Pseudo : YAGA
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Inscrit le : 24/02/2008
Messages : 36
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Bonjour à tous !
Après des années de dur et intensif labeur (hum hum), mon roman "L'Enfer artificiel" est enfin publié !
Un extrait est disponible sur la page du bouquin, mais celui-ci n'y est pas dans son intégralité.
C'est pourquoi, voici plus bas, l'extrait en entier. Enjoy !
J
‘ai prévu ce moment-là il y a bien longtemps. Je l’ai prévu car dans mes cultes c’est toujours ainsi : la petite gamine de seize ans qui après avoir eu une intense poussée d’hormones suit ses « copines ». Oui, parce qu’à cet âge-là, on se doit d’appeler ces présences op-portunistes et déloyales qui ne cessent de déverser une avalanche d’inepties honteuses sur votre compte et – en apparences mélioratives – « copines ».
J’aurais pu comme tous les autres appeler ces hypocrites « amies ». Mais cette dénomination-là est réservée aux personnes matures et remplies de bon sens qui leur per-mettent d’assumer pleinement leurs actes : on appelle cela des « adultes ». Vous aurez remarqué que j’ai utilisé le conditionnel passé dans le début de ma phrase précédente tout simplement parce que je n’aurai pas de « futur ».
Je n’aurai pas de « futur » car dans mes cultes on ne connaît jamais celui des intéressés, commué en un noir obscur infini. J’en conclus alors que cet indice temporel était une invention imaginée par les propagandistes staliniens dans le but d’adorer encore plus le tyran identifié au messie, et qui promettait alors un avenir florissant.
Ce moment-là, c’est celui du pre-mier rendez-vous chez le psychiatre, topos inéluctable dans mes cultes. Je ne sais pas comment s’appelle cet espèce de vioc poussiéreux en face de moi, paré de ses lunettes triple-grossissantes qui se dandinent sur son nez luisant de brillantine : il n’a pas encore compris que cette subs-tance oléagineuse était censée s’appliquer sur les cheveux dans les fifties où la coiffure à la Elvis était encore à la mode. Le bougre. Moi, je l’appelle Tête-de-Con.
Pourquoi s’embêter à l’appeler par son patronyme que cela soit Dupont ou encore Dugland si Tête-de-Con, ce surnom si poétique que j’ai attribué à l’identification du spécimen en putréfaction devant moi lui con-vient à la perfection ?
Ses lèvres s’agitent et tourbillon-nent vivement sur son visage livide recouvert de taches brunâtres et de mycoses. Sa peau creusée au relief capable de rivaliser avec la Vallée de la Mort me donnait la nausée et ses yeux aussi globuleux que ceux d’un poisson rouge accro aux speeds roulent successivement du regard de ma génitrice au mien. Je ne comprends le moindre mot qu’il réussit à articuler à l’aide du bout de viande avariée qui lui sert de langue. Ma mère, elle, semble agiter comme une attardée vigou-reusement sa tête de haut en bas pour approuver le toubib, mais je sais très bien qu’elle a assimilé ses insanités aussi bien que moi, c'est-à-dire pas du tout.
Si je suis aujourd’hui devant Tête-de-Con, c’est parce que mon oncle, ou mon beau-père (ma mère après avoir divorcé de mon géniteur s’est remariée avec l’ancien mari de sa sœur) a soumis l’hypothèse la plus niaise au monde après l’existence du para-dis.
Alors que je refusais de les accompagner à un festival médiéval pour regarder ma série fétiche à la télévision, il proclama que je pouvais être atteinte d’un état maniaco-dépressif (appelé encore troubles bipolaires) joint à une affection propre au XXIème siècle : le syndrome du culte de célébrités.
Lorsque Tonton-Beau-Papa émit cette connerie aussi remarquable que sa noix lui faisant office de cervelle, je fis éclater la bulle de chewing-gum que j’avais gonflée en prenant soin à ce que des particules aillent se répandre droit sur sa face de teckel.
