Catalogue > Polars & thrillers > Polar > Personne ne bouge, Police ! (JF BOUYGUES)


Cliquer pour agrandir

« Personne ne bouge, Police ! » est un roman policier qui débute comme un roman noir. Mais rapidement c’est la comédie policière qui s’impose, où l’influence d’Agatha Christie est omniprésente ; à tel point que sont dissimulés dans les dialogues des personnages trente-huit titres de romans de la Reine du crime.


Extrait :
L’inspecteur Roedam franchit le seuil du bureau et céda le passage à Clovis qui effectua une timide entrée. Crânement installé dans le fauteuil du maître de maison, le commissaire Haurey fit signe à son hôte de venir s’asseoir.
La porte se referma bruyamment et Clovis parut anxieux.
Pour couronner son malaise, Haurey le darda du regard de longues minutes. Puis il prit enfin la parole :
- Alors, monsieur Clovis de la Ponce-Cadourg ? Comment vous sentez-vous ?
- Pardon ? bredouilla ce dernier sans comprendre.
- Vous ne semblez pas être dans votre assiette.
Clovis ne comprit pas davantage.
- Si si, je vous assure, commissaire, tout va bien. Enfin si je puis m’exprimer ainsi après un tel drame, essaya-t-il de se reprendre. C’est horrible… Nous sommes tous bouleversés.
- Vous me permettrez d’en douter, répliqua sèchement Haurey.
Clovis ravala d’emblée ses jérémiades.
- Où étiez-vous à l’heure du crime, monsieur Clovis ? Je peux vous appeler monsieur Clovis ? Votre nom est si pompeux et extensif que j’en ai plein la bouche rien qu’à l’idée de le prononcer.
Une fois de plus, Clovis encaissa le coup. L’honneur et la fierté de son patronyme venaient d’être platement bafoués, mais il n’eut pas le courage de les défendre.
Haurey quant à lui fut charmé d’user de son autorité avec autant de facilité.
- Vous ne répondez pas à ma question ?
- Oui, quelle question ? balbutia Clovis cherchant à retrouver le fil de la conversation.
- Où étiez-vous à l’heure du crime ? répéta le commissaire.
- À l’heure du crime ? J’étais… Oui, ça me revient : je jouais au billard.
- Dans la salle de billard ?
- Ma foi, vous avez de ces questions, commissaire, se crispa Clovis. Remarquez, la prochaine fois, je peux toujours essayer sur la pente du toit.
- Encore une carabistouille de ce type, le menaça Haurey en douceur et avec grâce, et c’est vous monsieur qui allez faire la boule de billard.
Celui-ci fit une tentative pour s’excuser, mais Haurey n’y accorda que peu d’enthousiasme et revint au sujet qui l’importait :
- Qui était avec vous à ce moment-là ?
- Personne, commissaire. Je suis le seul dans cette famille à aimer le billard.
- Quelle heure était-il ?
- Je crois me souvenir qu’il était environ 14 h.
- Combien de temps avez-vous joué ?
Clovis parut un instant indécis.
- Jusqu’à ce que j’entende les cris de Mariette, dit-il vivement.
Guère convaincu, le policier l’asticota encore sur ce point :
- Vous n’avez pas bougé de cette salle ?
- Non, commissaire.
- Quelqu’un peut-il confirmer cette indication ?
- Je n’en ai pas la moindre idée.
- Dommage, marmonna Haurey en tripatouillant distraitement sa moustache. Pouvez-vous me dire à quel moment vous êtes arrivé sur le lieu du drame ?
- Dans les minutes qui ont suivi. Le temps pour moi de me rendre dans le jardin et tout le monde était déjà là. C’est Deyley qui a constaté la mort. Je ne peux pas vous en dire plus.
- Et après, que s’est-il passé ?
- Je ne sais pas, commissaire. Nous étions tous sous le choc. Je me souviens que Deyley s’est penché vers le corps de mon grand-père. Il l’a examiné, puis s’est relevé en annonçant qu’il était mort ; ce que nous avions évidemment tous compris.
- Ensuite ?
- Ensuite ?? barbota Clovis interloqué. Je vous l’ai dit, commissaire ! Nous étions tous sous le choc ! Horrifiés ! Ce regard vide de mon grand-père fixant la mort dans les nuages, c’était atroce !
- Certes. Mais que s’est-il passé après ?
- Rien, commissaire…
- Quelqu’un a-t-il fait une remarque ?
- Non…
- Vous n’avez rien relevé de suspect ?
- Rien, commissaire, sinon je vous le dirais.
- Mais enfin, insista Haurey, tâchez de vous souvenir, vous n’êtes tout de même pas resté comme des pots de fleur à attendre l’arrivée de la police !
- En effet, railla soudain Clovis, nous ne risquions pas de perdre notre temps à y songer, car votre inspecteur m’assenait déjà un direct du gauche que je n’oublierai pas de sitôt.



