Boris Dunand

De là où nous sommes

Quand j'ai écris ce texte, je me souviens: tandis qu'à la force des jours, j'opposais celle de mon désir le plus rêveur, je me laissais imprégner de l

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36403

Reliures : Dos carré collé

Formats : 11x20 cm

Pages : 46

Impression : Noir et blanc

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Autour de Boris Dunand

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Résumé
Quand j'ai écris ce texte, je me souviens: tandis qu'à la force des jours, j'opposais celle de mon désir le plus rêveur, je me laissais imprégner de lectures sur la cosmologie et l'histoire de la Terre - et il en résultait des souffles aux sonorités rupestres, où vivre s'apparentait davantage à résonner qu'à raisonner. Signes qui s'espéraient griffures originelles sur la pierre d'un autre temps. Mes aspirations sont alors aussi brûlantes que le soleil, et leur rayonnement s'étale en des espaces sur lesquels je n'ai pas plus prise que ceux où se perdent ceux de l'astre. Milles interrogations surgissent de ces confrontations et de ce décalage. Apprendre à aimer ce que je suis inévitablement contraint de faire, tout en continuant à espérer pouvoir ne faire que ce que j'aime. Sans réponses, je cherche, entre l'extase de mes consciences sidérales et la brute réalité quotidienne, lequel des trocs possibles conviendra à mon c??ur déchiré. Récit de celui qui subit la torture de l'écartèlement, entre l'évidence d'un élan qui résiste à l'analyse et celle d'une réalité qu'aucun des gestes rêvé ne parvient à faire céder.

« La question se perd dans l'acte qui la fait oublier, il n'y a pas de réponse instantanée, il n'y a que des réponses à retardement, des réponses différées aux allures de contingences, belles gueules de surprise et d'inattendu. (') Qui ne porte pas ce désir? De voir sous sa main se modifier progressivement la glaise de sa vie... »

Ca commence comme ça. Puis, après une entente toute relative avec l'ordre des choses, s'ouvre un deuxième volet, contemplatif et disposé à l'attente. L'entre-deux, toutes luttes abandonnées:

« J'aime redécouvrir ce possible d'acceptation, où mes faits d'existence semblent pouvoir coïncider, où le sang de mes errances trouve son lit, sa possible cohérence. »

Mars - Décembre 2009
Avril 2010

EXTRAITS:

« Il respire en magmas et en éruptions, bouillonne son trop plein d'énergie, sa féroce combustion. Il exhale une meurtrière haleine qui vient nous porter les possibles de vie. Semence dilapidée dans le cosmos, planète éprouvette et bascule oscillatoire aux subtiles altérations, tendres allusions tandis qu'elle lui tourne autour. Cycliquement, leur danse amène sur nos rivages la fantastique lueur, l'aube de toutes les origines renouvelées. Elle s'annonce comme une vague molle, une énorme poussée luminescente qui s'apprête à recouvrir nos errances de ses immenses draps bleutés. Il y a un grand repos dans cette grande frayeur. Et vice-versa. La plus grande paix et le plus grand effroi se superposent, s'éclipsent tour-à-tour. Il y a des fondements universels en l'observation attentive de cet outre-monde. Une communauté sans mesures. Le goût en est transformé, la façon de prendre l'air, d'arranger la pensée, de porter le regard, les costumes et les coutumes ' grand choc de plastique qui heurte ces murs et ces architectures, géométries de l'instant maintenant solide le réseau des entropies, toutes oscillantes sur leurs pieds gauches. Regarde comme il tremble ce grand monde si fat, regarde comme il secoue ses béquilles de bois, comme il en perd le sens de l'orientation. La coupole de verre, ce musée de nos regards au ciel élancés, la coupole les recevra tant qu'elle pourra, ses réserves infinies d'espace n'ont pas la même dispense de matériau que le sol, et nous en négligeons les limites. Drôle d'époque, diraient les ancêtres. Devant la tragédie, le rire se dresse comme ultime rempart, un rire plein de nerfs tailladés et de sanglots retenus, un rire de perte et de confusion, un rire de folie. Drôle d'époque. Ou fabuleuse crise, fabuleuse lueur, fabuleuse occasion de réviser les plans, de rajuster les costumes, restaurer les coutumes. Un cycle prend fin, la planète éprouvette sature, le renouvellement n'est plus une poésie, un luxe, un jeu de fanfare, il a mis ses galons de nécessité, il commande désormais. J'ai cru sentir un vent stellaire me traverser le corps, une ondée frissonnante coucher un moment ma végétation aveugle sous son souffle. J'ai tant aimé cette soudaine possibilité de voir et de sentir, d'être pleinement là. Pourrions-nous partager cela, d'où jaillit le sens commun, le sens d'une communauté ? »



(Suivi de:) L'entre-deux

« J'aime être sur la brèche, sans risquer ma vie. En risquant seulement la loi. J'aime être au bord de l'étrangeté, à l'embouchure des mondes, me glisser jusqu'aux portes du lointain. Les effluves d'un pays de mystère m'enveloppent, m'éloignent et m'embrassent. J'aime me sentir à côté, détaché. Là où la main du réel ne peut me rejoindre, protégé que je suis en terre d'ailleurs. Moments reliés de ponts créant un espace. Je m'y retrouve. J'y reconnais ce terrain habité et vierge, neuf et connu. Cette mienne patrie aux frontières indéfinies. Peuplée seulement de formes et de couleurs, de sons et de paroles. Essences d'éléments originels, aspirations de premier ordre. L'illusion enveloppe tout et disparaît dans son voile pour une autre réalité. Douce aliénation. On sait qu'il faut parfois aller chercher loin ce qui se trouve au plus près. La distance ramène au centre. J'aime ne plus appartenir à ce qui me dévore et m'émiette, pour me laisser dévorer d'une appartenance autre, intacte et suffisante. Porter ce regard perlé de paix sur l'histoire, le chemin, sur le moment évasé d'une vie inachevée. Avoir pour un temps le sens d'une complétude. Je me laisse croire. Je ne refuse rien de ce non-lieu qui ouvre sur un silence sans cri, sans abysses. Ses vapeurs délicates me recouvrent, où j'échappe enfin. Où j'arrive et se comblent les distances, se subliment les attentes. J'aime me laisser conquérir par les grandes forces du vivant délié, de ce passage tranquille et puissant, la nature même de l'ouvert, la transformation des instants. Vers ce flux suspendu, cet arrêt qui s'écoule, sans renoncement ni refus, je viens pleinement. Docile et crédule, dérivant dans le courant porté, accompagnant ce qui se trouve là, passant avec, communiant, palpitant. J'aime redécouvrir ce possible d'acceptation, où mes faits d'existence semblent pouvoir coïncider, où le sang de mes errances trouve son lit, sa possible cohérence. »
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