Auteur de romans, nouvelles et récits de voyage fictionnels dans la sphère pénale, "Des lieux en nous", mon premier roman, raconte une histoire dans laquelle je décris des lieux, pour parler de l’identité et du déracinement.
Avec "L'histoire prodigieuse de Colin Khazar", petit être inactuel et désuet, je tente d'échapper au tropisme de mon expérience professionnelle dans le domaine de la justice pénale. J’entraine mon lecteur d’une aventure à l’autre dans une suite de sept nouvelles en forme de conte moderne, tantôt moral, parfois sceptique, décrivant avec perplexité la réalité d’un monde qui risque à tout moment de basculer entre l’insignifiance et l’oubli. Heureusement, le regard de Colin est resté celui d’un être parallèle sachant, avec dérision, rendre drôle une société imaginaire que l’on pourrait être parfois tenté de prendre au sérieux.
"La Peuche", mon troisième récit auto-édité comme les deux premiers, raconte l'histoire du Paris populaire, les Buttes-Chaumont, la nostalgie d’une époque si proche et déjà si lointaine. Une petite bande de voyous sympathiques des années soixante-dix quatre-vingts aux activités douteuses. L’échec, l’espoir, la réinsertion. Un peu d’humour enfin, pour sublimer le quotidien.
Mais pourquoi l’auto-édition ? Prenons l’affaire par le début. Il est question ici d’une passion, celle qui anime, je suppose, tous les auteurs. Écrire ! Pour certains, c’est un pensum. Dans ma carrière, j’ai beaucoup écrit. C’était une obligation inhérente à mes fonctions. Mais elle ne m’a jamais pesé, bien au contraire. J’ai rédigé des rapports, des conclusions, des réquisitoires, des ordonnances, des jugements, que sais-je encore. J’ai analysé, synthétisé, expliqué. Une décision de justice est le résultat d’une longue élaboration. C’est une œuvre riche et complexe, à la croisée de nombreux chemins. Elle est normée de toutes parts, c’est nécessairement le produit d’un raisonnement logique. Et pour cette raison, elle doit être expliquée. Un réquisitoire, une ordonnance, un jugement doivent rendre compte par écrit, de la décision prise. Le raisonnement peut en être contesté. C’est une garantie d’équilibre, une discussion qui appelle la contradiction, et cette exigence est une liberté publique fondamentale. On se demande ici où je veux en venir, et quel est le rapport avec l’auto-édition ? L’écriture et la littérature sont un dialogue avec un autre, inconnu, un pas confiant vers autrui, un partage parfois difficile, de nos mondes intérieurs. Je prends le parti de le dire brutalement ici, cette démarche très personnelle s’il en est, est adressée à un lecteur, pas à un comité de lecture. Quelles que soient la bonne volonté et la bienveillance de ce comité de jugement dont on ne connait ni la composition, ni les lois, il est réuni pour opérer une sélection correspondant à des critères qui lui sont propres. Je ne doute pas qu’il soit composé de fins connaisseurs du lectorat, mais celui auquel je veux m’adresser est le lecteur lui-même. Mon premier roman a été suivi de nouvelles, puis d’autres récits que je mets au monde pour leur donner vie, en espérant comme lorsqu’on enfante, que celle-ci sera heureuse et longue. Pour les raisons que je viens d’exposer et par amour profond pour la liberté, j’ai fait le choix de l’auto-édition. Cependant, j’en appelle ici à la conscience des lecteurs et voici ce que je veux leur dire. Ce choix qui est le mien est encore davantage le vôtre. Lorsque vous achetez un livre proposé par une maison d’édition, vous faites le choix d’accepter une sélection dont vous supposez qu’elle obéit à des critères sûrs que vous ne mettez pas en question. C’est votre liberté, bien sûr. Mais si vous aimez comme moi la liberté au-delà de ce confort là, osez découvrir des auteurs auto-édités qui ont pris le risque de soumettre directement leurs œuvres à votre jugement personnel.