Le blog thebookedition.com"Lombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre"




#11
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Un deuxième extrait ? Allez, au diable l'avarice !

Owen, parti faire une course, rencontre un membre de la résistance. Ce dernier lui fait une importante révélation.

« Pss, Owen, par ici », fit une voix, en bascom.
Intrigué, le jeune homme s'arrêta et regarda dans la ruelle d'où provenait la voix. Elle était sombre, mais Owen pouvait nettement distinguer une silhouette à demi dissimulée derrière une caisse.
« Owen, approche-toi vite, avant qu'un soldat ne vienne fourrer son nez par ici, insista la voix.
— Que me voulez-vous ? demanda Owen, bien décidé à ne pas s'aventurer dans ce recoin à l'écart.
— Il faut que je te parle de ta mère », dit la voix.
Intrigué, Owen fit un pas dans la ruelle, puis s'interrompit. Et si c'était un piège ?
« Je ne peux pas faire confiance à quelqu'un qui se cache, lança-t-il. Montrez-vous ! »
La silhouette sortit de sa cachette, et Owen put voir un homme âgé d'une cinquantaine d'années, de grande taille, solidement bâti, les cheveux bruns longs noués sur la nuque. L'homme arborait une barbe de plusieurs jours, une cicatrice était nettement visible sur sa pommette droite, et ses yeux noirs semblaient ne jamais rester immobiles plus d'une demi-seconde, courant d’Owen à la rue principale, revenant vers Owen, scrutant les façades des immeubles alentour.
« Tu es satisfait ? demanda l'homme. Alors dépêche-toi, je prends un gros risque en te parlant ici. »
Owen se décida. L'homme avait effectivement l'air de craindre quelque chose, mais Owen n'avait jamais entendu dire que des humains avaient attaqué d'autres humains, aussi supposa-t-il qu'il ne courait aucun danger.
« Que me voulez-vous ? demanda encore Owen.
— Je te l'ai dit, il faut que je te parle de ta mère, et aussi de ton père par la même occasion.
— Je vous écoute.
— Tout d'abord, sache-le, je fais partie de la Résistance.
— Quoi ! s'exclama Owen. Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ?
— Peu importe. Par contre, tu seras sans doute heureux d'apprendre que je fais partie du groupe qui t'a sauvé la vie quand tu n'étais qu'un nourrisson.
— Comment cela ? De quoi parlez-vous ?
— Il y a presque vingt-trois ans maintenant, nous avons aidé ta mère à se cacher jusqu'à son accouchement. Elle avait ''fraternisé'' avec un apien, son maître en l'occurrence, et s'était retrouvée enceinte. Malheureusement pour elle et pour son maître, qui l'aimait, leur histoire s'est sue, et ils ont été traqués par les soldats. Ils devaient être traduits devant une cour de justice et condamnés à mort pour avoir eu des relations intimes prohibées.
— Quoi ? Vous vous fichez de moi ?
— Non, mon gars. Le maître de ta mère s'est fait prendre presque tout de suite, car il n'a pas cherché à fuir, mais ta mère a réussi à nous contacter, et nous l'avons aidé dans sa cavale jusqu'au moment de l'accouchement. Tu es né, ainsi que ta sœur jumelle, le 08 Dostina* 2694, selon le calendrier apien.
— Vous dites n'importe quoi ! rétorqua Owen. Je n'ai pas de sœur !
