Carole Détain

SUR LE SEUIL

... Maude n’avait cessé d’apercevoir, au cours de leurs promenades, des familles, mari et femme, ou père, mère et enfants, qui s’équipaient, chaussure

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171866

Reliures : Dos carré collé

Formats : 11x17 cm

Pages : 114

Impression : Noir et blanc

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... Maude n’avait cessé d’apercevoir, au cours de leurs promenades, des familles, mari et femme, ou père, mère et enfants, qui s’équipaient, chaussure

Autour de Carole Détain

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Ses ouvrages
Résumé
... Maude n’avait cessé d’apercevoir, au cours de leurs promenades, des familles, mari et femme, ou père, mère et enfants, qui s’équipaient, chaussures de voile enfilées et gilets de sauvetage ajustés, et qui partaient en mer… nous ne pouvons pas louer, s’était-elle dit… il n’y a donc qu’une solution… il suffit d’acheter un bateau… Elle était arrivée à cette conclusion qu’elle ne révéla pas à Thibault. Il l’aurait trouvée farfelue. Et elle se mit gaillardement en quête de l’objet convoité. Elle ne tarda pas à trouver, sur le parking du yacht club, une coque semblable à celle d’un Vaurien, mais dépourvue de gréement. Elle semblait abandonnée… j’essaierai de rencontrer le propriétaire, se dit-elle… ce bateau parait oublié…
Avis des lecteurs
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Isabelle Moreno

Autre opus de Carole Détain, riche, apportant annuellement son pesant d’existence. Pour pouvoir poser la sienne, continuer de la modeler, et enrichir la nôtre de toute cette nouvelle expérience acquise, cet été-là à Ker Bihan en 2012.

Son titre ? Il peut s’entendre de façon statique (On reste sur le seuil de quelque chose, on n’ose avancer…) ou dynamique (On veut le franchir pour qu’ici, en l’occurrence, l’énergie familiale continue de circuler de manière vitale, créative…).

Tout compte fait, rares sont les moments du livre où on sent Maude, la narratrice, bloquée, figée dans l’angoisse. De son propre aveu, modeste, lucide, elle se trouve dans l’incapacité de se poser, se comparant volontiers à une « formule un » ! Il faut qu’elle avance, se trouve une solution, des stratagèmes, pour résoudre ses difficultés, tout en gardant une conscience aiguë de ses propres fragilités (elle se compare à de la porcelaine). Dimension qui rapproche le lecteur de Maude, suscite sa profonde empathie.

Maude, à la fois très intellectuelle et très affective, éprouve toujours un vif besoin de culture et d’harmonie familiale, composé de forces qu’elle a su insuffler au sein de sa famille. Ses enfants comprennent ses aspirations. Mais son mari, se retranchant parfois derrière ses propres préoccupations, semble, dans ces moments, la renvoyer à sa propre solitude, ce qui la fait cruellement souffrir.
Mais, d’un livre à l’autre, Maude change, se révélant de plus en plus forte, parce qu’elle fait toujours effort, voulant percer à jour les mystères de son propre fonctionnement (de sa sensibilité), de ses besoins (pour la première fois, elle ira cet été-là chaque matin nager seule).

Volontaire, active, pleine de ressources, elle trouve toujours le moyen de se sortir de ces impasses.
Comme parler à son rythme sur le répondeur de ses interlocuteurs (celui de son mari, de ses amies Virginie, Fanny, Rosalie…), préparer des notes pour une conversation plus riche en face à face au restaurant, écouter dans les moments creux de communication l’enregistrement d’un livre fleuve du romancier japonais Murakami.
Et puis écrire, année après année, devoir qu’elle s’impose, que son amie Virginie lui rappelle.

Mais la peur de l’impasse, du grain de sable qui risque de tout enrayer reste omniprésente (quand, par exemple, Thibault fait une chute).
Chaque journée doit être pensée à l’avance en fonction des forces et des failles de chacun. En période de vacances, l’organisation semble bien synchronisée. Le matin, le mari part seul prendre son café et lire la presse pendant que Maude effectue ses rangements puis va se baigner. Les deux garçons se lèvent tard, puis louent un bateau ou une planche à voile. Le midi Maude et son mari se retrouvent dans un restaurant pour déjeuner avant une partie d’échecs et une longue promenade au bord de mer. Le soir, la famille se rassemble autour d’une partie de poker, un film.
Maude craint l’oisiveté tout autant pour elle-même que pour ses enfants. A la fin des vacances, au dernier chapitre, quand tout s’achève, Maude s’effondre : elle pleure. L’humeur taciturne de Thibault (le retour au quotidien le stresse) en est le déclencheur.
Maude, avec justesse, sent que « L’équilibre reste à trouver, celui de la juste perception ».

Tout un programme de vie.
Et pourtant, on sent bien que livre après livre, Maude, affûtant son regard, affinant ses observations, est passée à une autre spirale d’existence, toujours plus profonde, plus vraie, en cohérence avec elle-même et les autres.

Touchant parfois presque au bonheur.

Le style du livre est vif, varié. La centaine de pages se lit en quelques heures. On y est touché par tous les efforts de l’auteure qui s’y déploie avec beaucoup d’honnêteté, de courage. Maude, livre après livre, nous devient une opiniâtre compagne d'existence.


Madeleine C
C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai repris la lecture de la "saga des Valente". J'en ai apprécié la légereté , la détente enfin , plus d'atmosphère tendue plus d'angoisse ou d'inquiétude, enfin la joie d'atteindre harmonie et bonheur d'être ensemble ou séparés . Contentement des parents, contentement des enfants , complicités à un niveau ou un autre entre chacun de ces protagonistes. L'écriture est de plus en plus fluide à l'image de la vie et de l'énergie qui circule entre les êtres . De belles ouvertures sur les plages et la bonne chaleur de 2012... Que du bonheur! les rappels du passé plus difficile ne font que mettre en valeur l'équilibre d'aujourd'hui fruit d'un long travail, appliqué, sans relâche, accompli jour après jour avec une conscience pétrie de ferveur par le personnage principal .

Raymonde F. Je me suis laissée prendre à ce thriller psychologique à l'ambigüité entêtante (ennui/bonheur, conformisme/pathologie, dévouement/besoin de réassurance, routine/catastrophe,...). Mais je me suis demandée si certains effets étaient volontaires ou non : répétitions de situations, si bien qu'on s'ennuie avec les protagonistes (ou du moins les protagonistes tels que les voit Maude) [là je crois que oui] ; répétition d'informations concernant la scolarité du fils cadet. J'aurais envie d'un tome 2 : en effet, le livre lui-même semble "sur le seuil", sans dénouement alors qu'on attend à plusieurs reprises quelque chose de terrible, et rien ne se produit [mais ce peut être un choix d'auteur que de faire retourner les personnages à cette zone grise dont ils ont failli sortir, après avoir fait craindre le pire] ; Virginie et l'amie malade sont un peu larguées en cours de route, une fois accompli leur rôle de miroir inversé par rapport à Maude ; et le bateau démâté (joli symbole) reste en cale… Maude est un beau personnage, et qui est très fouillé. Les autres moins, mais c'est un peu logique, puisqu'ils sont vus par elle, qui est surtout occupée à "garder le contrôle" sur elle-même et sur les autres, qu'elle perçoit à travers ses propres angoisses.



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