De quoi ma vie serait-elle faite ?
Qui ferait un bout de route avec moi ?
Qui me lâcherait dans une côte ?
Je me demandais quelle gueule aurait le futur. Et, en même temps, je ne voulais pas vraiment le savoir.
Je voulais juste rester là, le cul dans le sable, à écouter le grondement de la mer, à regarder mourir la lune, à sentir la fraicheur du vent, à me laisser envelopper par la nuit.
Seul avec le monde.
Ancré dans cette minute.
Forever.
Mais je me suis rendu compte qu’il commençait à faire clair.
C'était demain.
Je me suis levé et, du plat de la main, j'ai balayé le sable qui adhérait à mon pantalon.
Vos commentaires sur le livre "Tranche de mer au bord de la vie"
Serguei Sereguof a écrit le 14 aoűt 2009
Jean-Claude Mornard nous avait déjà régalés avec des pastiches et des parodies, remplis d'humour souvent déjanté et d'érudition, mais avec "Tranche de mer au bord de la vie" , il publie tout autre chose : un beau récit, très personnel.
L'histoire : Deux gars des beaux-arts d'une vingtaine d'années( le narrateur Marc Saratov et Vince), encore célibataires, encore sans profession ( donc encore "au bord de la vie") vont en vacances à Ostende pour se payer une "tranche de mer", c'est à dire se rouler dans leurs rêves, se saouler d'horizon. Car la mer ici c'est bien sûr celle qui vient fracasser ses crinières devant le casino d'Ostende, qui étend ses vagues jusqu'aux bouts du monde. Mais c'est aussi la mer intérieure, l'Infini portatif de nos deux artistes.
Bref, c'est les dernières vraies grandes vacances avant que les choses « sérieuses » ( comme on dit) ne commencent.
Gravité du moment ( faut pas se tromper sur ce qui vaut vraiment le coup de vivre sa vie), méditations noyées dans le jus fermenté du houblon, rencontres avec des filles pas tout à fait celles qu'on rêvait mais...
Un récit plein de poésie, de nostalgie, de tendresse ( on pense à Caussimon et Ferré) mais avec un savant dosage d'humour ( élégance et pudeur de l'auteur ). Un ton très juste donc et pas de cynisme : on ne crache pas sur sa jeunesse chez Mornard. Et même si Marc Saratov n'a plus vingt ans, on sent bien que des rêves brûlent toujours dans sa vie.
J'ai adoré cette autobiographie ( truffée de fiction ) ou cette fiction ( nourrie d'autobiographie):les deux gars je crois bien que je les ai connus. J'ai même eu l'impression plus d'une fois qu'on me racontait un épisode de ma vie.
Synovie a écrit le 15 juin 2009
Dans son style mordant, reconnaissable entre mille - le style Mornard qui réinvente la langue pour traduire sa vision singulière du monde -, l’auteur croque en petites touches salées, avec la distanciation de l’humour, une tranche de vie dans l'univers un peu glauque d'Ostende, l'atmosphère "nordique et venteuse", trouble et inquiétante, si propice à la lecture des mystérieux romans de Meyrink : la plage, les mouettes, les potes, une fille moche… Un mini roman d’éducation, drôle et caustique, teinté de la nostalgie douce-amère d'une petite madeleine trempée dans la mer, "au bord du temps qui fuit" !
Né en 1964. Professeur de dessin à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Membre de diverses sociétés holmésiennes (consacrées à Sherlock Holmes, donc). Créateur du fanzine de BD "Steak Tartare". Marié, cinq chats.
L'histoire : Deux gars des beaux-arts d'une vingtaine d'années( le narrateur Marc Saratov et Vince), encore célibataires, encore sans profession ( donc encore "au bord de la vie") vont en vacances à Ostende pour se payer une "tranche de mer", c'est à dire se rouler dans leurs rêves, se saouler d'horizon. Car la mer ici c'est bien sûr celle qui vient fracasser ses crinières devant le casino d'Ostende, qui étend ses vagues jusqu'aux bouts du monde. Mais c'est aussi la mer intérieure, l'Infini portatif de nos deux artistes.
Bref, c'est les dernières vraies grandes vacances avant que les choses « sérieuses » ( comme on dit) ne commencent.
Gravité du moment ( faut pas se tromper sur ce qui vaut vraiment le coup de vivre sa vie), méditations noyées dans le jus fermenté du houblon, rencontres avec des filles pas tout à fait celles qu'on rêvait mais...
Un récit plein de poésie, de nostalgie, de tendresse ( on pense à Caussimon et Ferré) mais avec un savant dosage d'humour ( élégance et pudeur de l'auteur ). Un ton très juste donc et pas de cynisme : on ne crache pas sur sa jeunesse chez Mornard. Et même si Marc Saratov n'a plus vingt ans, on sent bien que des rêves brûlent toujours dans sa vie.
J'ai adoré cette autobiographie ( truffée de fiction ) ou cette fiction ( nourrie d'autobiographie):les deux gars je crois bien que je les ai connus. J'ai même eu l'impression plus d'une fois qu'on me racontait un épisode de ma vie.