Ma mère consulta dès lors avec beaucoup de mal son agenda over-booké et elle trouva miraculeuse-ment un emplacement libre de quinze minutes pour m’emmener chez le psychiatre qui s’occupa de son baby blues lorsqu’elle m’eut (par accident).
Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, j’admire avec exaltation la face vérolée de Tête-de-Con.
Je le regarde, le fixe des yeux. J’incline légèrement mon menton vers le bas, et avec un rictus jaune au lieu de mon habituel sourire blanc, je lèche délicieusement ma lèvre supérieure avant de mordiller tendrement l’inférieure. Je déboutonne deux boutons de ma chemisette grise et lâche ma crinière blonde de l’étreinte serrée de ma pince incrustée de faux diamants, tout en remuant soigneusement ma nuque, à la manière d’un mannequin américain pour un produit capillaire. Son regard désormais est bloqué sur moi : ses globes oculaires ne tournent plus. Les mots formés par ses cordes vocales usagées sortent avec diffi-culté de sa bouche caverneuse et de fines gouttes de sueur s’écoulent de son front, mais pas autant que lorsque je commence à lui faire discrètement du pied sous la table. Ce sont désormais de grosses micelles d’hydrorrhée qui se déversent à grand flot et s’écrasent sur les documents jaunis du psychiatre, formant des auréoles crasseuses sur ses feuilles parfumées au moisi champêtre.
Je sens ma mère à côté de moi qui me tapote l’épaule et me demande vaguement si je préfère des neuro-leptiques ou des benzodiazépines. Selon les recommandations du médecin, il est préférable que le patient choisisse l’antidépresseur avec lequel il aura, je cite, le « plus d’affinités ».
Ma mère me dévisage, le toubib me contemple. Tout les deux marmonnent des niaiseries in-cessantes et tels des juges enragés devant l’accusé, attendent impatiemment une réponse d’entre mes lèvres nappées de gloss. Je les ouvre délicatement et siffle :
— La ferme Tête-de-Con.

Après des années de dur et intensif labeur (hum hum), mon roman "L'Enfer artificiel" est enfin publié !
Un extrait est disponible sur la page du bouquin, mais celui-ci n'y est pas dans son intégralité.
C'est pourquoi, voici plus bas, l'extrait en entier. Enjoy !
J
‘ai prévu ce moment-là il y a bien longtemps. Je l’ai prévu car dans mes cultes c’est toujours ainsi : la petite gamine de seize ans qui après avoir eu une intense poussée d’hormones suit ses « copines ». Oui, parce qu’à cet âge-là, on se doit d’appeler ces présences op-portunistes et déloyales qui ne cessent de déverser une avalanche d’inepties honteuses sur votre compte et – en apparences mélioratives – « copines ».
J’aurais pu comme tous les autres appeler ces hypocrites « amies ». Mais cette dénomination-là est réservée aux personnes matures et remplies de bon sens qui leur per-mettent d’assumer pleinement leurs actes : on appelle cela des « adultes ». Vous aurez remarqué que j’ai utilisé le conditionnel passé dans le début de ma phrase précédente tout simplement parce que je n’aurai pas de « futur ».
Je n’aurai pas de « futur » car dans mes cultes on ne connaît jamais celui des intéressés, commué en un noir obscur infini. J’en conclus alors que cet indice temporel était une invention imaginée par les propagandistes staliniens dans le but d’adorer encore plus le tyran identifié au messie, et qui promettait alors un avenir florissant.
Ce moment-là, c’est celui du pre-mier rendez-vous chez le psychiatre, topos inéluctable dans mes cultes. Je ne sais pas comment s’appelle cet espèce de vioc poussiéreux en face de moi, paré de ses lunettes triple-grossissantes qui se dandinent sur son nez luisant de brillantine : il n’a pas encore compris que cette subs-tance oléagineuse était censée s’appliquer sur les cheveux dans les fifties où la coiffure à la Elvis était encore à la mode. Le bougre. Moi, je l’appelle Tête-de-Con.