— Évidemment, tu ne peux pas le savoir, elle est morte quelques heures après votre naissance. As-tu saisi l'importance de ce que je viens de te dire ? Ton père était un apien, ce qui signifie que tu es hybride !
— Oh oui, j'ai effectivement l'air très hybride, railla Owen, sarcastique. Hybride humano-humain, peut-être ?
— Tu trouves normal d'avoir l'ouïe aussi fine ? demanda l'homme. D'avoir une vue si perçante, y compris la nuit ? Cela fait un moment que nous te suivons, jeune coq ! Mais tu veux une preuve ? Mets donc ta carte d'identité dans cet analyseur d'A.D.N., et tu verras. »
Owen fit ce que lui demandait l'homme, le sourire aux lèvres. Il n'avait jamais entendu pareille stupidité ! L'unité d'analyse était standard, aucune modification n'était possible, car le disque dur contenant les programmes était verrouillé contre l'écriture. L'appareil se contenterait de lire les données A.D.N. inscrites sur son badge et le résultat serait fiable. Quelques minutes plus tard, l'unité signala la fin de son travail d'un bip discret. L'analyse s'afficha, et Owen en resta bouche bée. L'homme avait raison, il avait 43 % d'A.D.N. apien !
Owen dut s'appuyer sur le mur pour se ressaisir.
« Alors, jeune coq ? Je raconte des craques ? demanda l'homme avec un sourire goguenard.
— Non, je vous crois. Mais si c'était juste pour me dire ça, je m'en serais bien passé.
— Ça, ce n'est que le début de ce que j'avais à te dire. Sais-tu pourquoi les apiens ont interdit les relations intimes entre humains et apiens ?
— Pour préserver la pureté de leur race, répondit Owen.
— Ça, c'est le discours officiel. La vraie raison est que, par un phénomène que personne ne peut encore expliquer, les hybrides développent des capacités un peu particulières, dont les apiens ont peur.
— Quelles capacités ? Je n'ai aucune capacité particulière, moi, protesta Owen.
— Parce que tu n'as pas encore eu l'occasion de t'en rendre compte. Et nous-mêmes, nous ignorons sous quelles formes ces capacités se présentent. Nous savons juste que cela a quelque chose à voir avec les molécules, mais c'est tout.
— Eh bien, merci pour toutes ces révélations ! lança Owen, ironique. Avec tout cela, je vais pouvoir faire de beaux rêves !
— Owen, il faut que tu rejoignes la Résistance. Tu serais un atout pour nous.
— Il est hors de questions que je rejoigne un groupe de terroristes, lâcha Owen avec une moue de dégoût.
— Et si tu écoutais un peu ce qu'en disent les humains, au lieu de te fier à la propagande gouvernementale apienne ? s'exclama l'homme avec colère. Nous n'avons jamais visé des cibles civiles. Nous ne nous attaquons qu'aux militaires et aux esclavagistes ! Alors, ne m'insulte pas en me traitant de terroriste !
— Peu m'importe ! Je suis très content de ma vie, je n'ai pas l'intention de la ficher en l'air pour un mouvement qui de toute façon ne sert absolument à rien ! Il y a toujours autant d'esclaves, Providence est toujours sous blocus apien, et les humains libres n'ont presque aucun droit ! Alors, expliquez-moi à quoi vous servez ?
— On sert par exemple à sauver des nourrissons qui auraient été exterminés sans pitié si nous n'avions pas été là, rétorqua froidement l'homme. Tu oublies que la petite vie qui te convient si bien, c'est à nous que tu la dois. »

