Aucun soucis. J'ai un poème que voici :
Chaperon des étoiles
Année 1956 : Ruelle d’un quelque part aux attraits pourpres.
Il est seize heures et les foyers s’envolent. Il est des jours où les écoliers trainent leurs sacs comme de vieux corps rouillés, où les hommes pendent leurs ombres aux paliers, droites comme de grands démons masqués.
Alors il est des lunes qu’on accroche à nos avenues, celles qui s’agrippent aux murs de peur de s’envoler. Il est seize heures mais le ciel est noir, les veuves se courbent de tristesse et les linceuls s’envolent par coups d’espoir pour dégréner la nuit.
Les ruelles sont assassines, elles se craquent d’ennui puis dévorent vos rêves, s’épongent de vos récits puis s’emparent de vos trêves comme une veine course après la vie.
Ville au coin du monde, 18 juin 1956.
Un jour un homme a dit : « L’aisance est à porter sous une vision de paix digne de son nom… ».
Voilà bientôt trois ans que j’erre sous un pont pour voir couler ma vie. On dit des villes rayonnantes le plus beau des sacres, celles qui brillent aux mouvements, aux fines foulées de jambes qui claquent l’usure de la vie par envolées de cendres pour plaider l’évasion.
Depuis quelques mois Plambourg dite ville du festin, du rire et du commerce paraît bien morne. Autrefois, les places étaient bavardes et les rues chantantes, les femmes dansaient leurs robes pommes et leurs chapeaux de cabarets. Certains hommes fumaient, parfois quelques cigares jusqu’à se désosser les doigts et quelques sèches entassées pour garder bon aspect. Mais voilà qu’aujourd’hui, ces êtres consumés d’un autre temps se laissent faner d’une âme bien charitable. Les pétards ne sont plus du jeu, ils errent sur les trottoirs de flaques en flaques, sur le reflet d’un nuage, espérant s’envoler.
Lorsque le jour se lève, les rues s’inondent de braques échouées, ces grands navires en fer chavirant d’un regard sous la brume du matin. Les murs crachent le jour comme un appel à l’aide puis s’étouffent au clair de lune.
Les hommes s’étendent, certains pendus, valsant aux mélodies du vent et d’autres s’arment de cordes pour faire tomber le ciel. Alors les culs de sacs se parent de mystères, plongés dans l’infini, dans les recoins d’un monde. Alors les couples dansent puis s’envolent comme un vague à l’âme, et les chercheurs d’or s’emparent de rêves à la poursuite des incestes pitreries comme des chaperons d’étoiles.
Sur le rebord du monde, comme du sable en mer,
19 juin 1956.
Plambourg… on dit bien des rumeurs sur ses vallées, ses rives et ses femmes. Il y a de ça cent ans, un château s’élevait près de l’océan, les gens courraient sur le sable à s’y décrocher les pieds, s’entassant sur les ponts, craqués d’exaltation. Lorsque le soir s’avançait les ruelles se saoulaient du rire et les maisons des bas côtés se penchaient comme des arches, les yeux écarquillés. Il y avait des conteurs sur les places et des bars vides où la mousson des verres s’envolait aux jupes sensuelles, ces robes de lèvres sanguines qui brassaient l’ennui. Les couples s’éloignaient près des vagues pour voguer leurs mains d’envie, et plus loin, inconscients, il y avait ces jeunes enfants, fils de soldats et fils de geôliers, qui s’emparaient de rêves, cloitrés dans leurs pâtés de sables, et comme pris de folies, ils accablaient le sol de coups, les mains comme des pioches, frappant le sol pour faire grandir la mer.
Sur les bancs du port, les vieux matelots s’étouffaient de leur âge, inspirant la brise que l’océan leur offrait, puis ils soufflaient les voiles des galions à s’imploser le corps pour faire valser leurs souvenirs.
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Ou sinon :
Rio de Gens'héros.
Il y avait ces femmes aux chapeaux pommes,
Traçant le ciel d’une main courante
Pour s’évader du monde ;
Il y avait ces hommes qui s’élançaient au vide
Ces fanfares de cotillons fous,
Qui s’écrasaient aux murs,
Et ces vieux pantins mous,
Qui vieillissent à l’usure,
Comme un sourire sous les attraits
Du temps.
Il y avait ces femmes aux chapeaux pommes,
Et le désir qui croulait
Comme un brin d’essentiel
Sous leurs jupes monotones.
Pourtant
Lorsque le jour daigne s’éteindre
On voit ces êtres
Dont l’horizon semble se mouvoir
Et ces femmes
Qui cambrent leurs silhouettes
Comme un vieil homme âgé.
Il y avait ces danseuses colorées
Qu’on croquait comme des pommes
Et leurs robes flottent au vent
- crépuscule dévoilé-
Et le plaisir se déboutonne
Sur un tableau de nuages blancs.
Et même si
L’on voit ces jeunes mômes,
Lancer leurs frondes au ciel
Pour s’élever doucement,
L’avenir trône dans ma rue,
Grand spectacle incongru,
Et l’on veille nos étoiles
Lorsque les soirs défilent
Etouffés sous ces preux
Lampadaires.
Il y avait des femmes aux chapeaux pommes,
Traçant le ciel, perdues dans l’horizon,
Et les danseuses s’élancent
Sous leurs robes sans attraits,
Alors le crépuscule se déboutonne,
Sous mon sourire des plus abstraits
Et le plaisir s’évade en déraison
Comme un brin d’essentiel.
Bien à vous, et merci.
Damien.C
" L'écriture est l'évasion de la personnalité ... " Damien Corbet.




