Edith LOWAGIE

DES MOTS ET DES COULEURS

Après du dessin textile et plein de petits boulots, Edith Lowagie est revenue à la création grâce à la peinture et, depuis deux ans, par la prati

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49061

Reliures : Dos carré collé

Formats : 11x17 cm

Pages : 120

Impression : Noir et blanc

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Autour de Edith LOWAGIE

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Ses ouvrages
Résumé
Après du dessin textile et plein de petits boulots, Edith Lowagie est revenue à la création grâce à la peinture et, depuis deux ans, par la pratique des ateliers, à l'écriture.
Après avoir publié Fly Tox et Journal d'Edith, elle dépeint dans Des mots et des couleurs ses souvenirs de « vacances en solo » ainsi que « l'état des lieux » des ateliers d'écriture, ambiances et couleurs.

A paraître prochainement Daumesnil sur mer ' Ah! S'il y avait eu la mer' Je me sentais en exil.


VACANCES EN SOLO




LE LIMOUSIN

J'étais partie dans le limousin avec désinvolture, j'avais loué une chambre dans une grande et vieille maison assez belle, je ne connaissais personne. Le voyage en train avait été très long, on était venu me chercher à la gare. Je craignais les souris dans cette vieille bâtisse'par un fait exprès on m'avait installée dans une chambre à côté d'un énorme ronfleur qui ne semblait pas conscient du bruit qu'il faisait toute la nuit, si j'avais pu, je l'aurais assommé'
Donc je me couchais tard' étaient un peu grisés devant la cheminée, on était une dizaine dans une nouvelle aventure, je me couchais tard et le lendemain je ramais pour me lever et avoir la douche ; j'ai fini par dormir au grenier par terre pour faire diversion avec les ronflements qui allaient et venaient sans prévenir, en gage, je lui laissais faire la vaisselle, j'épluchais les légumes.
Les nuits étaient très noires, les étoiles étaient éteintes (je ne peignais pas encore), et quelques fois le froid était pénétrant, nous poussant à boire chaud, les portes étaient entrebâillées, je souhaitais une couverture de plus et oubliais le nom de chambre seule pour moi.
Le soir, s'il faisait beau le soir, nous illuminions la nuit d'un feu de bois dehors et tous les visiteurs se rassemblaient autour sans bruit, avec du vin chaud, là c'était un plaisir.
Je m'en retournais seule, laissant une bande d'amis d'une semaine'encore une nouvelle expérience d'un nouveau lieu, une fois, une seule fois.

LUCHON

J'étais au RMI, ça peut arriver à tout le monde. Ma s??ur m'a proposé son appartement à Luchon ; un long voyage en couchette pour y arriver.
En hiver, j'étais déjà venue à noël avec un amoureux, je connaissais son petit appartement.
Le matin, j'allais m'installer dans un café pour lire des journaux, il faisait très beau ; après une sieste, je marchais ou allais à la piscine, même si je n'aimais pas trop, c'était le seul endroit où je pouvais me chauffer au soleil, de la tête aux pieds.
Le vélo de mes neveux fût ma plus grande activité'je pédalais, je l'attachais soigneusement et re-pédalais. Je ne sortais pas le soir, mes finances étaient restreintes, mais je n'avais que les frais de nourriture. Je me souviens m'être offerte une jupe à grandes fleurs vertes et rouges que j'aimais beaucoup.
Je profitais bien de l'air des Pyrénées Orientales, presqu'à la frontière Espagnole. Je tenais un peu plus de deux semaines, grâce au beau soleil, à une petite ville sympathique'je restais désespérément seule'ce fût ainsi pour quelques séjours, où je m'obstinais tout de même à partir'était ce courageux et téméraire ?

