Jacob Tanzi

Le pas de la tortue

2050. L’Occident a sacrifié son humanité sur l’autel de la vitesse : puces cérébrales, émotions commercialisées, avatars omniprésents. Ceux qui refuse

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387492

Reliures : Dos carré collé

Formats : 14,8x21 cm

Pages : 207

Impression : Noir et blanc

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2050. L’Occident a sacrifié son humanité sur l’autel de la vitesse : puces cérébrales, émotions commercialisées, avatars omniprésents. Ceux qui refuse

Autour de Jacob Tanzi

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À propos de l'auteur
Jacob Tanzi, de son nom complet Jack Jacob Tanzi, est un auteur originaire de la République du Congo. Étudiant-chercheur à l'Université Marien Ngouabi, au sein de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, il poursuit actuellement un master en philosophie africaine après avoir obtenu une licence en philosophie. Il enseigne également l'histoire et la géographie.Son œuvre s'appuie sur une réflexion critique sur le panafricanisme, la philosophie africaine et les enjeux scientifiques contemporains. À travers ses essais, il propose des analyses et des réflexions visant à enrichir le débat intellectuel et à interroger les fondements des sociétés africaines modernes. Parallèlement à ses recherches philosophiques, il se passionne pour l'écriture romanesque, qu'il considère comme un espace unique d'expression, d'imagination et de transmission des idées.
Résumé
2050. L’Occident a sacrifié son humanité sur l’autel de la vitesse : puces cérébrales, émotions commercialisées, avatars omniprésents. Ceux qui refusent l’augmentation sont des anomalies qu’il faut effacer.
Au Mali, le village de Toumbara vit encore au rythme de la terre. Mais Viktor, presque entièrement machine, convoite leurs affects naturels – la dernière source d’émotions spontanées.

Nia, jeune femme à l’empathie rare, refuse qu’on lui vole son humanité. Aidée par Elara, une scientifique en fuite, et des anciens du village, elle organise une résistance inattendue.
Une dystopie renversée où l’Afrique prétendument en retard scientifiquement devient le dernier rempart d’une humanité qui respire encore.
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Ce qui saisit immédiatement à la lecture, c'est l'originalité du postulat de Jacob Tanzi. Alors que le genre de l'anticipation nous a habitués à des récits hyper-technologiques centrés uniquement sur l'Occident, l'auteur choisit de bousculer les codes. En 2050, l'Europe a troqué son âme contre la vitesse et la cybernétique, tandis que le village de Toumbara au Mali, ancré dans le respect de la terre et des ancêtres, devient paradoxalement le dernier bastion de l'humanité pure.
L'idée d'une puissance technologique (incarnée par le terrifiant Viktor) qui cherche à « moissonner » et coloniser les émotions spontanées de l'Afrique est à la fois une métaphore brillante du néocolonialisme et une critique acerbe de notre dépendance aux algorithmes. On sent d'ailleurs très bien la formation en philosophie de l'auteur derrière les lignes : le récit interroge constamment le prix du progrès.
Ce qui fonctionne bien selon moi est tout d'abord l'opposition des rythmes : Le contraste saisissant entre la frénésie occidentale (puces, avatars, émotions artificielles) et la lenteur obstinée, presque sacrée, de Toumbara. Le titre prend ici tout son sens : la tortue avance lentement, mais elle survit.
Aussi le duo Nia / Elara fonctionne très bien. L'alliance entre Nia, cette figure locale à l'empathie rare, et Elara, la scientifique occidentale en fuite, fonctionne à merveille. C'est le point de jonction parfait entre la conscience de la machine et l'intelligence du cœur.
Je félicite également Jacob Tanzi pour cette fin audacieuse et subtile : Sans tomber dans le piège du dénouement hollywoodien ultra-violent avec un grand méchant terrassé de manière classique, Tanzi choisit une résolution beaucoup plus fine. Cette image de fin, pleine d'espoir et de poésie (le pilote repartant avec des graines et des enfants non augmentés), résonne comme une promesse de renaissance pour l'Europe.
Je dirais donc que l'auteur a un vrai talent pour faire exister un personnage ou une atmosphère à travers un simple geste ou une métaphore bien sentie.
Mais comme tout œuvre littéraire, les erreurs ne manquent pas. Ce qui aurait pu être poussé encore plus loin c'est l'exposition de l'univers (la prémisse) est parfois un peu trop explicitative. On a parfois l'impression que le texte veut nous expliquer les enjeux plutôt que de nous laisser les vivre pleinement par l'action, surtout au tout début. Heureusement, une fois le récit lancé, on est totalement emporté.
Une lecture que je recommande sans hésiter à ceux qui cherchent une dystopie qui fait réfléchir autant qu'elle fait voyager.

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