « OT vous de mon chemin », me dit-il. Je le trouvai assez culotté, et pour l'éprouver, frappai son cheval qui de son cul l'ôta. Vexé, il tenta de me calotter, mais je le devançai en de lui s'ôtant. A-t-il sauté? Ou toussoté ? Toujours est-il que son cheval, en contrepétant, fit un écart. Bien lui en prit car l'homme, lance à la main, la lui lança. Par bonheur il était de lance lente et nous pûmes, le cheval et moi, de la trajectoire s'ôter.
Moralité : L'homme, par le cheval, ne peut transmettre la chaude lance à l'homme.

Orcus
http://pierremariewindal.blogspot.com/
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#3
Pseudo : André
forum auto-edition André
Localisation : Marseille
Inscrit le : 12/02/2010
Messages : 12
"Bonjour André,

Pour une fois que l’humour est à l’honneur dans ce forum, ne boudons pas notre plaisir. Une remarque, toutefois : ce poème est à l’humour ce que les gammes d’un virtuose sont à la musique. Un exercice pour se délier les doigts ou la langue, un jeu, une mise en jambes (en pieds). L’émotion et le sens s’effacent au profit du plaisir enfantin du son des mots : pieds, pieds, pieds, mains, mains, mains. En contrepoint, voici une historiette basée sur le même principe (répétition et assonance) tirée d’un recueil où je m’amuse avec les lettres de l’alphabet.

OT

L'autre jour, dans la rue, je vois un Uhlan qui fonce sur moi, une lance rouge à la main. « OT vous de mon chemin », me dit-il. Je le trouvai assez culotté, et pour l'éprouver, frappai son cheval qui de son cul l'ôta. Vexé, il tenta de me calotter, mais je le devançai en de lui s'ôtant. A-t-il sauté? Ou toussoté ? Toujours est-il que son cheval, en contrepétant, fit un écart. Bien lui en prit car l'homme, lance à la main, la lui lança. Par bonheur il était de lance lente et nous pûmes, le cheval et moi, de la trajectoire s'ôter.
Moralité : L'homme, par le cheval, ne peut transmettre la chaude lance à l'homme.
"


Bonjour ORCUS, et merci pour cette réponse pertinente qui a retenu toute mon attention. Ce OT est très agréable à lire tant la fluidité et la répétition des sons accentue l'effet phonique, fondant le sens des sons sur celui des mots dans lequel ils apparaissent.

En coupant, en assemblant ou en torturant des mots que rien n'appelait à s'unir, on découvre un rire nouveau, loin de ce que la poésie peut paraître rébarbative ou hermétique, souvent, pour tous ceux qui pensent qu'elle ne peut s'ouvrir sur des horizons ludiques. Choyons nos "exquis mots", comme disait Breffort.

Bien entendu, ce genre d'exercice tout en observant les règles de la prosodie, en ce qui concerne mon ouvrage, est à rapprocher de la facétie, de l'ivresse de jouer avec les mots. Je le dis, par ailleurs, dans l'un des quelques soixante poèmes qui figurent dans le recueil :

Toujours main dans la main mers vers comptent leurs pieds,
Puisqu'on sait que des pieds, dépend ce tour de main...[...]


Un peu à l'image de la Fable express fondée sur la vertu drolatique du calembour, et dans la tradition des poètes du fameux "CHAT NOIR" dont Alphonse Allais, willy, Raoul Ponchon et autres Goudezki, Rodolphe Salis et Émile Goudeau sévissaient, je pense que l'encanaillement discret du quatrain est de nature à renouer avec cette époque des chansonniers, dont le grand Raymond Devos a été l'un des derniers et talentueux représentant. C'est un peu la "muse ironique" que je traite, sachant que le rire est le saut du possible dans l'impossible.

Chaleureuse amitié poétique, ORCUS.

André


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