J'ajoute que cinq extraits sont disponibles sur mon site (lien ci-dessous), je les mettrais au fur et à mesure sur ce post.
En espérant vous mettre un peu l'eau à la bouche, lol.
Bonne continuation à tous !
Isabelle
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#12
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Troisième extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre.
La Résistance s'apprête à lancer une opération pour libérer des esclaves sur Ape.
Cette opération, bien que n'ayant pas a priori une importance fondamentale, marque un tournant, en ce sens où les résistants attendent depuis quatre cents ans de pouvoir frapper.



L'assemblée se rassit d'un seul mouvement. Un silence attentif succéda. L'Amirale Delenko balaya la salle du regard, et l'ombre d'un sourire passa fugitivement sur son visage.
« Mesdames et Messieurs, commença-t-elle. Depuis trop longtemps, nous subissons le joug des tyrans apiens, nos frères sont réduits en esclavage sur Ape, et sur Providence, les humains ne sont même pas libres de vivre comme bon leur semble. Notre mouvement cherche depuis quatre cents ans le moyen de libérer nos frères opprimés. Aujourd'hui enfin, nous avons la possibilité de marquer des points contre l'oppresseur. Chacun des groupes dont vous faites partie a reçu il y a plusieurs semaines des instructions pour les préparatifs de la mission qui nous occupe. Les rapports, centralisés par le Colonel Kelko, montrent que désormais, nous sommes prêts ! »
Une salve d'applaudissements ponctua cette entrée en matière. La fierté se lisait dans tous les regards. L'Amirale Delenko sourit, puis leva la main pour réclamer le silence.
« Colonel Kelko, voulez-vous exposer les caractéristiques de la mission ?
— Avec grand plaisir, Amirale. Bien, reprit-il après s'être éclairci la voix, pour cette mission, nous avons décidé de prendre quelques précautions offensives, c'est pourquoi la ''flotte'' sera composée d'un croiseur, d'une frégate, et de deux corvettes. Il s'agira respectivement du Corey Asson, du Vaillant, du Sagittaire, et du Baroudeur. Trois navettes de dix places descendront vers Ape et se poseront au pôle Sud de la planète. De là, un groupe de commandos se portera au contact des travailleurs humains, neutralisera les techniciens apiens et tous les humains embarqueront à bord des trois navettes. Concernant les détails techniques, l'ingénieur Nyla, qui connaît les systèmes informatiques apiens, forcera les codes de sécurité des satellites de notre zone de débarquement afin de créer un effet miroir qui masquera nos navettes. Une fois sur place, les commandos, en tenue de camouflage, approcheront discrètement des apiens et les neutraliseront en les assommant à l'aide de simples bâtons. Enfin, les commandos et les esclaves libérés embarqueront à bord des navettes, qui regagneront le Corey Asson, l'ingénieur Nyla rétablira les connexions normales des satellites, et nous rentrerons chez nous, ni vus, ni connus. Des questions ? Des commentaires ? Des critiques, peut-être ? »
Les personnels des différentes catégories échangeaient des regards étonnés. Le compartimentage des informations avait été tel que chacune des différentes sections ignorait tout de ce que devait faire les autres, et le plan d'ensemble ainsi exposé en avait surpris plus d'un. Le chef de la section de commandos retenue pour la mission, un Lieutenant filiforme, leva la main. Le Colonel le désigna d'un geste. Le soldat se mit au garde-à-vous et se présenta :
« Lieutenant Marchal Philippe, chef de l'escouade 4 des commandos, mes respects, Amirale. Je souhaiterais juste avoir des précisions sur un détail : pourquoi trois navettes ? Il me semble que nous avons des navettes de plus grandes capacités qui nous éviteraient d'avoir à mobiliser trois appareils.
