Le blog thebookedition.comPolar en France




#1
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http://www.article11.info/spip/spip.php?article714

Je glisse ce lien d'un article pouvant être fort intéressant pour ceux qui s'intéresse au polar en France. Comme le dit l'article, ceux qui ont moins de 35 ans ont pu échapper à cette histoire contemporaine et ne pas toujours comprendre les tenants et aboutissants de ce genre littéraire. Voici donc synthétisé une explication de texte sur les guerres souterraines qui font rage dans ce milieu, et que doit appréhender tout auteur désirant y inscrire son nom. Je sais bien que nous sommes chez TBE, que beaucoup ne se sentent pas concernés, malgré tout le roman noir a une histoire en France et nul ne peut y échapper en ce sens.

Il est probable que la lutte finale en cours va précipiter la chute de l'après néo-polar et qu'il convient d'être attentif aux ouvertures qui vont en découler pour de jeunes et de nouveaux auteurs.
Le livre L\'épopée nomade

Le livre Les Frères de la Côte

Le livre Le soleil se lève à l\'est

#2
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Bonjour Novi,

Par curiosité, j'ai suivi ce lien. Navrant. Un écrivain d'extrême-gauche, c'est un oxymore. Ecrire, c'est honorer la vie; l'extrême-gauche, c'est aun hymne à la mort. Je ne savais pas que le monde du polar français grouillat autant sous la surface. Comme d'habitude, en France, on s'intéresse moins au résultat - le livre - qu'aux antécédents, aux allégeances, aux réseaux, ,
Orcus
http://pierremariewindal.blogspot.com/

#3
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Bonjour Novi,

Par curiosité, j'ai suivi ce lien. Navrant. Un écrivain d'extrême-gauche, c'est un oxymore. Ecrire, c'est honorer la vie; l'extrême-gauche, c'est aun hymne à la mort. Je ne savais pas que le monde du polar français grouillat autant sous la surface. Comme d'habitude, en France, on s'intéresse moins au résultat - le livre - qu'aux antécédents, aux allégeances, aux réseaux, ,
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#4
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Bonjour Novi,

Par curiosité, j'ai suivi ce lien. Navrant. Un écrivain d'extrême-gauche, c'est un oxymore. Ecrire, c'est honorer la vie; l'extrême-gauche, c'est aun hymne à la mort. Je ne savais pas que le monde du polar français grouillat autant sous la surface. Comme d'habitude, en France, on s'intéresse moins au résultat - le livre - qu'aux antécédents, aux allégeances, aux réseaux, ,
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#5
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Cher Orcus,

C'est une tempête, et c'est rien de le dire, qui souffle en ce moment même sur le polar français. L'évènement en lui-même peut paraitre futile ( il l'est), or nous sommes en train d'assister à un tournant historique. Les révolutions sont presque toujours déclenchées par des détails de l'histoire, alors même que les causes de fond sont souvent masquées.

De chez polarNoir ( qui n'est plus que l'ombre de lui-même, trop de gamins stupides adeptes de polar pouete-pouete), aux spécialistes de NoirBazar : c'est la déchirure et l'on s'affronte entre anciens et modernes si j'ose dire.

On savait le polar français moribond - grave problème-, la presse ne cesse de relayer les ambiances pourries des salons : Méthodes Stalinistes, silence organisé autour des auteurs non encartés, etc... Croyez moi, à Mauves, sur mon passage, certains font des signes de croix et d'autres jettent du souffre au sol, et pas que sur mon cas. Excommuniés, bannis ,maudits,nous sommes. Tant mieux, ils participent à nos futures légendes.

Le roman noir est un microcosme en France ( 10 ans de mise au placard pour Marignac lors de son premier bouquin - pas rien), et aucun auteur ne peut y échapper. D'ailleurs ce serait pire, cela voudrait dire qu'il ne serait même pas considéré comme existant.

On connait mon agacement vis à vis de TBE, d'où rien ne sort sinon des gens qui pensent que vendre 10 livres sur un salon à la sauvette, où se trouver un libraire compatissant va les faire exister..., alors que le polar à la française est en train d'agonir faute de nouvelles plumes capables de prendre le relais. Je n'ai aucun mépris pour tous ces écrivains qui ont fait barrage ( l'après neo-polar) - ils ont oeuvrés avec talent pour beaucoup d'entre eux. C'est notre génération qui devrait avoir honte de ne rien proposer d'alternatif. Nous devons cesser tous ces romans grotesques basés sur de l'intrigue rabâchée et nous situer politiquement et socialement dans notre époque.

