10 | mars

Maximilen Missud, Mémoires vives, interview.

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Interview de Maximilien Missud, Mémoire vives.
Mémoires vives - Le Livre
Mémoires vives - Le blog


1 – En quelques mots, qui est Maximilien Missud ?

C’est un jeune homme de vingt-deux ans qui a ressenti un vif besoin d’exprimer au travers d’un livre intitulé "Mémoires Vives", un passé particulièrement intense.

Un besoin vital pour mieux tourner la page.


2 – L’écriture de « Mémoires vives » a-t-elle été motivée par le besoin de se dévoiler ?

Au premier abord, il y avait des choses à expulser de mon esprit. Des choses qui me rongeaient depuis des années. J’ai longtemps cherché un moyen d’expression qui me permette de me défaire de ces souvenirs douloureux.

À défaut d’avoir pu y trouver remède par l’art ou la musique, l’écriture s’est imposée d'elle-même. Pour autant, je ne pense pas qu’il s’agisse d’un dévoilement personnel…

Mon principal impératif était de poser à plat ces souvenirs pour m’en détacher et prendre du recul. Témoigner, sans jamais attirer la complaisance du lecteur, ne pas faire du personnage une victime. Au travers du récit, ce sont des situations qui sont dévoilées. Des passages de vie qui auraient pu être vécus par tout le monde.

Cependant, une troisième réécriture a été indispensable pour m’affranchir d’un trop plein de réactions à chaud. Surtout pour laisser sa place au lecteur, le laisser s’imprégner des situations, laisser part à l’imaginaire, plutôt qu’aux descriptifs à outrance.

Enfin, il y a aussi une part de rédemption, un besoin de justifier de réactions vives comme résultantes d’un passé conséquent.


3 – « Mémoires vives », fiction ou réalité ?

Au travers de cette pertinente question est soulevée l’interrogation majeure de « Mémoires Vives ». Qu’est ce qui est vrai, et qu’est ce qui ne l’est pas ?

Selon moi, chaque vie détient sa part de fiction. Que ce soit par les rêves, voire les mensonges que l’on prodigue ou que l’on se fait parfois.

Le non-dit contribue à incarner aux yeux des autres une fiction autour de son existence. Après, chacun est libre de concevoir la réalité à sa guise, la sensibilité et l’auto persuasion y jouent énormément.

La réalité, dans mon cas, ne s’applique qu’au présent. Le passé n’est qu’affaire de mémoire, de souvenirs plus ou moins marquants. Comme la mémoire est sélective et tend à déformer les choses au fil du temps, la réalité peut laisser place à une forme de fiction interprétative.

Alors, pourquoi « Mémoires Vives » ? Les geeks de tous poils y verront l’allusion informatique, les autres, le vif impact que peut avoir la mémoire sur sa vie. C’est la rudesse des événements réels qui est relatée par la fiction des mémoires subjectives.


4 – Quelles sont les lectures qui nourrissent le style de Maximilien Missud ?

Curieusement, je lis assez peu. Ou bien des choses accessibles. Je voue un culte à Beigbeder, tant son style est percutant et vif. Sans prétendre à pondre de la grande littérature, il trouve l’expression juste pour donner un sens extatique à des situations qui ne le sont pas.

J’aime ce genre d’écrits contestés, « rentre-dedans ». Pour moi, ces écrivains n’ont pas fini de faire parler d’eux, d’autant que leurs vies sont à l’image de leurs écrits : excessives. J’aimerais pouvoir exprimer un tel détachement sans en craindre les dommages collatéraux.

De là à parler d’un « style », tout est affaire au rapport que l’on a avec l’écriture, et pas quel biais nous exprimons nos sentiments.

Après le deuxième jet, je me suis rendu compte d’une lourdeur d’écriture dommageable. La réécriture m’a permis d’assouplir le récit, de le rendre plus digeste. Faire ressurgir mes mémoires avait rendu la lecture trop alambiquée, trop abrupte. Les choses sont plus claires maintenant, vous pouvez y aller !


5 – Que pensez vous du monde de l’édition en France ?

Du peu que j’ai pu en voir, j’ai un avis assez tranché sur la question. Outre l’accueil parfois déplorable que vous réservent certains sur place, on sent qu’ils sont eux-mêmes victimes d’une affluence d’écrivains qui viennent taper à leur porte.

À tord ou à raison, ils pratiquent aujourd’hui un élitisme qui réduit les chances des auteurs débutants. La loi du marché y a ses quartiers, et il est difficile pour nous de se démarquer de la masse dont les manuscrits sont quasi systématiquement voués à la cheminée.

À moins d’avoir un nom, le bras long et des portes déjà ouvertes, publier son premier livre relève d’un périple où il est facile de se casser les dents.

Même si dans un premier temps j’allais taper aux portes des institutions que sont les « grandes » maisons, j’ai revu mes ambitions à la baisse. C’est auprès d’éditeurs à la ligne éditoriale plus souple que je continue mon démarchage.

Via mon blog, je tiens informé en temps réel des démarches entreprises auprès des éditeurs.


6 – Vous avez choisi l’autoédition sur TheBookEdition, un tremplin pour toucher une maison d’édition classique ?

À vrai dire, l'autoédition n'était pas planifiée pour "Mémoires Vives". Devant des délais de réponse d'éditeurs annoncés toujours plus longs j'ai décidé de prendre les devants. Mon impatience a eue raison de moi.

La mise en vente du livre signifiait beaucoup pour moi. Cela concrétisait le travail périlleux qui précédait, et me permettait d'accorder du temps au prochain ouvrage.