— C'est pertinent, convint le Général Sanchez. Cependant, cette solution a été écartée en raison du trop grand risque qu'elle représente. Non seulement une navette de plus grande taille risquerait d'être vue à l'œil nu de plus loin, mais en plus, si un problème survient concernant la navette seule, c'est toute la mission qui est compromise. Avec trois navettes, s'il y a un problème technique quelconque, cela ne gênera qu'une partie du groupe. D'autres questions ?
— Major Ravintaj Divyhan, pilote de la navette Alpha pour cette mission, se présenta un autre soldat après avoir eu la parole. Au risque de paraître stupide auprès de l'État-Major et des Commandos, pourquoi assommer les apiens avec des bâtons alors qu'on pourrait utiliser les pistolasers à distance ?
— Ce n'est pas une question stupide, et ce point a longuement été débattu, je ne le cacherai pas, répondit le Général Yim. Il est vrai que la solution choisie augmente sérieusement les risques de se faire repérer par les techniciens apiens. Cependant, nous avons considéré que l'utilisation de simples bâtons rendrait crédible une révolte des esclaves seuls, et masquerait notre venue. Je sais, je sais, ajouta le Général alors qu'un murmure de protestation parcourait la salle, tout le monde voudrait que notre action soit portée à la connaissance de tous sur Ape, afin que les bourreaux sachent qu'ils doivent désormais compter avec nous. Mais comme il reste un risque de détection, après-coup, de l'intrusion de l'ingénieur Nyla dans le réseau des satellites, nous avons jugé préférable de favoriser une action discrète, qui fera de toute façon réfléchir les apiens, dans ce sens où ils ne sauront jamais avec exactitude ce qui s'est passé.
— Général Riekan Slieg, commandant du Corey Asson. En somme, toute la mission repose sur les épaules de ce jeune homme, fit-il en désignant Owen du pouce.
— Pas toute la mission, rectifia l'Amirale Delenko, mais il est vrai que si l'ingénieur Nyla ne parvient pas à forcer le réseau des satellites, toute la mission tombe à l'eau. »
Tandis qu'un nouveau murmure parcourait la salle, Owen leva la main. Berryl le vit et lui donna la parole. Le jeune homme déglutit et se leva.
« Ingénieur Nyla Owen, chargé du piratage du réseau des satellites apiens. Beaucoup l'ignorent sans doute, mais j'ai eu la chance de suivre des études apiennes ''à distance'', jusqu'au niveau d'ingénieur. Les cours que je suis ont l'avantage d'être dispensés sur des supports indépendants, ce qui me permet de suivre mes cours dans l'ordre qu'il me plaît. Ces derniers temps, je me suis donc consacré presque exclusivement au programme d'informatique, que j'ai fini. J'ai ensuite partagé les connaissances acquises avec d'autres techniciens, et en particulier avec les programmeurs, qui m'ont confirmé que le niveau informatique des apiens était, dans le domaine de la sécurité informatique, en tout cas, bien plus faible que celui des humains. Donc, et même si je vais paraître présomptueux en disant cela, le piratage du réseau ne posera aucun problème. Ainsi que je l'avais dit lors de la réunion préparatoire, la seule chose que je ne peux pas garantir, c'est qu'ils ne découvriront pas de traces de mon passage après-coup. Mais, je le répète, le piratage du réseau en lui même ne posera aucun problème.
— Et c'est cette incertitude qui motive la discrétion que nous voulons employer, ajouta l'Amirale Delenko, et cela afin de ne pas risquer de perdre notre voie d'accès à Ape. J'ai beau ne pas être ingénieur, je me doute que si les minous découvrent l'intrusion de l'ingénieur Nyla, ils sécuriseront l'ensemble de leurs systèmes informatiques, nous privant d'un nombre considérable d'occasions de frapper. D'autres questions ? »
Personne ne reprit la parole. Les membres de l'État-Major se regardèrent puis, sur un signe de l'Amirale Delenko, l'officier chargé du protocole annonça :
« Tous les personnels sont priés de gagner leurs sections d'embarquement, de procéder au contrôle du matériel et à son embarquement. Vous vous tiendrez ensuite prêts à embarquer sur ordre. Pour l'ensemble, fixe ! » L'État-Major se leva et quitta la salle de briefing. « À vos services. » ajouta l'Officier en saluant.


