Le blog thebookedition.comreversible : premier extrait




#1
Pseudo : Blondin

Localisation : Marcq en baroeul
Inscrit le : 18/07/2010
Messages : 12
La frénésie nocturne prend fin. Alex s’engage vers la bouche de métro. Il marche dans la station. L’odeur nauséabonde envahit les lieux. Il s’arrête devant un troupeau de vagabonds. Il avale une gorgée de whisky et observe avec mépris ses hommes et femmes perdus. Subitement, sa colère monte en regardant ses SDF dormir sur des feuilles de carton en protégeant leurs butins. La misère sociale l’insupporte.
« Réveillez-vous, cri-t-il. Bougez votre cul. Vous n’êtes que des lâches, vous fuyez la réalité en vous cachant derrière ce sentiment d’être lésés. A qui la faute ? A qui la faute ? S’énerve-t-il. Vous n’êtes que des parasites, d’infectes bactéries sociales. La mendicité ne vous aidera pas, vous ne faites que retarder votre échéance, la mort l’emportera. AaaaH ! Affrontez la réalité, reprenez-vous ou disparaissez… » Il s’approche d’un de ces mendiants. Avec son pied, il le remue comme une vulgaire bête morte. Le vieux barbu se réveille, emmitouflé sous deux, peut-être trois manteaux usés, récupérés à droite à gauche. De vrais chineurs. Son visage est bouffé par le froid, l’alcool, le tabac, la mal-nutrition. Il fait peine à voir. Alex n’a que faire de ce physique ingrat. Emotion zéro, tolérance zéro.
« Dis-moi papy, qu’est-il arrivé ? Alex tend son oreille. Quoi ? Répète, je n’entends pas, parle plus fort. Il lui jette sa bouteille sur le visage et lui dit, bah ! Tu sens la mort, mec. Tu pues ! Jettes-toi dans un trou, il est temps et je me ferais un plaisir de le boucher pour effacer ta vie. Le vieillard ne bronche pas, il se laisse vulgairement insulté. Tu es pitoyable, tu n’as aucun respect pour toi même. Comment veux-tu t’en sortir ? Tu ne mérites pas de vivre, tu pourris notre paysage. Vous pourrissez notre vie, vous êtes des microbes, des bactéries qui se collent sur nos trottoirs, nos rues, nos bouches de métro. Vous dénotez cette image de réussite qu’ils essaient de montrer, vous ne faites pas partis de leurs plans. Vous êtes oubliés comme vous vous êtes oubliés. Vous me dégoûtez. Pourquoi autant de laisser aller ? Je ne comprendrai jamais.»
Il les regarde une dernière fois, crache dessus, aucun respect pour ses êtres infortunés. Puis il s’en va, il s’enfonce en sifflotant dans le tunnel qu’empruntent les métros. Sa musique résonne et ses paroles s’effacent des mémoires de ces malheureux…

Le livre REVERSIBLE


#2
Pseudo : Jocelyne LOBRY

Localisation : Champagne
Inscrit le : 29/07/2010
Messages : 81
Bienvenue sur le sîte the book édition.
L'extrait que tu as mis sur ce forum est inéressant mais je le trouve particulièrement violent et dérangeant.... Est ce que ton livre est écrit ainsi jusqu'à la fin ? ou y-a-t-il des moments plus doux qui rassurent le lecteur ? Peut-être devrais tu mettre en ligne un autre extrait d'une scène plus humaine ou nous expliquer ta démarche... Néanmoins je souhaite bonne route à ton livre.
Amicalement.
nom du lien iciLe livre Le battement d\'ailes des libellules

#3
Pseudo : Blondin

Localisation : Marcq en baroeul
Inscrit le : 18/07/2010
Messages : 12
bjr jocelyne, effectivement tu as raison c'est assez violent, l'histoire est ecrite ainsi, l'un de mes personnages a besoin de cette violence pour exister, c'est tout l'intérêt de mon histoire, malheureusement il y a très peu de moment doux, la douceur ne m'interesse pas, en tout cas pas pour cette histoire, merci en tout cas de ton commentaire,
bien a toi

#4
Pseudo : Blondin

Localisation : Marcq en baroeul
Inscrit le : 18/07/2010
Messages : 12
« C’est quand même agréable de se poser ici. L’urbanisme déficient auquel nous sommes confrontés est loin, très loin. »
Cette phrase fût prononcée par Jeff, qui avait choisit lui aussi après la soirée chez son amie, de se détendre. Ici, tout le monde sait que c’est l’endroit idéal pour ça. Il est si naturel et l’urbanisme croissant et oppressant s’estompe et libère les esprits.
«  C’est rien de le dire, répond Alex sans même regarder son interlocuteur. Je sais pas ce que vous faites là, à cette heure, mais vous avez raison, il n’y a rien de tel qu’un bain de douceur et de calme pour terminer une soirée, ajoute-t-il.
- Vous lisez dans mes pensées. »
Jeff ne s’assoit pas, il reste debout face à la rivière et écoute sa douce mélodie.
« C’est vrai, notre quotidien est bien assez triste comme ça que l’on peut l’oublier ne serait-ce que quelques heures par jours et la nuit est si appropriée à cela, ajoute Jeff.
- Le quotidien ! La routine ! Les farfelues ! Les mendiants ! Les riches ! Les cons ! Le monde qui nous entoure est triste à souhait, ici j’oublie tout cela. Je m’évade vers ce monde qui n’existe pas, là où ce que je souhaite, ce que j’imagine prend forme, prend vie. Là où le temps passe à notre guise, là où je vis la vie que je choisis sans être obliger de respecter ces lois sur la civilité et tout ce merdier politique. Ma liberté naît au moment où je ferme mes yeux.
- Ouvrir mon esprit, voilà ce que moi je cherche quand je viens ici. J’imagine ce que je pourrais être si je n’étais pas celui que je suis. J’imagine ce que serait ma vie si elle était autre. Je m’invente des histoires, des théories, je provoque mes idées, je cherche un sens à mes pensées. Je me libère de ce qui me hante, de ce qui me gêne, rétorque Jeff. »
Alex s’assoit plus confortablement sur le banc, il boit une belle gorgée de cet alcool blanc et tend la bouteille à Jeff.
« Veux-tu de ce breuvage ami de la nuit ?
- Pourquoi pas ? Répond Jeff. Il se tourne vers Alex. Il empoigne la bouteille. Le visage d’Alex est semi caché par la pénombre mais son regard est inoubliable. Cela l’intrigue, un air de déjà vu, se dit-il. Il boit à son tour une gorgée et rend la bouteille à son propriétaire.
- Gardes la, lui dit Alex, j’en ai suffisamment bu je pense. Il se lève et s’en va vers la sortie du parc. Jeff lève la bouteille vers lui en guise de remerciement.
- Et fais en bon usage ! Ajoute-t-il un peu plus loin et Jeff ajoute en murmurant.
- Ne t’inquiètes pas pour moi ! Ne t’inquiètes pas pour moi ! »
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