MAISON DE REPOS

2005, j'avais eu un hiver rude' la dépression m'avait happée dans un gouffre dont je sortis après quelques mois. J'étais restée chez moi, beaucoup. Je m'imposais de sortir chaque jour un peu'tout me paraissait noir, gris, obscur'Au bout d'un certain temps, je ne pensais qu'à m'évader ailleurs pour mettre le mot fin à une espèce de cauchemar.
Après de multiples recherches, je trouvais une maison de repos. C'était nouveau pour moi, et je ne savais pas où je mettais les pieds'Il m'a été accordée 21 jours pour me reposer loin de nation, à Grasse. C'était un tournant dans ma vie. Après beaucoup d'heures de train, je pris un taxi pour monter sur les hauteurs de Grasse, où se trouvait la maison. Les premiers jours se passèrent dans une certaine tension, je ne me sentais plus en dépression et j'ouvrais les yeux sur leur réalité'est ce que je ne m'étais pas trompée de port ! une sorte d'angoisse de découvrir que je ne pouvais pas ouvrir les fenêtres en entier, ni fermer ma chambre à clé'au début je me sentais sous haute surveillance, jour et nuit'un semi hôpital, personne ne m'avait prévenue'je perdais un peu pieds, ce n'était pas un endroit de rêve et il y avait des conditions à respecter. Assez vite j'ai demandé à changer de chambre et ce fût une chance, car je me retrouvais dans une chambre mieux située, au bout d'un couloir. Mais j'étais un peu désarmée par des consignes assez exaspérantes pour moi qui était guérie. J'ai rencontré des personnes farfelues, assez déglinguées, qui parfois ressentaient très mal la vie, complètement sans amour et qui tapissaient la salle à manger, aux repas où nous étions toujours à la même place. Il y avait beaucoup de blancs dans la conversation' que je meublais pour créer des liens. Je me sentais peu à peu libre et sans souffrance profonde, je m'échappais en descendant l'après-midi à Grasse. J'étais tout sourire de m'évader « en bas », comme si une lourde porte s'ouvrait'on m'enviait fortement et je rentrais en m'exclamant : je vais vous raconter...ce qui se passait en ville. Grasse exhalait plein de parfums et de couleurs, regorgeait de jolis petites ruelles et magasins, je remontais la pente ardue avec des fruits et tout ce qui me manquait à nos repas délicieux mais prémâchés'
Parfois il y avait des scènes très comiques, les toqués ont des éclairs de génie.
Parfois je partais en catimini après la visite médicale pour me promener tranquillement, je revenais juste pour le diner à 18H, les gens attendaient impatiemment, pour certains c'étaient leurs seuls repaires.
Je dormais, je rôtissais au soleil et je regardais avec philosophie, je savais que je ne reviendrai pas'j'ai été autorisée à aller passer un weekend à Cannes, mais je n'ai pas aimé'trop seule au milieu de ce luxe. Je m'étais retapée et j'étais guérie.

(.....)

ETAT DES LIEUX


JEANNETTE GRAND MERE

La ville résonnait de mille bruits. Après sa lointaine campagne, que nous essayons d'imaginer, Jeannette était revenue en ville, il faisait nuit noire quand elle avait posé ses paquets à la gare, mais son appartement lui permettrait de retrouver ses repères, et l'écriture. Là-bas elle jardinait, rangeait et nettoyait, ici elle allait pouvoir continuer son histoire avec sa mère, sa fille qui attendait un bébé; une nouvelle étape joyeuse, déjà elle commençait à tricoter des projets'.je vais lui coudre des draps colorés et faire un pull'une nouvelle génération allait éclore en juin avec les jours allongés et tièdes, elle allait être grand-mère, un nouveau bonheur.

TRIBU

Une famille nombreuse, j'appelle ça une tribu, au moins quatre ou cinq enfants'quel travail, ils sont aveuglés par la tache à longueur de semaines, de mois, on ne voit pas le bout du rouleau, pas le temps d'apprécier un arc en ciel, encore moins une ??uvre d'art'au secours. Dresser, je veux dire s'occuper de la tribu, passer en revue, sans pointillé le planning, moi je me serai fusillée'et je trouve en même temps cela extraordinaire, cet espèce de clan riche d'expériences, de vécus et de différences, ça vous transforme, ça pétille'ça corrige quoi d'ailleurs? Son petit égo'on est dans une autre dimension, président de ma nombreuse descendance, je n'avais pas pris ce wagon, je n'étais pas tombée dans la constellation des jolis petits cochons alignés, je me répétais que j'aurai aimé adopter, aller chercher un enfant terré dans son coin, m'y préparer sans artifice'aller le prendre par la main et le poser dans ma vie avec infiniment de douceur.

