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SYNDICALOPHOBIES - L'horreur syndicalophobe ou les nouveaux visages de la servitude volontaire.

Ce petit livre commence par une nouvelle, intitulée "Juste avant la crise", l'histoire d'un jeune couple ahuri, elle, petit vendeuse, lui, mélange de beau gosse et de gros beauf, ignare, macho body-buildé totalement dépolitisé, et, comme sa compagne, très hostile aux gens qui descendent dans la rue. Leur vie se déroule, confiante, calme, pleine de certitudes, attachante et répulsive à la fois, inconsciente des dangers qui se profilent.

La seconde partie de ce recueil de texte s'intitule, en hommage à La Boétie, "Nouveau discours de la servitude volontaire".
Il s'agit d'un pamphlet, virulent, violent même, qui dénonce cette passivité antisyndicale dangereuse, caractéristique d'une grande majorité de salariés. L'outil syndical serait devenu inutile, obsolète ou encore dangereux ; la revendication, la conscience de classe, la culture de la lutte devraient disparaître du champ de référence des salariés, remplacées par la focalisation individualiste sur la vie privée et les loisirs (quand il en reste). Tirer sur les ambulances du social deviendrait alors le fin mot de la sagesse...
Ce pamphlet contient notamment une charge violente contre le corps enseignant, dont je fais partie, où la syndicalophobie s'est également beaucoup développée, alors même qu'elle est, dans notre secteur d'activité, la moins excusable et la plus lourde de conséquences collectives.
Il faut pourtant que nous revenions sur nos erreurs... Comme délégué Force Ouvrière (au SN-FO-LC), je suis bien placé pour savoir à quel point les travailleurs en général, les enseignants en particulier, peuvent manifester la plus aveugle et ahurissante indifférence à leurs propres intérêts moraux et matériels, alors même que le salarié français est traditionnellement présenté par les idéologues néolibéraux comme râleur et indiscipliné !
Nous avons les patrons et les actionnaires que nous méritons, la forme d'État que nous méritons, la crise que nous méritons ; les thèses de La Boétie sont restées d'une immense actualité. Les absolutismes de tout poil, notamment économiques, n'ont pas d'autre autorité que celle que nous leur conférons. Non seulement le salarié moyen, aveugle et syndicalophobe ne fait plus grand-chose pour se défendre (ce qui est la rigueur compréhensible), mais, bien pire, il appelle de ses vœux, cautionne, valorise, idolâtre le système même qui le broie, rejetant la responsabilité de ses souffrances, précisément, sur les ambulances du social (ce qui est, pour le coup, intolérable).
Je le sais, comme tout pamphlet, mon livre est polémique...

La troisième partie de ce petit livre, "Prise de bec virtuelle avec Brighelli", est une sorte de compte-rendu de diverse interventions - dont la mienne - sur le blog de Jean-Paul Brighelli, enseignant républicain célèbre, auteur de la non moins célèbre "Fabrique du crétin", ouvrage qui dénonce les errements pédagogistes de l'école d'aujourd'hui.
Quelle est ma position vis à vis de Brighelli ? Je partage son républicanisme, et il est même l'un des dédicataires de mon livre. En revanche, je ne supporte pas la syndicalophobie qui s'exprime à travers son billet, bien documenté par ailleurs, intitulé "Cacophonies syndicales".
Militer pour une école républicaine, axée sur la transmission des connaissances et non sur un vague pédagogisme effervescent, tout cela est bon, mais ce combat ne saurait faire l'économie du bouclier syndical ; je rappelle au passage que mon syndicat, FO en l'occurrence, n'a jamais tenu un discours pédagogiste fumeux, comme le rappellent d'ailleurs, en même temps que moi, d'autres camarades du SN-FO-LC ou du SNUDI-FO, qui interviennent sur le blog de Brighelli et dont je cite les interventions.

Ce petit livre, que j'ai écrit pour plaire et pour déplaire, se conclut par une déontologie de l'engagement syndical :
1) se montrer dévoué et solidaire en toute circonstance, même, à la limite, envers ceux qui n'ont aucune sympathie pour le syndicalisme ;
2) ne jamais tolérer l'expression bruyante de propos syndicalophobes dans des réunions et assemblées générales de salariés, ni dans l'Éducation nationale, ni dans aucune entreprise.

Mon livre, c'est un peu aussi le coup de gueule d'un brave délégué syndical, qui s'est souvent démené bénévolement pour résoudre les petits tracas et pour soigner les petits bobos professionnels de ses collègues, et qui en a eu un petit peu assez, au bout d'un moment, d'en entendre certains répéter que le syndicalisme, ça serait "un truc inutile ou démodé"...

Détails du livre

Luc Paul Roche

Culture & Société

Politique

Romantique (11x20cm)

Noir & Blanc

176

28980

978-2-9532037-5-2

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Les témoignages des auteurs

Vos commentaires sur le livre "SYNDICALOPHOBIES"

Magali a écrit le 24 janvier 2010

Ce livre commence par un conte philosophique assez hilarant qui donne l'impression d'un canular. Mais cela ne présage en rien de l'analyse socio-politique qui suit, particulièrement sévère, cinglante, surtout quand elle vise "la masse". L'ouvrage me met mal a l'aise ; mais je n'ai pas détesté. A lire, donc.

Chris a écrit le 29 novembre 2009

bon petit book qui donne une vision des syndicats plus agréable que d'habitude merci m roche
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Le profil de Luc Paul Roche

Le profil de "Luc Paul Roche"

Luc Paul Roche est professeur de philosophie et représentant syndical, auteur de l'article "De l'antisyndicalisme à la syndicalophobie" sur Agoravox. Il écrit également des nouvelles et des essais.

Interview de l'auteur


Un animal raisonnable.


Mes obligations.


Bêtise et ignorance (sources des plus grands maux).


Créer des choses auxquelles personne n'a pensé.


Impossible de répondre sans une confrontation.


Avec la beauté.


Une certaine misère estudiantine.


Par une sorte de désir difficile à réprimer.