Je m’appelle Prune, j’ai la trentaine adolescente et sauvage. Je m’habille et me déshabille au gré de mes fantasques rencontres. L’âme décharnée, et le corps à peine plus vivant, je vais et je viens dans une ville grise. J’écume les trottoirs et fréquente les bistrots, ris et souffre, me laissant parfois guider par d’impétueux voyageurs. Le penchant versatile, je fume, bois, et respire à peine, me gorgeant de ce que la vie ne voudra un jour, plus m’offrir. Volage et colérique, les chimères décimées, je glisse sur l’existence telle une braise silencieuse. Mes amies me soutiennent, belles endormies ou salvatrices impétueuses. Je ne veux pas que quelqu’un m’accompagne sur le chemin de la vie, sur ce chemin si escarpé qui est le mien, alors, à coup d’inconstance ou de fer à repasser, je me bats contre mes propres émotions, souvenirs étiolés appartenant à un passé éteint et blafard, ou sentiments amoureux trop irréprochables pour être acceptés. Un homme suit mon sillage, Mane, un musicien à l’âme pure, ou presque…



Yeux marron, cheveux courts, piercing, narine droite, chocolat noir, thé fumé, menthe-mélisse, main gauche, collier en hiver (...)