Roland de Biasi écrit comme on ouvre une fenêtre un jour de grand vent : pour faire entrer l’air, certes, mais aussi pour déranger quelques papiers trop bien rangés.
Né en Guadeloupe et riche de près de quarante années passées dans l’audiovisuel public, de l’ORTF à Outremer Première, il a conservé l’œil du témoin, l’oreille attentive aux voix singulières et une méfiance réjouie envers les vérités trop sûres d’elles-mêmes.
Romans, récits, recueils de nouvelles et pensées composent une œuvre volontairement plurielle. De « Là… Ou bien quand ? » à « La Lignée », de la trilogie « Quelles sont les nouvelles ? » à « La Schizophrénie du Zèbre », Roland de Biasi explore l’identité, le métissage, la mémoire, les héritages et les contradictions humaines. Son écriture mêle la poésie à un regard parfois caustique sur la réalité, la réflexion à l’humour, la tendresse à l’irrévérence, quelquefois jusque dans l’absurde.
Auteur doucement révolté, il préfère les questions aux certitudes, les chemins de traverse aux routes balisées et les sentiments aux démonstrations. Ses racines antillaises affleurent dans certains textes sans jamais enfermer son univers, qui s’adresse avant tout à l’humain, sous toutes ses latitudes et dans quelques-uns de ses travers.
Attaché à sa liberté, il a choisi l’autoédition pour préserver sa voix. Il a également tenu à faire vivre, à titre posthume, trois œuvres de son père, Christian de Biasi : « Meurtres en série », « Et chèques mat » et « Impitoyable Eros ». Un geste de transmission autant que d’édition, par lequel une voix disparue continue de rencontrer ses lecteurs.
Chez Roland de Biasi, le rire n’efface jamais la gravité : il l’empêche simplement de prendre tout le pouvoir.