Catalogue > Nouvelles, poésie, essais > Essais > Quelques jours après Albuquerque (JF.Chénin)


Cliquer pour agrandir

Extrait :

Il m’a confié cinq carnets. Trois portent un titre : Quelques jours après Albuquerque, Quatre femmes, Ce que tu fais… Le troisième débute aussi par une date, 1993 ; le quatrième ne comporte ni titre ni date ; le dernier regroupe des citations, encadrées par deux dates : 1993, 2001.

Quelques jours après Albuquerque apporte des indications de mois ou d’année, toujours portées en haut de page, à gauche. Novembre 93, mars 95, juillet 97 et novembre 2000 sont les dates les plus fréquentes. Manifestement, elles ont été ajoutées. Le texte de ce carnet a été écrit en une seule fois, recopié sans doute, tant l’écriture est régulière et homogène d’une page à l’autre.

Quatre femmes est composé de quatre textes, dont le titre est à chaque fois un prénom féminin. Ces prénoms figurent dans le premier carnet. Il semble que ces textes aient été écrits sur plusieurs années (écritures et encres différentes, nombreuses ratures parfois sur des pages entières, nombreux renvois d’une page sur l’autre pour indiquer la suite propre à chaque texte, nombreuses reprises ou variantes recopiées des fragments précédents). Aucun repère chronologique ne permet de les dater.

Ce que tu fais… est une suite de fragments, numérotés de A à H, chaque lettre suivie aussi d’un prénom féminin (figurant dans le premier carnet). Ils ont été écrits vraisemblablement à différentes époques et occupent seulement quelques pages (Comme pour Quatre femmes, les différences d’écriture témoignent d’une certaine durée). Une seule date y figure sur la première page, 1993.

Le quatrième carnet, sans titre, comporte plusieurs fragments avec un système complexe de renvois vers les trois premiers carnets et le carnet de citations. En outre y figurent de nombreux emprunts, recopiés des autres carnets. L’écriture y est assez homogène du début à la fin.

Pour présenter ces textes, il fallait faire des choix. Les présenter séparément ? N’en faire qu’un seul ? Aucune de ces solutions n’était satisfaisante du point de vue des équilibres internes à chacun. Pris isolément, ils n’avaient pas grand intérêt ou restaient trop hermétiques et une recomposition en un seul continuum s’avérait trop délicate tant étaient grandes les différences de ton et d’approche de chacun d’eux.

Un fil conducteur cependant : les prénoms. Ce fil multiple qui passe d’un texte à l’autre, d’un carnet à l’autre, a permis d’ordonner fragments et citations en un système de notes, comme autant de signes ou de repères accrochés au texte qui, in fine, apparaît être le texte central - mais est-ce le principal ? - Quelques jours après Albuquerque.

Récit factuel, à la facture sobre, Quelques jours après Albuquerque relate un voyage ou plutôt des voyages et recompose les suites éparses mais cohérentes de rencontres et d’écrits que le temps a rassemblés. Qui préside ? Qui donne naissance à l’autre ? Qui provoque quoi ? Répondre serait déjà entrer dans des interprétations hors de propos ici.

Reste la dédicace. Elle figure dans les quatre carnets (mais pas dans celui des citations) et rien ne permet d’en comprendre la raison, encore moins le sens. Mais c’est encore un prénom et une ville qui ouvrent le récit comme un témoignage voire une reconnaissance de ce que le texte leur doit.

Détails du livre

JF.Chénin

Nouvelles, poésie, essais

Essais

Noir & Blanc

68

En savoir plus
Acheter ce livre

Les livres voisins de Quelques jours après Albuquerque

Vous aimerez aussi ces livres

Les témoignages des auteurs

Vos commentaires sur le livre "Quelques jours après Albuquerque"

Fabienne A. a écrit le 09 septembre 2008

de la justesse, et de la tendresse. On aimerait bien vous connaitre un peu plus...

Lucas a écrit le 27 juillet 2008

Votre histoire m' a enchanté. Tout ça dit avec justesse, que de la justesse. Avez-vous fait tous ces voyages ? J'aimerai une suite. Je vous souhaite un vrai succès.
Laisser votre commentaire

Recopier ce nombre :

Le profil de JF.Chénin

Le profil de "JF.Chénin"

Site web de l'auteur : http://jfchenin.blogs.com/

JFrançois Chénin Né en 1954. J’ai trois enfants. Né en Lorraine. Je passe mon enfance à l'étranger (Iran, Turquie, Grèce…) grâce à un père voyageur. Un arrière-grand père, prix Goncourt 1907 et j'ai tout lu de son œuvre, même les carnets, inédits. Je tiens à cette Lorraine, celle de la Moselle, des écluses d'Ecrouves et de Pierre-Latreiche, de la forêt de Haye et des Côtes de Toul. J'y reviens, parfois, et je m'y sens chez moi plus qu'ailleurs car les visages me sont familiers. Puis Avignon (scolarité secondaire). Puis Grenoble (études de philosophie). Puis, puis, mais je ne compte plus, tant d’autres villes et pays. Je lis beaucoup. Tout débute avec La puissance et la gloire de Graham Green, j'ai onze ans. A treize, j'ai lu tout Victor Hugo (dans le grenier de notre maison en Normandie), je peine avec Balzac et je ne lirai jamais Proust. Ma bibliothèque de poésie est immense. Plus tard, correspondance éphémère avec Jean-François Lyotard, René Char, Francis Ponge, Gilles Deleuze, Georges Mounin, Eugène Guillevic et d'autres, sans suite. Je sais que je deviens écrivain et, plus je le deviens, plus je m’éloigne de mes contemporains. Ma référence reste Kant. Plus tard, beaucoup plus tard, je découvre Calaferte, je lis Wittgenstein (et le relis encore bien souvent). Je reviens toujours à René Char, pour la joie ou dans la peine. J'édite à un exemplaire Le livre d'art rudimentaire. Je passe quelque temps dans deux cabinets ministériels. J'effleure la politique mais je connais mon monde par cœur, ce qui m'en éloignera. Je lis Pascal Quignard et je rêve de bords de mer et d'îles désertes, je fais une escapade aux Etats-Unis, je verrai Albuquerque (où tout commence), puis au Canada, à Québec (où tout recommence). En musique Mozart, toujours Mozart. En peinture, Francis Bacon et Nicolas de Staël. Je serai maire d'un village de 200 habitants. Tout m'occupe mais d’autres voyages m’attendent. Je m'arrête de longues heures à ne rien faire. Je lis Yves Navarre, Albert Cohen, je reviens à la philosophie (Spinoza, Foucault, Althusser…). J'écoute encore Mozart. Je travaille aussi à l'étranger pendant quelques années (en Israël et en Inde). Depuis l’enfance, j'ai le goût de l’ailleurs. Je dresse la liste de mes voyages et des endroits que j’ai aimés. Je lis les auteurs des Editions de Minuit et Claudel, Césaire, Blanchot. Je reviens un temps à Montaigne, Voltaire et Herbert Marcuse, Clément Rosset et Marcel Conche et décidément je ne lirai jamais Proust. J'aime m'attarder à la terrasse d'un café (les passantes), je ne mange jamais de tripes, j'aime le gris, le noir et le bleu du ciel, les déserts silencieux et vides, les fins de journée sauf le dimanche. Aujourd’hui, j’ai quitté le ministère qui m’a logé pendant trente ans et je m’exerce à la libre entreprise, c’est-à-dire que je n’ai plus une minute à moi d’avoir tout mon temps devant moi.

Interview de l'auteur

L'auteur n'a pas encore répondu à notre interview.