Lise Lasnère

UN AVENIR OUVERT

"Un avenir ouvert" est le récit de vie d'une adolescente qui n'est autre que l'auteur. En Terminale, Lise Lasnère commençait la rédaction de son journ

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91848

Reliures : Dos carré collé

Formats : 11x17 cm

Pages : 110

Impression : Noir et blanc

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"Un avenir ouvert" est le récit de vie d'une adolescente qui n'est autre que l'auteur. En Terminale, Lise Lasnère commençait la rédaction de son journ

Autour de Lise Lasnère

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Ses ouvrages
Résumé
"Un avenir ouvert" est le récit de vie d'une adolescente qui n'est autre que l'auteur. En Terminale, Lise Lasnère commençait la rédaction de son journal intime. Trente ans plus tard, le relisant, elle se redécouvrait, lycéenne, à l'aube d'une existence nouvelle qu'elle attendait impatiemment, après le baccaluréat.

Lise Lasnère présente ce journal réécrit sous forme de récit tout en respectant le contenu d'origine, le prisme personnel de l'adolescente qu'elle fut l'année où ele choisit ses futures études, où elle imahinait l'avenir, où elle tentait, tant bien que mal, d'échafauder une ébauche de vision du monde.



Quelques extraits :
... Les fauteuils de la niche, disposés en angle autour d'une table transparente, sur une moquette épaisse de couleur beige, étaient face au grand écran de télévision. Michel Drucker présentait les interviews et les chansons du dimanche après-midi. Lise s'était isolée. Elle était montée. Elle venait de terminer la lecture du Journal d'Anne Franck. Et sa décision était prise. Elle aussi écrirait. Pour laisser une trace. Et pour se connaître. En profondeur. Qui était-elle réellement ? Au lycée, elle était bonne élève. Mais pourquoi au fond ? Elle ne savait pas. Elle travaillait pour l'apparence. Pour plaire aux autres. Pour réussir. Comme tout le monde. Elle passait du temps sur les maths et la physique, les deux matières qui comptaient. Elle était motivée par la peur aussi. Peur du mépris des enseignants, du professeur de maths surtout. Elle écrirait. Comme Anne Franck. Pour acquérir une personnalité. Pour se forger des opinions. Anne Franck était capable de penser. Elle était capable d'aimer. Elle vivait vraiment. Lise s'interrogeait sur sa vie. Elle ne savait qu'en dire. Elle aimait la voile. Elle rêvait de naviguer plus tard. Quoi d'autre ? Elle s'isola ce jour-là. Elle écrivit. Elle était bouleversée. Une vie nouvelle commençait.
Les vacances de Noël s'achevaient. Le lendemain, elle retournait au lycée. Elle inaugura un cahier. Ecrivit plusieurs pages. Puis elle fit des exercices de maths qu'elle devait terminer pour le vendredi suivant. Ils étaient faciles. Calculs de dérivées. Mais ce fut utile. Lise n'avait pas travaillé pendant les congés. Ainsi elle révisa le cours. Elle descendit ensuite pour le dîner et passa la soirée devant la télévision avec sa famille. Seule Cathy était déjà dans sa chambre. Elle était en quatrième. Et ne devait pas se coucher tard. Ils regardèrent le film du dimanche soir, Vacances romaines. Lise aimait Audrey Hepburn. Fine et lumineuse. Elle apprécia le joli film. Romantique...

...Le soir, la famille était réunie autour de la table. Sylvain s'adressa à Lise.
Sylvain n'avait pas fait d'études. A seize ans, il avait quitté l'école, un diplôme d'électricité en poche. Et il avait mené une vie aventureuse. Pour chercher fortune. Sans succès. Il s'était marié en 1952, à vingt-huit ans. La stabilité commençait pour lui. En 1957, il entrait chez Renault. Il était un vendeur exceptionnel. Il avait la confiance de son patron qui lui accorda la direction d'une annexe adossée à la concession principale pour vendre des véhicules d'occasion. Avec les années, Sylvain transforma cet établissement en concession. En 1975 il en était le PDG. Il dirigeait une soixantaine de personnes. Il possédait sa maison près du lac. Et une jolie maison de vacances au bord de la mer.
Et ce soir-là, le mercredi 10 janvier, lorsqu'il se tourna vers Lise pour lui parler, Thérèse, sa fille aînée, à vingt et un ans, était en quatrième année de médecine. Il en était fier. Sa seconde fille avait d'excellents résultats au lycée. Mais l'idée n'effleurait pas Lise de faire médecine. Et elle pensait que sa voie était toute tracée. Elle ferait math sup. Le reste suivrait.
Ce soir là, Sylvain lui dit qu'il la verrait bien faire HEC. Pour lui, cette école était le symbole d'une éclatante réussite. Lise écouta. Thérèse intervint. Elle était enthousiaste. Elle expliqua à Lise combien ces études seraient fantastiques et variées. Passionnantes. Ouvertes sur la vie. Plus tard, Lise côtoierait tous les milieux. Les ouvriers comme les ingénieurs.