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#13
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Bonjour à tous !
Quatrième et avant dernier extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre :
Les commandos se sont infiltrés sur Ape. Ils mettent leur plan à exécution.


« Okay, les gars, c'est à nous de jouer, maintenant, fit le Lieutenant Marchal à ses hommes. Souvenez-vous, limitez les communications verbales ou radios au strict minimum. On repère les Minous, on les contourne, et on les assomme par-derrière. Il ne faudrait pas qu'ils se rendent compte qu'on n'est pas des esclaves. Des questions ? Non ? Alors on y va ! »
Le groupe de commandos prit place dans des aéroglisseurs basiques et se mit en route dans le froid glacial. Fort heureusement, la date choisie par les apiens facilitait également la tâche des soldats résistants, car c'était une période où les tempêtes étaient rares, et il régnait un froid sec, mais supportable.
Les aéroglisseurs permettraient de faire les cinquante kilomètres qui les séparaient du point de contact en un peu plus d'une heure, mais il faudrait compter le double au retour, à cause du poids supplémentaire.
Arrivés à destination, les commandos s'allongèrent dans la neige et scrutèrent les alentours avec leurs jumelles électroniques. Rapidement, ils repérèrent des silhouettes qui s'affairaient autour de divers instruments et machines. Les deux techniciens apiens furent identifiés grâce à leurs combinaisons de protection, très différentes des lainages que portaient les humains.
Le Lieutenant Marchal donna ses ordres en quelques signes explicites, et les commandos se scindèrent en deux groupes, chacun partant de son côté. La chance voulue que le temps se couvre légèrement, ce qui diminua la luminosité déjà faible. Les irrégularités de terrain, assez nombreuses, offrirent des abris aux commandos, qui progressaient de bosses en creux, se rapprochant pas à pas de leur objectif.
Les techniciens apiens, toujours aussi nerveux, s'efforçaient de maintenir l'ensemble des humains dans leur champ de vision, afin de ne pas risquer d'être surpris. C'était le conseil fort judicieux que leur avait donné le Capitaine Borann. Et de fait, il semblait bien que certains des esclaves avaient eu des velléités de rébellion, avortées par l'impossibilité d'attaquer par-derrière.
L'un des deux techniciens, aux sens particulièrement aiguisés, sursautait au moindre craquement, au point d'agacer son coéquipier.
« Arrête, à la fin ! gronda-t-il comme l'autre venait de se retourner brusquement. Ils sont devant nous ! À force, tu vas finir par me rendre nerveux.
— Tu l'es déjà ! Tu n'entends pas ton propre vibrato ?
— Regarde devant ! C'est là qu'est le danger. »
C'était une erreur. À peine avait-il prononcé ces mots qu'un fort gourdin s'abattait sur sa tête. Son collègue subit le même sort au même moment. Les deux apiens s'écroulèrent dans la neige, sans connaissance.
Le mouvement brusque et le bruit avaient attiré l'attention des esclaves. Ils écarquillèrent les yeux de surprise en voyant le groupe de commandos qui leur faisait des signes amicaux.
Après avoir échangé des regards circonspects avec ses compagnons d'infortune, Joune s'avança vers les commandos.
« Bonjour, fit-il, je m'appelle Joune. Vous êtes des résistants ?
— Affirmatif ! Je suis le Lieutenant Philippe Marchal, chef de cette section commando et nous sommes venus pour vous délivrer.
— Pour aller où ? demanda Almos, le Lonss.
— Ailleurs, répondit le Lieutenant avec un sourire entendu. Dans un endroit où il fait bon vivre, où il n'est pas question d'être un esclave, et où il n'y a pas de apiens.
— Vous avez les moyens de nous faire quitter la planète ?
— Oui. Nous avons des navettes qui nous attendent pour nous transporter jusqu'à un vaisseau en orbite.
— Et que comptez-vous faire pour les techniciens ? demanda Malek.