Pourquoi s’embêter à l’appeler par son patronyme que cela soit Dupont ou encore Dugland si Tête-de-Con, ce surnom si poétique que j’ai attribué à l’identification du spécimen en putréfaction devant moi lui con-vient à la perfection ?
Ses lèvres s’agitent et tourbillon-nent vivement sur son visage livide recouvert de taches brunâtres et de mycoses. Sa peau creusée au relief capable de rivaliser avec la Vallée de la Mort me donnait la nausée et ses yeux aussi globuleux que ceux d’un poisson rouge accro aux speeds roulent successivement du regard de ma génitrice au mien. Je ne comprends le moindre mot qu’il réussit à articuler à l’aide du bout de viande avariée qui lui sert de langue. Ma mère, elle, semble agiter comme une attardée vigou-reusement sa tête de haut en bas pour approuver le toubib, mais je sais très bien qu’elle a assimilé ses insanités aussi bien que moi, c'est-à-dire pas du tout.
Si je suis aujourd’hui devant Tête-de-Con, c’est parce que mon oncle, ou mon beau-père (ma mère après avoir divorcé de mon géniteur s’est remariée avec l’ancien mari de sa sœur) a soumis l’hypothèse la plus niaise au monde après l’existence du para-dis.
Alors que je refusais de les accompagner à un festival médiéval pour regarder ma série fétiche à la télévision, il proclama que je pouvais être atteinte d’un état maniaco-dépressif (appelé encore troubles bipolaires) joint à une affection propre au XXIème siècle : le syndrome du culte de célébrités.
Lorsque Tonton-Beau-Papa émit cette connerie aussi remarquable que sa noix lui faisant office de cervelle, je fis éclater la bulle de chewing-gum que j’avais gonflée en prenant soin à ce que des particules aillent se répandre droit sur sa face de teckel.
Ma mère consulta dès lors avec beaucoup de mal son agenda over-booké et elle trouva miraculeuse-ment un emplacement libre de quinze minutes pour m’emmener chez le psychiatre qui s’occupa de son baby blues lorsqu’elle m’eut (par accident).
Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, j’admire avec exaltation la face vérolée de Tête-de-Con.
Je le regarde, le fixe des yeux. J’incline légèrement mon menton vers le bas, et avec un rictus jaune au lieu de mon habituel sourire blanc, je lèche délicieusement ma lèvre supérieure avant de mordiller tendrement l’inférieure. Je déboutonne deux boutons de ma chemisette grise et lâche ma crinière blonde de l’étreinte serrée de ma pince incrustée de faux diamants, tout en remuant soigneusement ma nuque, à la manière d’un mannequin américain pour un produit capillaire. Son regard désormais est bloqué sur moi : ses globes oculaires ne tournent plus. Les mots formés par ses cordes vocales usagées sortent avec diffi-culté de sa bouche caverneuse et de fines gouttes de sueur s’écoulent de son front, mais pas autant que lorsque je commence à lui faire discrètement du pied sous la table. Ce sont désormais de grosses micelles d’hydrorrhée qui se déversent à grand flot et s’écrasent sur les documents jaunis du psychiatre, formant des auréoles crasseuses sur ses feuilles parfumées au moisi champêtre.
Je sens ma mère à côté de moi qui me tapote l’épaule et me demande vaguement si je préfère des neuro-leptiques ou des benzodiazépines. Selon les recommandations du médecin, il est préférable que le patient choisisse l’antidépresseur avec lequel il aura, je cite, le « plus d’affinités ».
Ma mère me dévisage, le toubib me contemple. Tout les deux marmonnent des niaiseries in-cessantes et tels des juges enragés devant l’accusé, attendent impatiemment une réponse d’entre mes lèvres nappées de gloss. Je les ouvre délicatement et siffle :
— La ferme Tête-de-Con.


La ferme, Tête-de-Con