Merci Missette ! (ça valait donc le coup que je me casse la tête et que j'y passe des heures, sur cette couverture, lol !)
Pour les extraits, ça tombe bien, en voici un autre qui, si je ne me trompe pas, fait directement suite à l'extrait dispo sur TBE :
Voici donc un premier extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre. Il s'agit tout simplement du début du premier chapitre. Cependant, ce n'est pas tout-à-fait le début de l'histoire, puisque ce premier chapitre est précédé d'un prologue de deux pages. L'action se passe en 2716 :
" Il faisait nuit noire dans la maison, et tout était silencieux. Cependant, tout le monde ne dormait pas. Une silhouette élancée de jeune femelle apienne se glissa sans bruit au troisième et dernier étage. Elle s'arrêta devant une porte, puis composa un code sur le clavier numérique de la serrure électronique. Le battant coulissa dans un chuintement.
La silhouette pénétra dans la pièce. C'était une chambre étriquée, ayant pour tout ameublement un lit basique, une petite armoire, une petite table de travail et une chaise. Dans le lit, on pouvait deviner un corps endormi.
La jeune femelle apienne laissa tomber au sol son peignoir, se glissa nue sous le drap et se blottit contre le dormeur, qui se réveilla en sursaut.
« Kali, tu ne devrais pas être ici, fit l'occupant du lit. Je te rappelle que tu te maries demain.
— Je m'en contrefiche à un point, tu n'as pas idée, rétorqua Kali.
— Si l'on nous surprend, c'est la mort pour tous les deux. Et tu risques d'être surveillée cette nuit.
— Owen, il est hors de question que je me prive de cette dernière nuit avec toi, protesta Kali. Demain, je te perdrai pour toujours, et je devrai passer mes nuits avec cet imbécile de Borann.
— Il ne doit pas être si imbécile que ça pour être déjà Capitaine...
— C'est un imbécile, point. N'essaie pas de le défendre !
— Pourtant, je préférerais me dire que tu seras heureuse, ou au moins satisfaite, avec lui. Parce que te perdre en sachant que tu seras heureuse, ça rendra la pilule plus facile à avaler.
— Dis-toi bien une chose, Owen, c'est toi et toi seul que j'aime, tu comprends. Autant ne pas te bercer d'illusions, je ne pourrai pas être heureuse loin de toi. »
Owen effleura la joue de Kali, et dans ce geste on percevait tout l'amour et toute la douleur de cet instant. Il se rapprocha de Kali et l'embrassa doucement sur les lèvres.
« Je t'aime, Kali, et crois-moi, s'il existait un moyen d'empêcher ce mariage, je l'utiliserais, quoi qu'il doive m'en coûter. Malheureusement, nous savons tous les deux que c'est impossible, et si l'on nous surprenait ensemble, même ton statut de noble ne nous sauverait pas, ni toi, ni moi.
— Je sais tout cela, Owen. Et je n'ai pas envie de gâcher ma dernière nuit avec toi en poursuivant cette discussion inutile. »
Les apiens voient dans le noir presque aussi bien qu'en plein jour. Kali lisait la tristesse et l'amour dans les yeux de son amant. Elle n'ignorait pas qu'Owen, bien qu'il fût humain, voyait aussi bien qu'elle, et pouvait lire la même tristesse et le même amour dans ses yeux à elle. Ils s'embrassèrent avec fougue, et s'abandonnèrent à des étreintes passionnées. Cela faisait quatre ans qu'ils étaient amants, bravant ainsi presque quotidiennement l'interdiction absolue pour les deux races d'avoir des relations intimes. Comme l'avait souligné le jeune homme, cette règle ne souffrait aucune exception, et même un noble serait exécuté s'il était reconnu coupable de ''fraternisation'' avec un humain.
« Tu devrais retourner dans ta chambre, fit Owen quand ils se séparèrent.
— Non, répondit Kali, je veux profiter de chaque minute qu'il me reste à passer avec toi. Par la Grande Divinité, pourquoi continuer avec cette ridicule coutume de fiançailles précoces ?
— S'il n'y avait pas eu ces fiançailles avant ta naissance, nous ne nous serions probablement jamais rencontrés.
— Si Mère n'avait pas eu de problèmes de santé, nous ne nous serions jamais rencontrés non plus ! rétorqua Kali. Ce n'est pas grâce aux fiançailles anticipées, mais parce que ma mère n'a pas pu avoir de mâle après ma naissance, comme le veut la loi de l'équilibre...
— … qui exige qu'une femelle apienne ait un nombre identique d'enfants de sexe opposé, je sais. Mais à cause des fiançailles, tu ne pouvais pas fréquenter d'autres mâles en dehors de ta famille, même humains. Seuls les esclaves font exception, et c'est pour ça que tes parents m'ont acheté.
— Sans cette coutume idiote, tu aurais été affranchi avant même de passer le seuil de cette maison. Au lieu de ça, tu as le statut d'un animal de compagnie, ne me dis pas que ça ne te fait rien.
— Ce n'est pas que ça ne me fait rien, mais ici, je ne me suis jamais senti traité comme un animal. Il n'y a que les apiens extérieurs à la maison qui me traitent mal, et je me moque bien de ce qu'ils pensent. Et, de toute façon, maître Gobal m'a dit que je serai affranchi sitôt la cérémonie de mariage terminée.
— Père n'a jamais voulu d'esclaves, alors c'est logique. C'est grâce à cela que tu as pu suivre ma scolarité. Songe que tu dois être le seul humain à avoir suivi les cours apiens.
— Je sais, fit Owen en souriant. Et je sais aussi que bien des fois, j'ai fait tes devoirs de sciences à ta place, parce que tu n'y comprenais rien.
— Et Père s'en est aperçu, et c'est pour ça qu'il m'a permis d'arrêter les sciences, et qu'il t'a offert le module d'apprentissage des sciences.
— Que j'ai presque fini, d'ailleurs. Écoute, si tu ne veux pas retourner dans ta chambre, tâchons au moins de dormir, sinon tu feras une tête d'enterrement le jour de ton mariage.
— Au moins, ça aura le mérite de refléter la réalité ! »
Sur ces mots, Kali vint se blottir auprès d'Owen, qui lui déposa un baiser sur le front. Le vibrato* de Kali lui criait tout son amour et il regrettait que les humains ne soient pas dotés d'un organe similaire, car il ne pouvait exprimer aussi clairement l'intensité de ses sentiments pour celle qui était sa maîtresse, dans deux sens bien opposés. Les deux jeunes gens s'endormirent, le cœur rempli d'émotions contradictoires."
D'autres extraits sont disponibles sur mon site perso, mais je les mettrais ici au fur et à mesure.
Bonne lecture et bonne journée
Cordialement,
Isabelle
visitez mon site : http://lepostscriptum.perso.sfr.fr
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