Détails du livre

JF BOUYGUES

Polars & thrillers

Polar

14,8x21cm (Exlibris)

Noir & Blanc

253

27838

978-2-9532186-0-2

En savoir plus
Acheter ce livre

Les livres voisins de Personne ne bouge, Police !

Vous aimerez aussi ces livres

Les témoignages des auteurs

Vos commentaires sur le livre "Personne ne bouge, Police !"

Claude P. a écrit le 04 novembre 2009

Bonjour,
Qui se délecte des romans d'Agatha Christie savourera le livre "Personne ne bouge, Police". Dans un style très personnel, Jef Bouygues nous entraîne dans l'univers de la Grande Dame.
Les répliques fusent de toutes parts en jeux de mots et autres métaphores. Les situations cocasses aussi truculentes que les personnages sont excentriques et pittoresques rappellent l'onctuosité des dialogues de nos plus grands auteurs et cinéastes. Je tairai leurs noms car je ne doute pas que vous saurez les reconnaître.
Au fil des pages on se retrouve à la fois lecteur et spectateur de quiproquos dignes des plus grandes pièces de théâtre du genre. L’énigme, quant à elle, n’est dévoilée que dans les dernières pages.
Je remercie M. BOUYGUES qui par sa Plume met en valeur la richesse de notre Belle langue et rend de manière subtile de multiples hommages. Son livre mérite un large succès. Si comme moi vous avez envie de passer un moment agréable, alors n’hésitez pas un instant.
Autre singularité de ce roman : J’ai été ravi aussi d’avoir découvert les 38 titres d’Agatha Christie dissimulés dans les dialogues par l’auteur.
CP.
Laisser votre commentaire

Identifiez-vous pour pouvoir saisir un commentaire : Se connecter | S'inscrire

Le profil de JF BOUYGUES

Le profil de "JF BOUYGUES"

Site web de l'auteur : http://www.jefbouygues.com

47 ans, je suis né à Gourdon-en Quercy (Lot) au carrefour du Quercy et du Périgord, pays du vin de Cahors, du Foie Gras et du Cèpe. Je publie mes oeuvres sous mon vrai nom JF Bouygues, et parfois sous mon nom d'auteur François Gibrat, nom de naissance de ma mère. Ma passion est née en 1980, et a commencé par la lecture, tout simplement. Je suis monté à Paris en 1989 pour suivre des cours de Théâtre à l'Ecole Florent. Mais depuis je me suis dirigé définitivement vers l'écriture : romans, pièces de Théâtre, scénariis... et j'écris sans relâche... jusqu'à quand ?

Interview de l'auteur


un oiseau


le lever du jour


les abus de pouvoir, quels qu'ils soient


la maladresse


comme je n'en connais aucune intimement, je m'abstiens


ça dépend du programme envisagé, sinon, Adjani pour la sublime artiste qu'elle est


Tous ces moments bizarres où l'on réalise au réveil que le rêve n'était vraiment qu'un rêve


En lisant tout ce que ma tête et mes yeux ont bien voulu dévorer, de Pagnol à Dostoïevski, de Brontë à Giono...