Bernard Soulié-Arrighi

Bernard Soulié-Arrighi

Auteur de romans, nouvelles et récits de voyage fictionnels dans la sphère pénale après une carrière de magistrat pénaliste, je prends un immense plaisir à renaitre aujourd’hui dans l’édition. "Des lieux en nous", mon premier roman, raconte une histoire dans laquelle je décris des lieux, pour parler de l’identité et du déracinement. On choisit rarement la justice pénale par hasard. Et parce qu’on ne devient pas non plus auteur par hasard, j’ai découvert ma passion pour l’écriture à l’occasion d’un voyage retour dans la culture corse et le passé de ma mère. "Des lieux en nous", mon premier roman, puise dans cette histoire.

La trame du récit est directement issue de mon expérience de magistrat. Dans une confrontation parfois brutale avec l’humanité irréductible des comportements humains, la justice m’a d’abord permis de me situer dans la société. Elle a été également pour moi, un laboratoire d’analyse. C’est cet enrichissement personnel que j’essaie de rendre aujourd’hui dans mon travail d’auteur. J’utilise pour cela plusieurs genres littéraires faisant écho à des expériences que j’ai vécues, dans des univers très différents.

"Des lieux en nous"

Il y a toujours, dans l’esprit humain, une relation entre les lieux, les gens et l’esprit lui-même. Des lieux que le hasard a choisis pour nous, ou que nous avons nous-même choisis, nous inspirent parfois les actes majeurs de nos existences. Ils restent profondément gravés en nous et nourrissent nos souvenirs. "Des lieux en nous" est un voyage initiatique dans les profondeurs de l’âme humaine et une rencontre avec la Corse. La narration commence avec l’idéalisation d’une île et s’achève avec l’émergence brutale d’un côté sombre de la culture insulaire. L’histoire singulière de Guido Duval-Guidici, le personnage principal, explore le mécanisme du passage à l’acte criminel, entre une lente maturation et un basculement soudain. Mais cette fois la victime a décidé de changer de camp.

Dans l’histoire inspirée de faits réels que je raconte ici, l’effet d’une menace mortifère adressée d’une seule parole est d’une telle puissance qu’il révèle la véritable personnalité de celui qui la reçoit et se retourne contre celui qui la prononce. Le récit est celui d’un homme seul, à la recherche de son identité, qui commet un triple crime, comme si ce chemin avait été tracé pour lui par les incantations victimaires de sa mère. Il cherche son destin dans le passé de sa famille et agit pour être entendu, parce que du fait de son éducation, sa rencontre avec le monde ne s’est pas faite. Dans le dénouement de cette quête existentielle, le lecteur est invité à cheminer vers une compréhension différente de sa propre identité. Faire triompher le bien en détruisant le mal par la violence et éliminer le crime en commettant le crime, n’est pas le moindre des paradoxes. Mais pour Guido, la réparation est à ce prix. Le roman fait le lien, entre l’irrépressible besoin d’identité et celui d’un acte absolu, auquel, en désespoir de cause, un homme peut être tenté de s’accrocher.

Guido a eu plusieurs vies, mais jamais la sienne. Il décide un jour de renouer avec le passé des Guidici, pour terminer en Corse, dans son biotope, pense-t-il, comme un ghjattu-volpe. Mais lorsque Tony Rizzo l'interpelle un beau matin pour le menacer, les souffrances de sa mère et la haine ancestrale opposant les Rizzo à sa famille refont surface d’un coup. L'heure des comptes est arrivée et Tony Rizzo doit goûter à son tour, la véritable odeur du sang, lorsque ce sera le sien propre qui s’écoulera lentement sur le gravier. Ainsi a-t-il, d’un mot, sans le vouloir, donné à l’existence terne et monotone de Guido Duval-Guidici, un sens inattendu.

Au travers d’un récit profond et détaillé, je propose un regard inédit sur des événements ayant marqué l’histoire contemporaine de la Corse, le déracinement, le retour et leur lien avec la question de l’identité.

"L'histoire prodigieuse de Colin Khazar"

Avec "L'histoire prodigieuse de Colin Khazar", je me détache de ma propre histoire et tente également d'échapper au tropisme de mon expérience professionnelle dans le domaine de la justice pénale. J’entraine mon lecteur d’une aventure à l’autre dans une suite de sept nouvelles en forme de conte moderne, tantôt moral, parfois sceptique, décrivant avec perplexité la réalité d’un monde qui risque à tout moment de basculer entre l’insignifiance et l’oubli. Heureusement, le regard de Colin est resté celui d’un être parallèle sachant, avec dérision, rendre drôle une société imaginaire que l’on pourrait être parfois tenté de prendre au sérieux.

"La Peuche"

"La Peuche" raconte l'histoire du Paris populaire, les Buttes-Chaumont, la nostalgie d’une époque si proche et déjà si lointaine. Une petite bande de voyous sympathiques des années soixante-dix quatre-vingts aux activités douteuses. L’échec, l’espoir, la réinsertion. Un peu d’humour enfin, pour sublimer le quotidien.

En quelques mots

À quel âge avez-vous commencé à écrire ? 25 ans
Quel est votre auteur favori ? Franz Kafka, Albert Camus, Hannah Arendt, Stéphan Zweig, Gustave Flaubert, etc...
Quel est votre style littéraire préféré ? Roman historique

Les livres de l'auteur