À des centaines de kilomètres de là, roulé en boule sur un canapé en cuir pleine fleur blanc, un homme dormait. Ou plutôt tentait de dormir, car la nébuleuse qu’était devenu son cerveau ne lui en laissait guère l’occasion… Les rares fois où un peu de sens se faisait jour en lui, c’était pour lui intimer de mettre un terme à cette spirale de violence, c’est-à-dire, comme aurait dit sa grand-mère, « savoir raison garder ». Ce qui, dans son cas, équivalait à se rendre.
Plutôt crever.
Un début d’érection. C’était toujours ainsi quand il fermait les yeux et se laissait aller à se souvenir. Il glissa ses mains entre ses cuisses, pour comprimer ses testicules. Déjà l’inconfort le gagnait, sa pauvre petite bite se gonflait, juste assez pour se retrouver à l’étroit dans son jean serré, son préféré. Une sensation à mi-chemin entre la douleur et le plaisir.
Comme quand il était petit…
Il était une fois une Fée....
.....une "bonne" fée, conviée à la naissance de ce petit bébé, si pressé de vivre qu'il naquit avec un peu d'avance. Sa mère eut à peine le temps d'arriver à l'Hôtel-Dieu de Paris, ce 28 avril, la tête pointait déjà son crâne têtu. Cette Fée agita sa baguette et offrit à l'enfançon quelques qualités et beaucoup de défauts pour faire contrepoids.
Ne parlons que des premières. Dans le berceau, elle déversa la beauté, l'intelligence instinctive et le pouvoir de modeler l'argile, de peindre, d'écrire, de danser...
Ce bébé devenu grand vous offre ici la possibilité de découvrir quelques-unes de ses créations et, si l'une ou l'autre vous tente, celle de l'offrir ou de l'accueillir dans votre intérieur.
Les maîtres-mots du travail d'Anne Vincent-Toumelin sont émotion, sensibilité de l'instant, fugacité du temps qui passe et nous fuit, emportant rêves et souvenir avec lui.
(Signé Jo-Hermine)