Ensuite, les relations entre les écrivains "anonymes" et les éditeurs ont beaucoup changées. Devant l'évolution des moyens de communication à notre disposition, on nous demande de "buzzer" avant de présenter son travail à la maison d'édition. De moins en moins de maisons acceptent de prendre des risques et préfèrent la garantie d'une rentabilité immédiate. Ce principe est également appliqué aux maisons de disques et au cinéma…

TheBookEdition me permet finalement de mettre à profit mes connaissances en communication et en graphisme, pour concevoir le projet de toutes pièces. De là à en devenir un tremplin, il est encore trop tôt pour le dire. Mais reste que le service proposé est bien au delà des attentes que j'en avais, et permets de démontrer aux maisons d'édition sa débrouillardise… Peut-être que cela fera la différence !


7 – Vous êtes graphiste de profession, vous avez créé votre propre couverture via le mode expert, vous avez des conseils à donner aux autres auteurs à ce sujet ?

Comme l’écriture, le graphisme est une question de sensibilité. Le fait d’avoir profité de mes connaissances professionnelles m’a permis de concevoir la couverture dans la même optique que le livre.

Plus qu’une simple couverture, elle émet des signes qui prennent vie dans le récit. Les lecteurs seront surpris de pouvoir l’interpréter de façon différente avant et après lecture.

Je n’aurai qu’un conseil, celui de laisser vos mains être guidées par vos sentiments, avec un peu de technique, vous arriverez à quelque chose de plaisant. Plaisez vous à vous même, et vous plairez aux autres !

Malgré tout, l’aide de quelqu’un « qui s’y connaît » peut s’avérer utile pour les débutants, notamment pour le respect des normes techniques.

Quand au mode expert proposé par TheBookEdition, il repousse les limites de l’autoédition, et permets de laisser libre court à sa créativité. Pourquoi s’en priver ?


8 – Un coup de gueule pour le mot de la fin ?

Oh que oui ! En ce qui me concerne, je suis particulièrement respectueux envers celles et ceux qui décident de publier leurs écrits. C’est une sorte de concrétisation d’une démarche personnelle, et c’est tout à leur honneur.

Par contre, j’estime que le respect de la langue Française, aussi riche soit-elle, est primordial. Hors, certains ne daignent y accorder de l’importance et négligent leurs écrits en les ponctuant de fautes lourdes, aussi bien grammaticales qu’orthographiques, sans relever le style « sms ». Et c’est bien dommage.

Peut-être qu’un service de correction, ou un comité de lecture présidé par les membres actifs de la communauté leur ferait le plus grand bien.

En attendant, je reste indigné de voir qu’aujourd’hui, on veuille faire paraître certains écrits qui n’en méritent pas l’appellation, tant ils sont bâclés.

Sinon, je me dois de féliciter TheBookEdition pour leur travail remarquable, qui contribue à grandement diversifier le paysage littéraire si étroit parfois.

Votre attention du détail ne trahit pas votre amour irrépressible du travail bien fait, et çà se ressent.

Quant aux écrivains qui apportent leurs pierres à l’édifice, un grand bravo à eux, car de vraies perles circulent çà et là !


Maximilien Missud pour TheBookEdition, Mars 2008

Ecrit le 10 mars 2008 à 11h23 dans la rubrique Les interviews

6 commentaires

commentaire sur Maximilen Missud, Mémoires vives, interview. CAUCHOIS SEBASTIEN (http://mesromans.over-blog.org) a écrit le 10/3/2008 à 12h16

magnifique interview qui reflète son livre. on retrouve ce que l'auteur nous transmet sur sa personnalité dans son livre. parfaitissime.

commentaire sur Maximilen Missud, Mémoires vives, interview. irène (mamirene.over-blog.com) a écrit le 10/3/2008 à 20h31

Je n'ai pas encore reçu ton livre qui ne devrait pas tardé, je l'attendrai après cette interview avec encore plus d'impatience.
Quant à la couverture, j'ai hâte de la voir de plus près, mais j'ai un doute qu'un jour, je sois capable d'y arriver...

commentaire sur Maximilen Missud, Mémoires vives, interview. SpX (www.spxworld.com) a écrit le 10/3/2008 à 21h18

Encore une fois bravo !

Je n'ai toujours pas acheté ton livre (honte à moi !!!) mais je compte le faire prochainement.

:)

commentaire sur Maximilen Missud, Mémoires vives, interview. Claire (http://chacun-son-truc.over-blog.com/) a écrit le 11/3/2008 à 12h51

Bonjour a toi et bravo de cette interview dense et bien construite.
Je te souhaite un franc succes avec ta publication et, etant moi aussi juste publiee chez TBE, je vais aller visiter ton blog pour en savoir encore plus !
A bientot j espere,
Claire

commentaire sur Maximilen Missud, Mémoires vives, interview. Claire (http://chacun-son-truc.over-blog.com/) a écrit le 11/3/2008 à 18h11

Bonjour Maxence,

Interview tres instructive, merci de l avoir conduite et de nous permettre de decouvrir ainsi un nouvel auteur motive.

Une question: serez vous present au Salon du Livre de Paris du 14 au 19 Mars ?
Si oui, presentez vous un catalogue de vos auteurs edites ?Peut on y etre representes par vos soins ? Eventuellement imaginer des seances de dedicaces ?

Merci et a bientot,

Claire

commentaire sur Maximilen Missud, Mémoires vives, interview. Maxence a écrit le 12/3/2008 à 9h44

Nous ne serons malheureusement pas présents au salon du livre de Paris cette année. J'espère l'année prochaine.

Par contre j'y serai en visiteur pour rencontrer des acteurs du livre et essayer de trouver des partenariats pour améliorer la présence des auteurs sur le marché.

J'espère ne pas revenir les mains vides...
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