Une histoire sur les cris qu'on retient.
"C’est toujours elle qui commençait à parler. En italique. Elle ne tenait plus très bien sa verticale. Déjà, elle s’affaissait sous le poids des cris intérieurs. Son unique interlocuteur, qu’elle appelait tour à tour Paul ou son Amour avec un A majuscule pour faire toute la différence, faisait-il semblant de ne pas la comprendre pour la mettre à l’aise ou était-il vraiment bête comme le pensaient les autres? Elle, c’est les autres qu’elle trouvait bêtes. Mais elle aimait bien les regarder évoluer dans les bus, les métros, les supermarchés. Faune puante sous savon. Plus elle était triste, plus elle riait pour oublier la peur. "