Catalogue > Nouvelles, poésie, essais > Essais > Requiem (JF.Chénin)


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Requiem / Des époques différentes affleurent dans Requiem. Je tiens le fil de ma détermination à retrouver les instants ressentis de mes détours et de mes disparitions. Fuite ou éloignement ? Je sais comment s’écrivent les textes. J’en connais les ramifications, l’origine, la fin, les alentours. De Uzès à Albuquerque, dans Winwood la nuit, il y a des leurres magnifiques, mais une vérité toujours bonne à écrire, sur le fil en trompe-l’œil de la vie. Je suis un différent où chaque miroir me renvoie - en sépia ou en noir et blanc - les instants agacés, mais réels, des ombres qui furtivent encore en moi.
Des époques mais aussi des lieux devenus la résultante des passages qui ramènent aux mots et aux textes, à ces suites incessantes qui enche-vêtrent des voyages et des destinations, des frontières approchées, des détours et des fuites, qui donnent à réécrire par-dessus ce qui a été écrit dans un amoncellement de traces déjouées, qu’il fallait relever pour en comprendre les raisons et admettre que d’une ville à l’autre, d’une frontière à l’autre - parfois traversées - les textes sont toujours des prétextes à retrouver les enchan-tements qu’elles ont fait naître mêlés à la peur de les perdre.
Des époques et des lieux qui n’ont de cesse de se rejoindre, de se jointoyer et d’asseoir de nouvelles visions, une fois achevé le long travail de ramifications qui, parce qu’elles sont justes tenues, donnent encore à reprendre les voyages et à réécrire ce qui semblait acquis. Et les traversées sont instables, les pontons fragiles et les terrasses en déséquilibre à l’à-pic des vides qui viennent en soi quand les sentiments éreintés d’avoir rompu avec les destinations cassent et dispersent le désir - ou la joie - qu’on en espérait.
Alors la décision est prise d’écrire Requiem, d’y ajouter les collages incestueux des entrelacs de corps et de mots, de fouiller à son comble les apparitions du démiurge, d’insurger les sentiments défaits, de réverbérer l’urgence à décider de la suite, d’y revenir à chaque fois et, le souffle coupé, être pointe à terre dans tous les commencements du désir qui vient. Ecrire est à ce prix de se défaire de soi.

Détails du livre

JF.Chénin

Nouvelles, poésie, essais

Essais

11x20cm (Romantique)

Couleur

122

52492

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Site web de l'auteur : http://jfchenin.blogs.com/

JFrançois Chénin Né en 1954, en Lorraine. Il passe son enfance à l'étranger (Iran, Turquie, Grèce…) grâce à un père voyageur. Avec un arrière-grand-père prix Goncourt 1907 (Emile Chénin-Moselly), il revient souvent à cette Lorraine rurale, celle de la Moselle, des écluses d'Ecrouves et de Pierre-Latreiche, de la forêt de Haye et des Côtes de Toul. Scolarité secondaire Avignon puis études de philosophie à Grenoble. Sa principale occupation : la lecture. Tout débute avec La puissance et la gloire de Graham Green, il a onze ans. A treize, il tentera Balzac et aura du mal avec Proust. Plus tard, il entretiendra une correspondance éphémère avec Jean-François Lyotard, René Char, Francis Ponge, Gilles Deleuze, Georges Mounin, Eugène Guillevic et d'autres, sans suite. Il devient écrivain et, plus il écrit, plus il lui semble s’éloigner de ses contemporains. Sa référence reste Kant. Plus tard, beaucoup plus tard, il découvre Calaferte et Wittgenstein. Il revient toujours à René Char, pour la joie ou dans la peine. Il fabrique à un exemplaire Le livre d'art rudimentaire. Il passe un temps dans deux cabinets ministériels. Il effleure la politique mais il connait son monde par cœur, ce qui l'en éloignera. Il lit Pascal Quignard, fait une escapade aux Etats-Unis, Il séjournera à Albuquerque (où tout commence), puis au Canada, à Québec (où tout recommence). En musique Mozart, toujours Mozart. En peinture, Francis Bacon et Nicolas de Staël. Il est maire d'un village de 200 habitants. Tout l'occupe. Il passe de longues heures à ne rien faire. Il lit Yves Navarre, Albert Cohen, revient à la philosophie (Spinoza, Foucault, Althusser…). Il est depuis plus de 12 ans à l'étranger au service de la langue et de la culture françaises (en Israël, Inde et, aujourd'hui, aux Etats-Unis). Depuis l’enfance, il a le goût de l’ailleurs. Il s’intéressera aux auteurs des Editions de Minuit et à Claudel, Césaire, Blanchot. Il revient à la philosophie avec Montaigne, Voltaire et Herbert Marcuse, Clément Rosset et Marcel Conche. Il a trois enfants et il aime s'attarder à la terrasse d'un café (les passantes), il ne mange jamais de tripes, il aime le gris, le noir et le bleu du ciel, les déserts silencieux et vides, les fins de journée sauf le dimanche.
L'auteur n'a pas encore répondu à notre interview.