— Quand ils se réveilleront, ils croiront avoir été attaqués par l'un d'entre vous, mais vous ne serez plus là pour rendre des comptes.
— Et vous comptez faire comment pour leur faire avaler ça ? Parce que vous pensez bien que les soldats vont intervenir, et s'ils nous cherchent, ils verront bien qu'il y a des empreintes en trop...
— Nous avons un plan pour cela, mais il ne faut pas perdre de temps. Cissoko, Devein, Hamphik, Sandust, cria Marchal à l'attention de quatre de ses commandos. Trouvez parmi les ex-esclaves des gars qui ont la même pointure et le même gabarit, et échangez vos chaussures.
— À vos ordres, Lieutenant ! » répondirent en chœur les quatre soldats.
Le plan des commandos était assez simple. Il consistait à faire faire un grand tour au groupe d'esclaves de manière à éloigner leurs traces de pas du chemin direct vers les navettes. Ensuite, ils monteraient dans les aéroglisseurs et regagneraient les transports, en comptant sur les conditions climatiques pour estomper leurs empreintes. Ainsi quand les apiens arriveraient au bout de la piste, ils penseraient simplement que le vent avait effacé les traces. Pendant ce temps, le reste du groupe de commandos, avec les quatre esclaves ayant échangé leurs chaussures, se rendrait directement aux navettes en effaçant les traces faites à l'aller par les commandos.
Ce plan était effectivement très simple, et si les techniciens se réveillaient trop tôt, il n'y avait pas vraiment de plan B. Le Lieutenant Marchal était inquiet sur ce point, et il houspillait ses hommes pour qu'ils se dépêchent d'effacer les traces de leur mouvement tournant.
« Ça ne marchera pas, fit Joune pensivement.
— Quoi donc ? s'enquit le Lieutenant Marchal tandis qu'il surveillait les manœuvres de ses hommes.
— Effacez vos traces. Avec leur vue, les apiens verront que certaines traces ont été effacées, et forcément, ils vont se demander pourquoi certaines, mais pas toutes.
— C'est un problème auquel nous n'avions pas pensé. Vous dites qu'ils pourront voir que des traces ont été effacées ?
— Sans aucun doute.
— Dans ce cas, on va faire autrement. Section commando, au rapport ! » Les neuf commandos se présentèrent devant leur officier. « Modification du plan. On efface toutes les traces, y compris celles de nos amis. Ensuite, le groupe qui partira sur la fausse piste, vous effacerez vos traces derrière vous, mais grossièrement. Tâchons également de bien nettoyer la zone d'embarquement sur les aéroglisseurs, histoire qu'ils ne soupçonnent rien. Pereira, allez voir comment se portent les Minous, il ne faudrait pas qu'ils se réveillent en plein milieu de nos festivités. »
Aussitôt dit, aussitôt fait, les commandos se remirent au travail. Ce changement de plan rendait les choses plus faciles, et le travail avançait vite.
« Monsieur, appela Pereira, nous avons un problème avec les Minous.
— Ne me dites pas qu'ils se sont déjà réveillés ! s'inquiéta le Lieutenant Marchal en se retournant brusquement.
— Y'a pas de danger que ça arrive, Lieutenant. Ils sont morts, tous les deux.
— Quoi ! Comment ? demanda Marchal tandis que les esclaves échangeaient des regards inquiets.
— Il semble qu'en les assommant, on ait endommagé le système de réchauffement de leur combinaison. Avec le froid qu'il fait et leur peu d'endurance aux basses températures, ajouté au fait qu'ils étaient inconscients, ils sont morts de froid.
— Ça, ce n'était pas prévu au programme, grommela le Lieutenant Marchal, mais au moins, on est sûr qu'ils ne vont pas se réveiller maintenant.
— Ce n'est pas pour ça qu'il faut traîner, intervint Joune, l'air inquiet. Le Capitaine Borann et ses hommes peuvent très bien appeler pour savoir comment avance la réparation. Ils ont appelé tout à l'heure pour savoir si l'on était en place. Cela peut se reproduire, surtout s'ils trouvent le temps long.
— Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention de m'attarder. On court le risque de se faire repérer si l'on reste trop longtemps. »


