Je ne jouerai pas les accompagnateurs pédants dispensant une leçon mal apprise, comme s’il s’agissait d’une manne céleste. Comment pourrais-je professer sur le mode doctrinal, une histoire des masques bien léchée et exhaustive, en étouffant nos inquiétudes, le vif-argent de nos sentiments et de nos réflexions dans la raideur mortuaire d’un abécédaire, d’un bric-à-brac à la Prévert. Je me garderai de vous entretenir d’un entassements de masques, aussi singuliers soient-ils, comme déposés là par hasard, suite à la crue d’un fleuve colérique.
Aussi, ne s’agira-t-il pas de narrer l’histoire des masques, ce qui serait nominaliste et par trop réducteur. Je questionnerai plutôt les représentations d’un ensemble complexe, véhiculé par le mot même de masque. Un territoire, par ailleurs, aux limites incertaines qui a pris forme dès la préhistoire, et qui s’est perpétué durant « La grande Histoire », dont je m’efforcerai de suivre les variations, les métamorphoses, les généalogies plurielles.
Ces multiples strates d’interprétations, littéraires, sociologiques, ethnologiques, anthropologiques et scientifiques, s’entrecroiseront et se recouvriront au fil de mon récit. Aussi, la diversité de ses lectures et de ses approches, ne pourra rendre que partiellement la pluralité de la voix des masques. Encore, m’aura-t-il fallu opérer des choix douloureux pour parler de « ce trou noir ontologique, pèlerin d’un univers dédoublé » pour paraphraser le philosophe Heidegger.



Passionné de nature et loin d'être nostalgique, j'ai un esprit plutôt surréaliste et optimiste. J'adore les voyages qui sont source de dépaysement, plus encore de métamorphose intérieure. Pour moi la vie est une légende que la compagnie féminine nous aide à parfaire. C'est probablement pour cela que j'ai toujours aimé les égéries des peintres des poètes des écrivains.
La peau est une robe de soirée, qui enveloppe notre corps, mon cher Alexandre et je suis heureux que tu en parles. J'ai choisi d'orner la mienne, depuis bien des années.
L'"accessoirisation" de la peau consiste à y intégrer des éléments constitués d'encre, de métal plus ou moins précieux, de corne et d'os. La pose de ces parure est douloureuse, il s'agit là d'un "passage" dans un autre monde, celui qui devrait inciter au respect, alors qu'en France, le mépris est de mise.
Des ornements singuliers qui se dissimulent sous une autre peau d'artifice que constituent mes vêtements... Ces autres vêtements me protègent du mépris et de l'incompréhension de ceux qui, par manque d'habitude, me perçoivent comme un taré.
Pour ma part, j'ai été "initié" en Autriche, un pays conservateur et pourtant, les autrichiens, tout comme les anglo-saxons sont passés maître de l'ornement corporel...
Merci mon cher Alexandre de démocratiser cet art barbare, dans un pays un peu rétrograde.
Savez-vous que l'école Française du tatouage provient des bagnes militaires d'Afrique du Nord (coloniale), comme le bagne de Biribi ?