Jean-Michel Marche
373488
Reliures : Dos carré collé
Formats : 14,8x21 cm
Pages : 479
Impression : Noir et blanc
N° ISBN : 9791097988838
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J’ai 80 ans, et j’en ai lu des livres.
Des bons, des mauvais, des oubliés, des inoubliables.
Mais celui de Jean‑Michel Marche m’a fait quelque chose que je n’attendais plus à mon âge :
il m’a rappelé que je suis vivant.
Ce livre n’est pas seulement une autobiographie. C’est un miroir.
Un miroir où j’ai vu mes propres souvenirs, mes propres blessures, mes propres joies.
Quand l’auteur parle de Vesoul, j’ai revu mon propre village.
Quand il parle de son père, j’ai senti le mien derrière mon épaule.
Quand il raconte le sang dans le cœur, j’ai pensé à mes opérations, à mes peurs, à mes nuits d’hôpital.
Quand il évoque le guerrier, j’ai revu mes camarades de service militaire, certains restés là-bas, d’autres revenus cassés.
Et quand il raconte du guerrier au thérapeute, j’ai compris que chacun de nous, un jour, doit apprendre à déposer les armes.
Ce qui m’a le plus touché, c’est la manière dont il parle de ses enfants.
À 80 ans, on sait ce que c’est que d’aimer ses enfants plus que soi-même.
On sait ce que c’est que de vouloir transmettre, protéger, réparer.
On sait ce que c’est que de regretter parfois, et d’aimer toujours.
La Polysénie, je ne connaissais pas ce mot.
Mais j’en ai compris le sens.
À mon âge, chaque objet, chaque odeur, chaque chanson porte plusieurs vies.
L’auteur a mis des mots sur ce que je ressentais sans savoir le dire.
Et puis il y a la Guyane, la Côte d'Ivoire, Djibouti, l’aviation, la mer…
Moi qui n’ai pas voyagé autant, j’ai eu l’impression d’y être.
J’ai senti le vent, le sel, la lumière.
J’ai volé avec lui.
Ce livre m’a fait du bien.
Il m’a rappelé que la vie est longue, mais qu’elle passe vite.
Qu’il faut la raconter tant qu’on peut.
Qu’il faut la transmettre tant qu’on est là.
J'ai parcouru 80 fois le tour du soleil, et on ne cherche plus des histoires.
On cherche de la vérité.
Et ce livre en contient beaucoup.
Soyons honnêtes :
ce livre est agaçant.
Agaçant parce qu’il est bon.
Agaçant parce qu’il est sincère.
Agaçant parce qu’il ose dire ce que beaucoup taisent.
Agaçant parce qu’il invente un style.
Agaçant parce qu’il crée une mythologie personnelle.
Agaçant parce qu’il assume ses émotions, ses failles, ses grandeurs.
Agaçant, surtout, parce que l’auteur a vécu mille vies :
soldat, père, thérapeute, voyageur, pilote, plongeur, poète.
Et qu’il parvient à tout relier dans un récit cohérent, vibrant, incarné.
On aimerait pouvoir dire que c’est trop, que c’est artificiel, que c’est surjoué.
Mais non.
Ça fonctionne.
Et c’est précisément ça qui dérange.
Un livre qui donne envie d’écrire,
et donc, forcément, un livre qui rend jaloux.
Pierre