IDENTITE

Le résultat de toutes ces années,
Le bilan, d'un certain point de vue,
Est écrit sur ma carte d'identité :
Date, x années'

On attend toujours quelque chose de mieux,
Une promesse,
Un projet.

En attendant, on colmate,
Après on récupère,
On n'a plus vingt ans,
Quand on écrit on a une vraie crédibilité
A écumer les cafés,

Le cadeau sera pour après,
Sans culpabilité,
On sème,
On récolte.



On a le désir de progresser
Et de se donner des coups de main :
« Je t'aide à repeindre en jaune,, tu me gardes les enfants ».
Ne pas chercher quelque injustice,
Il y en aura toujours.

ETAT DES LIEUX
UNE DROLE DE MACHINE, LA MACHINE A BROYER LES MAINS DYSON

Elle n'avait plus envie d'écrire au Dalou, en hiver ça la déprimait, à chaque ouverture de la porte, une bouffée d'air glacial remplissait le coin salon, appelé ainsi pompeusement, un endroit sur le coté du café où on nous oubliait en quelque sorte, nous pouvions y rester des heures, la table du fond large, on y tenait au moins à quatre, une musique insipide et mal réglée, une hygiène approximative'
Nous y étions le mardi après midi et j'avais découvert un drôle d'engin'je dérangeais mes amies pour aller aux toilettes en longeant le bar. Un après midi, ils avaient mis beaucoup de temps à l'installer, un engin pour sécher les mains, avant nous avions un chouia de savon liquide sur le bord du lavabo et rien pour sécher, là grâce à Dyson, nous avions la machine : un espèce d'engin dans lequel on enfilait les mains selon un schéma et une soufflerie puissante se mettait en route, c'était proche d'un engin de torture, Jeannette disait un grille-pain'La machine à broyer les mains était installée.
J'osais y enfiler le bout de mes doigts, un ronflement infernale et une soufflerie trop forte ont fait que j'ai vite enlevé mes mains, j'avais peur de sortir amputée d'une partie, quelle idée, plus personne n'arriva à s'en servir et je reprenais mes vieilles habitudes à la façon d'antan, parfois le progrès me dépasse.

ETAT DES LIEUX : FIL ROUGE

On écrit, on écrit, puis on choisit une version presque définitive'qu'est-ce que ça veut dire? Je pensais que les nombreuses dictées m'avaient inoculée l'orthographe, il n'en était rien'plein de fautes, je me bagarrais avec notre belle langue si belle, et si colorée mais si complexe, avec les accents, les trémas, la concordance des temps, l'ordinateur ne peut le faire à ma place, il me seconde, c'est tout. Maintenant j'ai un petit ordinateur que je peux mettre dans mon sac, merci les s??urs, vous m'avez compris, ma détermination est de faire le mieux possible, sans prise de tête, c'est un métier de corriger parfaitement ; donc chacune avec son livre, on se questionne, on échange, on se perfectionne et on avance
Malgré tout je persévérais et essayais de me concentrer au Méridien, plus confortable que le Dalou. On avait encouragé Jeannette à ne pas faire d'interminables corrections dans ses beaux textes si riches de descriptions, d'anecdotes et d'émotions si subtiles, Carole passait des heures et des heures à corriger sur son ordinateur ses écrits. J'aimais le premier jet d'écriture vif, spontané, imparfait, comme dans ma peinture, j'y étais immergée dans un état d'excitation, je pourrai même dire une certaine jouissance des mots'
Autour de nous des hommes d'affaire, peu de femmes, discutaient avec volubilité, cet environnement vivant et coloré me stimulait, j'étais dans ma bulle de créativité et avec les autres, on partageait nos expériences, nos vécus et nos humeurs, nos joies et nos peines, on suivait le fil rouge qui nous relie'

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