En aparté si Soeur Synovie passe par là, mais elle se fait rare ( on sait ma tristesse des clivages dûs à l'autisme de TBE)..., je suppose qu'elle serait étonnée de voir Ange Bastiani ressortir des limbes des écrivains maudits, et que certains commencent à s'interroger sur son immense talent. Brigneau était un abruti qui n'en avait aucun par contre, comme quoi Orcus, vous avez raison sur le paradoxe que vous citez.
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#6
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Sur le monde du polar noir français je ne sais rien, donc je me tais. Vous soulevez, en revanche, deux points qui m’interpellent : l’engagement de l’écrivain et le manque d’originalité des scénarios. Un écrivain doit-il être socialement ou politiquement engagé ? Zola est-il un meilleur écrivain que Flaubert au motif qu’il « Accuse » quand l’autre se contente de disséquer les états d’âme d’une petite bourgeoise ? Une chose est sûre : écrire pour ne rien dire ne mène pas loin, mais pourquoi limiter le champ d’investigation de l’écriture au social ou au politique ? Si un écrivain veut s’engager, qu’il fasse de la politique. Les artistes qui dénoncent la société sous couvert d’une chanson ou d’un livre me font penser à ces avortons qui hurlent « tue-le ! » aux boxeurs qui luttent sur le ring. Fred Vargas défend Battisti. C’est noté. J’aime ses livres, j’adhère moins à ses idées politiques. Les intellectuels sont plus doués pour poser un problème que pour lui trouver une solution. Je crois même, mais il s’agit d’une opinion personnelle, qu’entre deux solutions, l’intellectuel choisira toujours la moins bonne. Ne mélangeons pas les genres : le problème n’est pas d’être engagé ou non ; le problème, c’est d’écrire correctement ou pas. Ce qui m’amène aux écrivains qui basent leur livre sur un scénario cent fois rabâché. Est-ce un problème de traiter cent fois du même sujet ? Il me semble que l’homme se pose les mêmes questions depuis des millénaires. Les grandes valeurs sont universelles : l’amour, la mort, la trahison, le parcours initiatique, la vengeance, le pardon, la chute etc. Ce qui fait la différence, comme en peinture, ce n’est pas le sujet (un paysage, une scène de bataille, un portrait …), mais la façon dont le traite. C’est donc moins ce que l’on dit, que la façon dont on le dit, qui fait la différence. On n’invente pas la roue tous les jours.
Orcus
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#7
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Tout est politique, et même ceux qui veulent s'en affranchir sont historiquement rattrapés à tous les coups. Battisti est un très médiocre auteur de polar, et dans les milieux autorisés, on sait depuis longtemps qu'il ne fut qu'un égaré dans le terrorisme qu'on lui reproche, que Vargas à force de se chercher des héros pour combler une vie d'auteure somme toute bien bourgeoise, s'est fourvoyée dans cette cause. Elle semble n'y avoir trouvé de plus ni inspiration ni crédibilité. Si cela vous intéresse, j'ai dans mes relations épistolaires quelques amies d'une toute autre trempe. Camille de Vitry par exemple, ma passionara préférée dont le livre ""l'or négre" est tout simplement passionnant. Belle plume en plus, un style en devenir, comme quoi ce n'est pas incompatible : le livre brulot et le beau style.

Moi, je dirai Zola et Flaubert : même combat. On peut se contenter de narrer sur un mode mondain, et être subliminalement subversif, non ?

Pour rebondir sur votre dernier argument concernant la futilité des scénarios actuels. C'est une bombe à retardement, vous savez ! On écrit pas toujours pour le lecteur qui achète le livre au moment présent. Exemple, je fourgue régulièrement de mes bouquins lors de soirées à des gens dont je sais pertinemment que de par leurs profils sociaux, conviction politiques ou morales : ils ne comprendront rien aux histoires que je raconte, que ça les ennuiera vu l"éloignement sociétal ( des histoires de manouches et de grand banditisme, hein, 90% de la population s'en tape complétement, et préfèrera un truc qui fait boum boum, ou une petite intrigue policière bidon). Il y a certes les très bonnes surprises, telle Edmonde (synovie) qui a tout compris sur un sujet dont elle ignorait tout peut-être au départ. Le film ""un prophète"et neuf césars,je suis ému ( écoutez l'interview d'Audiard, politique?).Fuck Tarentino et ses merdes...

Non, on sera jugé un jour longtemps après nos disparitions, par un jeune gars qui choppera ce livre tout jauni chez un bouquiniste, et pourra comprendre avec le recul de l'histoire, certaines composantes de ce qui fit notre époque. Sans doute, confrontera -t-il avec d'autres livres et pourra-t-il ainsi se faire une petite idée autre que celle des livres d'histoires. Exemple,le livre de Rousseau sur la légion étrangère, seul et unique livre décrivant de façon réaliste cette secte militaire,( restent à coté,les livres des officiers à la botte du pouvoir, tissus de conneries hissés à la gloire de l'institution).

C'est très compliqué à ce niveau, car pour reprendre ce débat exemplaire des auteurs de polar de l'après guerre. Deux cas de figure avec Brigneau qui laisse un bouquin illisible pour notre époque : racisme épouvantable, écriture argotique minable, mais dont cependant l'inscription pour comprendre ce qui fit les racines du polar, est importante - valeur historique et pédagogique.

Bastiani, ex-truand notoire, accusé d'avoir torturé, laisse des écrits exempts de toute idéologie, mais flamboyant d'une écriture qui ne peut de par sa beauté, n'avoir ne pas inspiré tout auteur se recommandant du roman noir.

On sera -je suppose- d'accord pour convenir que l'écriture est avant tout une zone grise se passant très bien du noir et du blanc.
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