Lise Lasnère

Mais aussi l'émotion - livre 2

« Mais aussi l'émotion » est le récit sur quelques mois de la vie de Maude qui vit à Paris, est mariée, a deux enfants, Le lecteur l'accompagne, d

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91854

Reliures : Dos carré collé

Formats : 11x17 cm

Pages : 193

Impression : Noir et blanc

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Mais aussi l'émotion - livre 2
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« Mais aussi l'émotion » est le récit sur quelques mois de la vie de Maude qui vit à Paris, est mariée, a deux enfants, Le lecteur l'accompagne, d

Autour de Lise Lasnère

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Ses ouvrages
Résumé
« Mais aussi l'émotion » est le récit sur quelques mois de la vie de Maude qui vit à Paris, est mariée, a deux enfants, Le lecteur l'accompagne, de l'extérieur, dans sa cuisine, avec ses enfants, son mari, ses beaux-parents, sa mère, en vacances' La perception intérieure de Maude devient, au fil du temps, plus confiante et moins douloureuse. Cette lutte contre ses inquiétudes et obsessions quotidiennes constitue l'enjeu profond de cette chronique apparemment lisse mais intimement riche et intense.


Quelques extraits :

'Mardi 2 janvier 2007, après-midi.
Issy-les-Moulineaux




Lise lit Catherine Cusset. Elle est sous la coupole transparente illuminée de soleil, lorsque les nuages disparaissent, embarqués par des bourrasques. Autour d'elle, disséminés sous la bulle, les palmiers et les fleurs exotiques en matière plastique arborent leurs feuillages et ramures. Les ponts de teck surmontent l'eau bleue des piscines agitée par la houle. Les fausses plages, jaune doré, sont agrémentées de parasols et de chaises longues. Des enfants crient, se précipitent sur les échelles des toboggans, courent vers leur mère vêtue de maillot de bain qui leur prodigue des caresses ou des baisers. Lise le perçoit bien, tous ont froid. L'eau est chauffée mais le vent d'hiver entre par rafales quand des silhouettes pressées rejoignent la bulle après avoir dévalé un toboggan qui débouche à l'extérieur. Les piscines déploient leur surface sous l'immense dôme et il suffit pour un nageur de plonger et il émerge dehors, dans une eau fumante au contact de l'air glacé. Ils se réchauffent avec peine ceux qui, après une course sur les chemins du parc, poussent les portes battantes pour s'engouffrer sous la bulle. L'eau n'est pas assez chaude. La ventilation ambiante pas assez puissante. Les bains bouillonnants des jacuzzis sont bondés. Lise comprend que leur température, sans doute, est plus accueillante.
Elle passe l'après-midi en maillot de bain sous la bulle tropicale d'Aquaboulevard à Issy-les-Moulineaux. Elle lit Catherine Cusset. Elle admire son savoir faire. Elle aime ces traces de vie laissées sur les pages.
Elle attend Julien qui passe la journée sur les courts de tennis. Il entame sa deuxième semaine de vacances et son deuxième stage au gymnase-club. Alors que Loïc a choisi, jusqu'à la rentrée, de rester à la maison.
Lise ne peut pas apprendre à sa place.
Il s'est amusé pendant la première semaine avec Julien. Il a participé à l'animation du groupe sur les courts, comme toujours lorsqu'il est en collectivité. Il aime être au centre, le bout en train, il plaisante. Avec lui l'ambiance a été bonne. A la fin, le moniteur lui a laissé sa carte de visite. Loïc peut l'appeler quand il veut, pour une heure ou une journée de tennis. Il joue dans un club du XVème arrondissement.
Le bac blanc de français l'attend à l'issue des vacances.
Lise ne l'aide pas.
Et elle sait qu'il a besoin de temps pour le par coeur. Il doit apprendre par coeur les arguments analytiques de huit textes. Il n'a pas d'autre solution, il doit y passer du temps. Il devra rédiger un exposé adapté à la problématique de l'examinateur, préparera pendant une demi-heure pour une présentation de dix minutes. Puis un entretien de culture générale suivra.
Lise ne peut l'aider.
Elle le lui a bien dit. Il ne dispose pas d'une autre méthode. Il doit passer par le par c??ur. Il n'a pas le choix.
Lise se souvient bien de ses propres années de lycée à partir de la classe de première. Elle peut donc en parler à Loïc, le conseiller. Elle lui a déjà souvent raconté son absence de souvenirs plus anciens, pas de mémoire, ni du collège, ni de l'école primaire, pas de souvenir de difficulté notable en tout cas. Mais les angoisses à partir de la classe de première sont précises dans son esprit. Elle avait seize ans.
Alors elle conseille son fils. « L'oral de français est simple tout compte fait. Il suffit d'apprendre. Par c??ur. »
Loïc suit le conseil de sa mère. Discipliné, sérieux, il lui fait confiance. Et, ces jours-ci, pendant la deuxième semaine des vacances, elle le laisse seul dans sa chambre, à Paris, alors qu'elle passe la journée à Issy-les-Moulineaux, près du gymnase club, alors qu'elle attend Julien.
Elle laisse Loïc.
Le soir elle s'assoit à son bureau. Elle se saisit du texte appris dans la journée. Elle lui propose une problématique. Et il récite, expose pendant dix minutes après avoir préparé pendant une demi-heure.
Ils ont, tous deux, chaque soir, ce rendez-vous.
Loïc s'y plie avec docilité. Bonne volonté.
Ensuite, il le sait, il l'attend, il l'a bien gagné, ensuite il dispose de « temps libre » jusqu'au coucher. Il retrouve Zelda, le jeu vidéo préféré du moment, version adaptée à la nouvelle console Wii reçue à Noël. Ou alors il s'installe sur son canapé, les deux téléphones à l'oreille et mène une conversation à trois, avec José et Arthur. Lise entre dans sa chambre avec une pomme épluchée, coupée en morceaux, avec du fromage, de la banane, son bifteck, avec le riz. Il s'amuse à lui parler durement pour rire, pour impressionner José qui lui, n'est pas servi dans sa chambre et qui, face à ses parents, ne lève pas le ton, ne critique pas, accepte, sans mot dire. Loïc joue au petit chef avec Lise. Il plaisante, elle le sait. Il tourne son propre confort en dérision devant son ami. Elle comprend, n'en est pas blessée.
Loïc est heureux le soir.
Et dans la journée, aussi, il apprécie. Il dispose de la maison, des heures entières.
Le matin, pour qu'il s'y mette sans tarder, avec un bon rythme, Lise a prévu deux heures de cours particuliers. En maths et en physique. Elle a déjà quitté la maison, à dix heures, avec Julien quand M. Elpag sonne à la porte. Loïc, alors, s'installe avec lui jusqu'à midi. Puis il apprécie la solitude. C'est si rare, précieux, l'une des premières fois.
Lise n'a jamais pensé à revenir près de lui dans la journée après avoir déposé Julien. Elle supporterait mal les embouteillages, inévitables sur les périphériques. Elle n'aurait pas assez de temps pour elle. Cette organisation irrationnelle l'abattrait. A coup sûr.
Elle n'a pas le choix.
Et elle laisse Loïc des heures entières, seul, avec l'unique contrainte de la restitution, le soir, des textes vus dans la journée. Il s'organise comme il le souhaite.
Lise doit se protéger. Tourner autour de lui, le surveiller, sans l'aider vraiment, la blesserait. Elle. Et blesserait son fils aussi.
Elle n'a pas le choix pour l'organisation de la semaine'
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