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#14
Pseudo : Isabelle
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Bonjour à tous !
Le dernier extrait de L'ombre et la lumière T1 : les guerriers de l'ombre :

Où la résistance prépare ses troupes pour un coup d'éclat qui vise à marquer un tournant dans leur mouvement, au grand dam des autorités terriennes, qui voient les projets des résistants d'un très mauvais oeil.


" Le lendemain, le briefing fut long, très détaillé. En définitive, personne ne pouvait garantir le succès, il y avait des centaines de points qui pouvaient mal se passer. Le Général Yim avait demandé une évaluation des pertes possibles, mais, et bien que le chiffre avancé en ait fait frémir plus d'un, tous savaient que ces estimations avaient été calculées sur la base d'un scénario optimiste.
Le mouvement de résistance entrait pour la première fois depuis quatre siècles dans un véritable affrontement. Tous en avaient conscience, et cette mission pouvait aussi bien sonner le glas du mouvement en cas de déroute. D'autant que l'Amirale Berryl Delenko prenait le commandement de la mission à bord du Corey Asson.
« Je me permettrai une citation vieille de près de huit cents ans, conclut l'Amirale Berryl Delenko, et parce que nous ne sommes pas vraiment libres actuellement : ''Nous mourrons libres, ou nous mourrons en essayant de l'être !'' »
Un tonnerre d'applaudissements salua ces paroles. L'assistance était debout, le cœur des hommes et des femmes engagés dans cette lutte débordait d'espoir retrouvé. Owen, de son côté, ne voyait que les points noirs, un mauvais pressentiment lui serrait la poitrine. Il se pourrait bien que la Mort soit au rendez-vous, se dit-il non sans cynisme.
Dans les jours qui suivirent, les chefs d'unité briefèrent les effectifs sous leurs ordres, tandis que le ravitaillement de la flotte se déroulait en orbite. L'extrême agitation des résistants attira l'attention des dirigeants terriens qui, une fois informés des projets visant le super croiseur apien, manifestèrent leur mécontentement.
« Grand conseiller Keller, fit le porte-parole du gouvernement terrien, vous risquez de ramener les apiens aux portes du système solaire, vous vous en rendez compte, au moins ?
— La Terre est à la fois le berceau de l'humanité et l'unique bastion libre pour les humains. Vous tenez à mettre ça en danger ? renchérit un député.
— Écoutez, je sais bien que nos projets ont de quoi inquiéter, commença Janus Keller, et croyez bien que nous n'avons pas plus que vous envie de voir les apiens ici. C'est pourquoi nous avons pris un certain nombre de précautions pour qu'ils ne puissent pas remonter jusqu'ici. Leurs détecteurs de signatures énergétiques sont plus précis que les nôtres, mais ils ne pourront pas remonter une trace de plusieurs heures.
— Le peu qu'ils découvriront leur fournira une piste, qui les conduira ici tôt ou tard ! protesta de nouveau le député.
— La galaxie est vaste, et ils ne cherchent pas la Terre. Mais si c'est le cas, ils trouveront la planète, quoi que nous fassions, et s'ils envisagent de construire plusieurs super croiseurs comme ce prototype, c'est peut-être qu'ils commencent à avoir des visées expansionnistes. Je ne donne pas cher de nous tous si les apiens arrivent ici.
— À cause de vous ! tempêta le chef d'État-Major terrien. S'ils arrivent ici, nous paierons votre résistance ! Alors que nous n'avons jamais eu affaire à eux.
— Ça, c'est que vous croyez ! Les apiens ne feront pas la différence entre les humains qui ont toujours vécu sur Terre, et les humains qu'ils ont asservis. Un humain libre est un humain dangereux, selon certains apiens. Et les apiens qui raisonnent ainsi sont le plus souvent des militaires. »
Le débat dura ainsi plusieurs heures. Heureusement pour le Grand Conseiller Keller, il s'était déplacé avec un allier de poids : Joune Daryn, l'ancien esclave. La façon dont il décrivit les militaires apiens et les mauvais traitements auxquels étaient soumis les humains finit par venir à bout des réticences des terriens. Ils acceptèrent de ne pas entraver l'effort de guerre des résistants, à condition que ceux-ci prennent un maximum de précautions concernant le secret de la localisation de la Terre.

Le 08 Cina 2718, la flotte de la résistance mit le cap sur Ape. Tous, qu'ils soient militaires ou techniciens, hommes ou femmes, avaient le cœur serré : ils allaient frapper un grand coup."

C'était le dernier extrait. Si vous en voulez plus, ma foi, il n'y a pas trente-six solutions : cliquez sur le lien en signature et suivez le guide.
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#15
Pseudo : missette

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Messages : 1123
Merci Isabelle pour tous ces extraits !
N'en dévoilez pas trop quand même !!!!!!!
Cordialement.

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#16
Pseudo : Isabelle
forum auto-edition Isabelle
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Messages : 246
Bonjour Missette,
Nan nan, c'était le dernier, je pense juste de quoi mettre l'eau à la bouche.
Comme le livre est assez long (+ de 300 pages), et que la première moitiée est plutôt "pèpère", j'ai choisi les extraits pour montrer un peu tous les aspects de ce livre... Mais je n'ai fait qu'amorcer la pompe, en espérant vous plaire.
Cordialement,
Isabelle
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