Jeudi 11 janvier
Le soir, Lise écrivit neuf pages dans son journal. L'écriture était la même. Alerte, bien formée. Elle exultait. Son père était intervenu. Il l'avait sortie du piège. La veille, justement, dans son cahier, elle avait décrit comment les maths, la physique l'encerclaient, comment ces deux matières structuraient sa vie. Sans son père, elle aurait poursuivi la voie toute tracée. Mais il était là. Il l'avait comprise. Il lui avait conseillé des études superbes. Qui lui dévoileraient le monde. Peut-être même, elle voyagerait plus tard..
... Vendredi 15 mars.
Une fois encore, Lise tenta d'aller à la table des maths sup. Elle n'essaierait plus. On ne faisait pas connaissance ainsi. Au lieu de s'approcher de lui, elle s'éloignait. Elle ne trouvait rien à lui dire.
Lise trouvait que sa propre vie n'avait aucune ressemblance avec celle de Simone de Beauvoir. Lorsque cette femme s'intéressait à quelqu'un, les événements étaient simples. La rencontre avait lieu. La vie s'épanouissait. Simone de Beauvoir ne s'encombrait pas d'obstacles sans importance. Sartre avait été l'homme de sa vie. La rencontre avait été naturelle. Entre eux, les mots avaient circulé. De son côté, Lise était experte pour rêver. Imaginer. Et, lorsqu'elle était à sa table, entourée des garçons de sa classe, elle restait muette. Elle était pusillanime. Velléitaire. Il n'y avait aucun rapport entre les livres qu'elle lisait et sa propre vie. La vie de Simone de Beauvoir était évidente. La sienne était bloquée, grippée. Elle n'avançait pas.
Lise avait terminé la lecture des Mémoires d'une jeune fille rangée. Elle lisait La force de l'âge.
Le fossé était immense entre la vie de Simone de Beauvoir et la sienne, et pourtant, elle reconnaissait des aspirations qu'elle avait éprouvées. Simone de Beauvoir marchait à pied. Elle visitait, au rythme de ses pas, Marseille et la Bretagne, l'Alsace et Le Havre. Et Lise se souvenait que l'été précédent, assise près de la cheminée, dans la maison de ses parents, au bord de la mer, elle avait nourri ce même désir. Elle s'était imaginée partant faire un tour de France à pied. Pour découvrir son pays. En profondeur...

... La maison trembla. Il y eut des hurlements. Des portes claquèrent.
Lise s'accroupit seule dans des pièces closes et noires. Espérant disparaître sous terre. Thérèse scandalisée. Respiration coupée. Hors d'elle. Situation insupportable. Elle avait découvert le journal de Lise. L'avait lu. Avait levé les bras au ciel. Et avait crié. Avait hurlé. Avait tout dit à Claire. Sa colère avait fait vaciller les fondations de la maison. Claire se rendait-elle compte ? Pouvait-on tolérer ? Tolérer Lise ? Un monstre. Noir. Hideux. Claire devait voir et savoir, devait regarder et lire, dans le cahier, comment Lise traitait Thérèse. Lise écrivait que Thérèse était bête. Consternation et silence, ensuite, dans la maison. Abîmée dans des gouffres de culpabilité, enfermée derrière des murs opaques, Lise avait honte. Du fond du c??ur, Claire approuvait sa fille aînée. Le père ne parlait pas. En retrait. Lourde peine qui emplissait son âme. La bourrasque du drame, partout, s'insinuait. Dans les interstices du plancher. Sous les portes fermées. Derrière les cloisons hermétiquement verrouillées.
Traquée, Lise ne savait où se terrer. Elle s'excusait. Demandait pardon. On ne l'avait pas comprise. Elle ne le pensait pas bien sûr. Non. Sa s??ur n'était pas stupide. Pas cela. Non. Pas cette abomination qu'elle avait voulu écrire.
Elle supplia.
Elle resta anéantie.
Des jours.
Plus longtemps encore...

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